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ATC-CADEC : « Le dispositif de "l’avance remboursable » et ses retombées économiques


Rédigé par José Fanchi le Jeudi 4 Octobre 2018 à 15:45 | Modifié le Jeudi 4 Octobre 2018 - 21:38


Le principe de l’avance remboursable, qu'ont rappelé ce jeudi, à Ajaccio, l'Agence du tourisme de la Corse (ATC) et la Caisse de développement économique de la Corse (Cadec), correspond à la somme d'argent attribuée à une entreprise afin de contribuer au financement d'un projet économique. Dans la majorité des cas, cette avance s'assimile à un prêt à taux 0, dont le montant maximal ne peut excéder le montant des fonds propres de l'entreprise. Il s’agit bien sûr d’avance octroyées par des collectivités locales


(Photo Michel Luccioni)
(Photo Michel Luccioni)
L'avance remboursable présente deux avantages majeurs :elle apporte un complément de trésorerie permettant de diminuer proportionnellement le financement d'un projet par dette bancaire et elle permet de réduire le risque encouru par un financeur extérieur, donc de faciliter l'obtention d'un prêt bancaire
Pour bien matérialiser l’avance remboursable, les économistes parlent d’un « effet levier » qu’elle engendre, ce qui a sans doute séduit la présidente de l'ATC et la CADEC ensuite qui, après avoir établi une convention, en ont fait leur outil de financement régional. Et ça marche ! L’économie régionale de l’île ne s’en porte que mieux.
En sept années, 221 projets sont sortis de terre, principalement dans l’industrie hôtelière, ce qui a généré plus de 177 millions d’euros d’investissements, sans parler des emplois induits.
Raison pour laquelle, Nanette Maupertuis, présidente de l’Agence du Tourisme de la Corse et Alexandre Vinciguerra, président de la CADEC ont décidé d’établir un bilan d’étape en même temps que les perspectives à venir.

 
Comment ça marche…
Pour Nanette Maupertuis, l’avance remboursable ‘est un cercle vertueux qui optimise l’euro public ! » Elle cite pour cela le point de vue de la CADEC mais s’empresse d’ajouter :
« L’argent public qui est confié, est prêté puis remboursé et de nouveau prêté. En clair, c'est un instrument financier qui démultiplie ses capacités d'intervention."
Ce partenariat entre l'ATC et la CADEC a été mis en place à la suite d'une convention, cela dans le cadre de ses dispositifs de financement des structures d'hébergement hôtelier dont l'ATC avait compris l'intérêt de confier à un fonds d'intervention sectoriel à une société financière locale:
- Ciblage de l'action
- Rapidité de l'intervention
- Reconstitution de fonds publics
- Contrôle des opérations
Voilà des atouts mis en place par l'ATC et la CADEC


La présidente de l'ATC a apporté quelques précisions quant aux retombées:
"L'avance remboursable intervient avant l'investissement. Elle est donc un excellent catalyseur de l'investissement. Quant au délai imparti pour pouvoir bénéficier du dispositif, il est très rapide. Dès la réception d'un dossier complet, il s'écoule environ un mois avant que la CADEC ne crédite le porteur du projet. Notons que les interventions sont toujours en cofinancement avec les banques locales, partenaires du dispositif. Elles sont associées plutôt que concurrentes..."


Déjà 7 ans...
La convention de partenariat entre l'ATC et la CADEC remonte au 17 décembre 2010. Elle portait sur un montant global de 4 050 000 euros et devant faire l'objet d'un déblocage annuel pour 1 350 000 euros pendant trois ans.
Ce fond, destiné à assurer le financement des investissements éligibles au règlement des aides au tourisme en faveur des entreprises d'hébergement touristique, a connu un vif succès ayant conduit à une anticipation des déblocages 2012 et 2013.
Un avenant d'avril 2013 a permis la mise à disposition de 4 500 000 euros supplémentaires pour les années 2013, 2014 et 2015. Cet additif comprenait également la prise en compte de la problématique de la transmission, avec la création d'un prêt participatif tourisme pour la reprise-transmission.
Un autre avenant datant de mars 2014 a modifié l'article 8 de la convention initiale, cela sans aucune incidence financière.  Une nouvelle convention en date de novembre 2017 met à disposition de la CADEC une enveloppe financière de 4 millions d'euros répartie ainsi: 1 million d'euros en 2017, 1,5 en 2018 et 2019.
"En sept ans et jusqu'à aujourd'hui, l'ATC aura au total mis 12 714 080 euros à disposition de la CADEC pour l'hébergement touristique."
Rappelons qu'au cours de ces trois dernières années, du nord au Sud de la Corse, 47 dossiers ont été engagés pour un montant de 6,7 millions d'euros. Ils ont permis la mobilisation de 32,5 millions d'euros de prêts bancaires et un investissement global de 49,7 millions d'euros.
 
Le tourisme doit  rester compétitif
Alexandre Vinciguerra, président de la CADEC s'est tout d'abord félicité de la bonne entente des acteurs des deux structures, soulignant le travail en commun de qualité  et la bonne marche des dossiers. Il est entré ensuite dans le vif du sujet pour préciser l'originalité du dispositif mis en place:
"Nous avons réussi à avoir une ingénierie financière qui correspond aux besoins de l'ATC qui sont les besoins du monde du tourisme. Comment faire pour soutenir un investissement toujours plus important pour que le tourisme corse reste compétitif avec des modes touristiques qui sont en train de changer et qui nécessitent forcément de l'investissement pour se mettre à niveau et créer de nouvelles activités. Devant la réduction générale des budgets publics, il nous fallait mettre au point un instrument financier qui puisse doper l'investissement auprès des hôteliers notamment."
Le président de la CADEC a précisé que le dispositif marchait parfaitement bien dans la mesure où sur les 250 dossiers en cours, un seul posait problème. Le dispositif qui a été mis au point permet également d'avoir un effet de levier sur l'investissement comme l'a d'ailleurs souligné Nanette Maupertuis.  D'où le niveau de confiance qui s'instaure au fil des mois et des années.
J. F.
 




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