C’est une augmentation qui va impacter lourdement le portefeuille des fumeurs en Corse. Depuis le 1er janvier, les prix des paquets de cigarettes vendus sur l’île ont atteint pour la première fois ceux du continent. Alors que jusqu’ici « une exception corse », liée à un décret napoléonien, perdurait depuis le début du XIXe siècle et permettait une différence de prix de 25% par rapport au continent, une mesure d’alignement des prix demandée de longue date par les associations anti-tabac s’est progressivement mise en place au cours des dernières années. Jusqu’à atteindre le niveau national en ce début d’année. Un rattrapage qui satisfait grandement l’antenne de la Ligue contre le Cancer de Corse.
« En 2004, j'avais rencontré Xavier Bertrand qui était alors ministre de la santé à Lyon. Il m'avait interrogé sur les problématiques en Corse, et je lui avais dit que le prix du tabac étant inférieur à celui du continent sur l’île, cela était difficile pour les facteurs de risque cardiovasculaires. Il m'avait répondu qu’il y avait effectivement un problème dont il n’était pas au courant et il s’était engagé à mettre le prix du tabac au niveau de celui du continent donc mais cela ne s'était pas fait », rappelle le Dr Sauveur Merlenghi, le président régional de l’association en reprenant : « C’est finalement arrivé très progressivement. Donc il a tout lieu de se féliciter de cette évolution, d’autant plus que le cancer du poumon chez la femme a une surexpression en Corse qui tourne actuellement autour de 27 %, ce qui en fait un des cancers les plus graves chez les femmes sur l'île ».
Pour le président de la Ligue contre le Cancer en Corse, cet alignement du prix des paquets de cigarettes est donc très important, l’impact sur le budget des fumeurs étant selon lui le meilleur argument anti-tabac. « On sait très bien que l'augmentation du prix du tabac entraîne une diminution de la consommation en particulier chez les jeunes. Rendre le tabac inaccessible aux consommateurs, c'est une manière aussi de lutter contre le tabagisme. Donc c'est très bien que le prix des paquets de cigarettes soit désormais plus cher en Corse. On aura sans doute moins de fumeurs », estime-t-il.
Une analyse que ne partage pas Christian Croquelois, le président du syndicat des buralistes de Corse. « L'augmentation du tarif fait qu'aujourd'hui de plus en plus de fumeurs se tournent vers soit le marché parallèle et inégal, soit les achats transfrontaliers. Ce sont des petits marchés mais qui font mal aux buralistes insulaires. Il ne faut pas oublier que la Corse est une des régions les plus pauvres de France, et forcément comme tout est beaucoup plus cher chez nous, les gens vont essayer de trouver des moyens de faire des économies », indique-t-il en assurant : « Mais cela ne veut pas dire qu'il y a moins de gens qui fument. Nos politiques depuis des décennies essaient de nous faire croire qu'en augmentant le tarif les gens fumeront moins, mais c'est un faux problème. En augmentant le tarif, les gens achètent seulement moins dans le réseau officiel ».
Une nécessaire mutation des bureaux de tabac
Pour les buralistes insulaires, en revanche, cette mise à niveau marque un tournant brutal. Même si Christian Croquelois convient que le processus d’alignement, qui s’est enclenché dès 2022 avec un mécanisme progressif, a permis d’anticiper cette évolution. « Entre-temps, nous avons pris les choses en main. Nous avons engagé une transformation profonde de nos établissements, en rénovant nos magasins grâce au fonds de transformation mis en place par l’État, pour les buralistes hexagonaux comme corses. La Corse fait d’ailleurs partie des régions pionnières en la matière : c’est ici que ce fonds a été le plus utilisé », affirme-t-il. Aujourd’hui, beaucoup de débits de tabac insulaires ont ainsi changé de visage, élargissant leur offre bien au-delà de la cigarette. « On peut le constater partout : les établissements ont été refaits, modernisés, adaptés à une ouverture vers un marché plus large. On ne propose plus uniquement du tabac, mais aussi de nombreux autres produits et services », explique le président du syndicat. Jeux de la Française des Jeux, cadeaux, services de proximité, paiements de timbres fiscaux, de factures ou de démarches liées à la DGFIP font désormais partie intégrante du quotidien des buralistes corses. La cigarette électronique occupe également une place de plus en plus importante dans cette mutation. « C’est un point essentiel de la mutation de notre activité. Au niveau national, nous nous battons d’ailleurs pour la création d’un droit de licence, à l’image de ce qui existe pour le tabac, afin d’encadrer davantage la vente de ces produits », précise Christian Croquelois.
« 2026 sera une année charnière »
Mais malgré cette diversification, le tabac reste central dans leur modèle économique. « Malheureusement, aujourd’hui encore, le tabac représente entre 55 et 60 % de nos revenus pour la plupart d’entre nous. Les baisses de volume que nous subissons vont forcément occasionner de la casse, c’est évident », alerte-t-il. L’inquiétude est donc d’autant plus vive chez les buralistes insulaires que les chiffres parlent d’eux-mêmes. « 2025 a été une année où nous avons subi de grosses pertes en volume. En Corse, on est quasiment à –20 % par rapport aux années précédentes. Tout un système s’est inversé », constate-t-il en rappelant que jusqu’ici, le modèle économique des buralistes reposait largement sur le différentiel de prix avec le continent. Un différentiel désormais disparu.
