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Transports ajacciens : FO et le STC dénoncent des dysfonctionnements et trop d'embauches


Rédigé par Pierre BERETTI le Lundi 19 Novembre 2018 à 22:25 | Modifié le Mardi 20 Novembre 2018 - 09:29


Les deux syndicats se sont réunis afin de dénoncer des dysfonctionnements dans la SPL Muvitarra qui gère les transports en commun de la CAPA. Trop d’embauches, entre autres, selon eux, par rapport à un déficit trop important et sans justification au regard des transports pour les usagers qui n’ont pas augmenté.


Crédit photo : Michel Luccioni
Crédit photo : Michel Luccioni
Les syndicats Force Ouvrière et STC de la SPL Muvitarra, le réseau de transport en commun du pays ajaccien, ont tenu une conférence de presse dont l’objectif était de faire connaître leur mécontentement quant à la gestion de la SPL et de soulever certaines questions.
En effet, en ligne de mire les prises de décisions des élus mais aussi, toujours selon les syndicats concernés une connivence d’un troisième syndicat, la CGT.

Trop d'embauches
Sont dénoncées en premier lieu des entorses au code du travail. « Des contrats de travail en CDD, pour accroissement temporaire de l'activité, sont signés du 1er janvier au 31 décembre, alors même que l'activité de l'entreprise est en régression. Le résultat concret est que des emplois permanents sont occupés par des CDD ce qui permet un chantage à l'emploi permanent et avec la complicité d'un syndicat de l'entreprise : la CGT », ont expliqué les représentants FO. « Aujourd'hui nous sommes passés de 14 à 31 salariés non-roulants. L'augmentation importante de cette catégorie de personnel, dans une entreprise de transport qui n’a créé aucun service supplémentaire pour ses usagers ne se justifie en rien. Ces 17 nouveaux emplois sont en grande majorité des emplois d'agent de maîtrise et de cadre avec des salaires bien au-delà de celui de de simple conducteur. Le surcoût de ces emplois est estimé entre, 1,2 millions et 1,5 million d'euros par an. Il est à noter que ceci correspond parfaitement au déficit structurel annoncé lors du Conseil communautaire et du Conseil municipal », a précisé le STC.
 
Trop d'absentéisme
Les syndicats se plaignent également de certains propos tenus par le président de la CAPA notamment concernant l’absentéisme des agents.
« Monsieur Marcangeli a entendu nos propos et s'était engagé à s'intéresser et à s’investir davantage dans la société. Contrairement à ce que nous avaient annoncé les élus, ce ne sont donc pas deux mais trois postes qui ont été créés. Cette petite parenthèse conforte notre conviction que depuis la création de la SPL, toutes les décisions importantes qui impactent le budget son prises par le Conseil d'Administration et donc par notre président. Il en a été ainsi pour toutes les créations de poste depuis le début de la SPL. Nous relevons également les incohérences et les imprécisions des propos de Monsieur Marcangeli. Pour lui, la principale raison du déficit serait l’absentéisme galopant au sein de la société. Tout d'abord il a annoncé assure coup de 700.000 € et un taux d’absentéisme de 30 %. Par la suite, en conseil municipal, il annonçait un taux d’absentéisme deux fois supérieur à la moyenne dans la branche estimée à 9% au niveau national, soit 18 % à MUVITARRA. En comité d'entreprise, la direction estimait quant à elle ce surcoût à 200.000 €. Le surcoût de l'absentéisme est bien en deçà des chiffres avancés par Monsieur Marcangeli et bien moins important que le coût des emplois improductifs créés depuis la création de la SPL ».
 
Des sous perdus ?
Des procédures prud’homales ont été mises en cause, les syndicats s’en expliquent :
« Monsieur Marcangeli se plaint « des sous perdus aux prud'hommes car le statut des salariés de cette entreprise est particulièrement solide ». Sur ce point, nous tenons à préciser qu'effectivement, depuis la création de la SPL, le nombre de procédures prud'homales a fortement augmenté, passant de 2 procédures sur les 25 dernières années à plus d’une dizaine en seulement 2 ans. Mais aucune des procédures engagées ne résultent de statuts de la société, elles s’appuient toutes uniquement sur le respect du code du travail et de notre convention collective. Toutes ces actions en justice auraient pu être évitées. A chaque fois que le Conseil des prud'hommes a été saisi nous avions au préalable alerté la direction et les élus de la CAPA. Bien évidemment, lorsque nous sommes dans notre bon droit et que l'on nous claque la porte au nez, il nous reste plus d'autre solution que de saisir la juridiction compétente ».

Autres points négatifs
Enfin, les syndicats ont énuméré conjointement des points négatifs qu’ils ont recensé :
"La perte du bénéfice des correspondances tickets pour les usagers, l’augmentation de l'impôt Versement Transport, ce dernier étant passé de 0,7 à 1,2 %, le non-respect des normes de sécurité, mettant en danger les usagers et les conducteurs, l’incohérences entre les horaires affichés et les horaires de passage des autobus, et suppression de ligne et de service systématique dans les quartiers populaires ".
Il y a donc maille à partir entre les syndicats FO et STC et les élus. 



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