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Soupçonnés d’avoir participé à une "nuit bleue" en Corse en 2019, cinq hommes jugés à Paris


La rédaction avec AFP le Mardi 12 Avril 2022 à 11:34

Soupçonnés d’avoir participé à la destruction de plusieurs résidences secondaires en Corse au cours de la même nuit, en mars 2019 : cinq hommes, âgés de 23 à 32 ans, sont jugés à Paris à partir de ce mardi 12 avril



Le tribunal correctionnel de Bastia
Le tribunal correctionnel de Bastia

Le faits remontent à la nuit du 9 au 10 mars 2019, quand à quelques heures d’intervalle, des incendies ou des explosions avaient endommagé des maisons, toutes vides au moment des faits, à Piana, Penta di Casinca et Patrimonio.
À chaque fois, des bonbonnes de gaz reliées à un dispositif de mise à feu se trouvaient dans les logements visés et, pour chaque site, un véhicule volé avait été retrouvé calciné à proximité.
Un immeuble en construction, à Ville di Petrabugno, au nord de Bastia, avait également été ciblé, mais le dispositif de mise à feu des bouteilles de gaz retrouvées sur place n’avait pas fonctionné.

Une opération coordonnée
Pour le parquet national antiterroriste (Pnat), "la simultanéité de ces destructions, le choix des cibles, des maisons secondaires (et) le mode opératoire »démontrent « qu’il s’agissait d’une opération coordonnée et particulièrement organisée".
Malgré l’absence de revendication ou d’inscription sur place, l’accusation analyse ces dégradations "comme un retour aux nuits bleues", séries d’attentats nocturnes du FLNC, notamment contre des résidences secondaires, pour dénoncer leur détention par des non-corses et la spéculation immobilière sur le littoral.
Les trois principaux prévenus sont renvoyés devant le tribunal correctionnel notamment pour "association de malfaiteurs terroriste », fabrication d’« engins explosifs ou incendiaires" et "destruction par moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste".

Des traces ADN retrouvées sur les lieux
Les trois hommes appartiennent à la "mouvance nationaliste" et sont notamment membres de Bastia 1905, une association de supporteurs de foot ultra, impliquée dans plusieurs affrontements lors de matchs entre 2014 et 2017.
Leur ADN a été retrouvé à Ville di Pietrabugno et à Penta di Casinca, sur le fond d’une bouteille de gaz pour l’un, sur des opercules découverts à proximité de bouteilles de gaz pour le second et sur un volet roulant pour le troisième prévenu.
Ces deux derniers se voient aussi reprocher la possession de plusieurs objets, retrouvés dans leur véhicule lors d’un contrôle routier en septembre 2019 : une arme semi-automatique, un gilet pare-balles dérobé à la police, plusieurs cagoules et "divers outils susceptibles d’aider à la commission d’infraction et à la confection d’engins explosifs".
Ce dernier point est "hautement contesté par la défense", a indiqué à l’AFP Guillaume Martine, l’un des avocats de la défense. Le conseil compte par ailleurs discuter la portée de l’unique trace génétique trouvée à Penta di Casinca, plaidant que son client ne s’est jamais trouvé sur place et que l’ADN a pu être transporté sur les lieux. "Il nie les faits qui lui sont reprochés", a également déclaré à l’AFP Stella Canava, l’une des avocates d’Adrien M.

Le procès doit durer jusqu’au 20 avril
Placés en détention provisoire en décembre 2019, les deux jeunes hommes ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire respectivement en août 2021 et en mars 2022.
Un garagiste près de Borgo, est lui poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste. Ami des trois principaux prévenus, il lui est reproché d’avoir aidé au vol des voitures utilisées pour transporter les bonbonnes de gaz grâce à un logiciel piraté permettant de faire démarrer les véhicules, retrouvé dans son garage. Il est actuellement détenu pour possession illégale d’arme.
Le cinquième prévenu, se voit reprocher la détention illégale d’un pistolet automatique tandis qu’une femme de 29 ans, est jugée pour avoir remis un téléphone portable à l’un des prévenus en prison.
Un autre homme mis en examen dans le dossier a lui bénéficié d’un non-lieu. Le procès doit durer jusqu’au 20 avril.

















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