En outre, avec 203 buralistes pour environ 1 700 habitants, la Corse affiche par ailleurs une densité bien supérieure à la moyenne nationale, qui s’établit autour d’un buraliste pour 3 500 habitants. « On se bat aujourd’hui pour éviter que des établissements soient contraints de mettre la clé sous la porte. On cherche des solutions, on explore d’autres voies, mais il est évident que 2026 sera une année charnière. On va voir comment les choses évoluent, d’autant que le marché parallèle reste bien présent, malgré le travail mené par l’administration des douanes », souffle-t-il.
« En 2004, j'avais rencontré Xavier Bertrand qui était alors ministre de la santé à Lyon. Il m'avait interrogé sur les problématiques en Corse, et je lui avais dit que le prix du tabac étant inférieur à celui du continent sur l’île, cela était difficile pour les facteurs de risque cardiovasculaires. Il m'avait répondu qu’il y avait effectivement un problème dont il n’était pas au courant et il s’était engagé à mettre le prix du tabac au niveau de celui du continent donc mais cela ne s'était pas fait », rappelle le Dr Sauveur Merlenghi, le président régional de l’association en reprenant : « C’est finalement arrivé très progressivement. Donc il a tout lieu de se féliciter de cette évolution, d’autant plus que le cancer du poumon chez la femme a une surexpression en Corse qui tourne actuellement autour de 27 %, ce qui en fait un des cancers les plus graves chez les femmes sur l'île ».
Pour le président de la Ligue contre le Cancer en Corse, cet alignement du prix des paquets de cigarettes est donc très important, l’impact sur le budget des fumeurs étant selon lui le meilleur argument anti-tabac. « On sait très bien que l'augmentation du prix du tabac entraîne une diminution de la consommation en particulier chez les jeunes. Rendre le tabac inaccessible aux consommateurs, c'est une manière aussi de lutter contre le tabagisme. Donc c'est très bien que le prix des paquets de cigarettes soit désormais plus cher en Corse. On aura sans doute moins de fumeurs », estime-t-il.
Une analyse que ne partage pas Christian Croquelois, le président du syndicat des buralistes de Corse. « L'augmentation du tarif fait qu'aujourd'hui de plus en plus de fumeurs se tournent vers soit le marché parallèle et inégal, soit les achats transfrontaliers. Ce sont des petits marchés mais qui font mal aux buralistes insulaires. Il ne faut pas oublier que la Corse est une des régions les plus pauvres de France, et forcément comme tout est beaucoup plus cher chez nous, les gens vont essayer de trouver des moyens de faire des économies », indique-t-il en assurant : « Mais cela ne veut pas dire qu'il y a moins de gens qui fument. Nos politiques depuis des décennies essaient de nous faire croire qu'en augmentant le tarif les gens fumeront moins, mais c'est un faux problème. En augmentant le tarif, les gens achètent seulement moins dans le réseau officiel ».
Une nécessaire mutation des bureaux de tabac
Pour les buralistes insulaires, en revanche, cette mise à niveau marque un tournant brutal. Même si Christian Croquelois convient que le processus d’alignement, qui s’est enclenché dès 2022 avec un mécanisme progressif, a permis d’anticiper cette évolution. « Entre-temps, nous avons pris les choses en main. Nous avons engagé une transformation profonde de nos établissements, en rénovant nos magasins grâce au fonds de transformation mis en place par l’État, pour les buralistes hexagonaux comme corses. La Corse fait d’ailleurs partie des régions pionnières en la matière : c’est ici que ce fonds a été le plus utilisé », affirme-t-il. Aujourd’hui, beaucoup de débits de tabac insulaires ont ainsi changé de visage, élargissant leur offre bien au-delà de la cigarette. « On peut le constater partout : les établissements ont été refaits, modernisés, adaptés à une ouverture vers un marché plus large. On ne propose plus uniquement du tabac, mais aussi de nombreux autres produits et services », explique le président du syndicat. Jeux de la Française des Jeux, cadeaux, services de proximité, paiements de timbres fiscaux, de factures ou de démarches liées à la DGFIP font désormais partie intégrante du quotidien des buralistes corses. La cigarette électronique occupe également une place de plus en plus importante dans cette mutation. « C’est un point essentiel de la mutation de notre activité. Au niveau national, nous nous battons d’ailleurs pour la création d’un droit de licence, à l’image de ce qui existe pour le tabac, afin d’encadrer davantage la vente de ces produits », précise Christian Croquelois.
« 2026 sera une année charnière »
Mais malgré cette diversification, le tabac reste central dans leur modèle économique. « Malheureusement, aujourd’hui encore, le tabac représente entre 55 et 60 % de nos revenus pour la plupart d’entre nous. Les baisses de volume que nous subissons vont forcément occasionner de la casse, c’est évident », alerte-t-il. L’inquiétude est donc d’autant plus vive chez les buralistes insulaires que les chiffres parlent d’eux-mêmes. « 2025 a été une année où nous avons subi de grosses pertes en volume. En Corse, on est quasiment à –20 % par rapport aux années précédentes. Tout un système s’est inversé », constate-t-il en rappelant que jusqu’ici, le modèle économique des buralistes reposait largement sur le différentiel de prix avec le continent. Un différentiel désormais disparu.
En outre, avec 203 buralistes pour environ 1 700 habitants, la Corse affiche par ailleurs une densité bien supérieure à la moyenne nationale, qui s’établit autour d’un buraliste pour 3 500 habitants. « On se bat aujourd’hui pour éviter que des établissements soient contraints de mettre la clé sous la porte. On cherche des solutions, on explore d’autres voies, mais il est évident que 2026 sera une année charnière. On va voir comment les choses évoluent, d’autant que le marché parallèle reste bien présent, malgré le travail mené par l’administration des douanes », souffle-t-il.
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