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Socioprofessionnels, Chambres Consulaires et ADEC : Visioconférence sur fond de perplexité en attendant les assises


Jean-François Vinciguerra le Mardi 10 Mai 2016 à 11:22

Les actions dans la rue, l’occupation de la Direccte, la réunion à Paris et hier la visioconférence avec la Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, on ne peut pas dire que le monde socioprofessionnel et les Chambres Consulaires chôment pour tenter de remettre les TPE de Corse sur la bonne voie. La venue de l’ADEC sur le chemin de la revendication a porté ses fruits certes, la Corse a été entendue, la ministre s’est engagée et a écouté tous les intervenants. Est-ce suffisant pour rassurer ? François Gabrielli attend un geste fort et Jean-André Miniconi, perplexe, attend de voir…



« Les TPE corses ont besoin d’un traitement de cheval et on ne soigne pas un malade avec des doses homéopathiques… » Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Corse du Sud ne mâche pas ses mots. La poudre aux yeux, il connaît le dossier et il attend le véritable geste fort qui va enchaîner le processus de rattrapage des TPE de l’île, littéralement asphyxiées autant par les charges que par les retards qui sont en train de provoquer leur perte.
Même son de cloche de la part de François Gabrielli qui estime que les premières réunions étaient suffisantes pour prendre une décision urgente, ce qui n’a pas été le cas :
« On pose des questions, on y répond, on connaît la situation de crise et on repose les même questions en attendant quoi ? Je ne suis pas d’accord. Nous avons besoins d’un geste qui permette d’éclaircir la situation. Or, rien n’est fait. Cette réunion c’est de la poudre qui retombe sans absolument aucun effet. C’est en, tout cas mon point de vue…On tourne en rond alors que les assises approchent à grand pas et pendant ce temps, le nombre de TPE en pleine crise devient plus important au fil des jours… »
Jean-Christophe Angelini, président de l’ADEC a trouvé les mots justes pour faire comprendre à la ministre que la situation était gravissime et cela à deux reprises lors de ses interventions. Et nul doute que Martine Pinville parfaitement compris son message…
Il s’agissait avant tout de tirer un premier bilan des réunions et concertations précédentes comme l’a souligné le Secrétaire Général des Affaire Corses M. François Lalanne, qui a mené le débat de cette visioconférence avec la Secrétaire d’Etat chargée du commerce et de l’artisanat. Au bout, obtenir un véritable outil avec des données précises sur la réalité des TPE de Corse afin d’établir un plan d’action et à des propositions concrètes « qu’il faudra valider car une partie de ce dossier de relève pas de mon arbitrage » a précisé Mme Pinville.
Les représentants de groupes ont pris la parole tour à tour pour résumer les séances de travail et rappeler les principales revendications.
 
Concurrence déloyale et fiscalité
Jean-Christophe Angelini, président de l’ADEC s’est longuement exprimé pour exposer la situation périlleuse des TPE et semble adopter le principe de la refondation en deux temps : « Il faut tenir compte de la saison touristique avec laquelle un lien pourrait être créé. Pourquoi pas sous forme de statut et de cadre général qui pourrait permettre dans un premier temps aux TPE de s’oxygéner et mieux encore, de sortir petit à petit de la crise qui les secoue… »   
 
Géraldine Morillon, directrice régionale de la Direccte est revenue sur quelques records dont la Corse se serait passée, à savoir « elle est l’une des régions les plus concernées par la problématique des prestations de service internationales. Il faut savoir également que le nombre d’auto-entrepreneurs est nettement supérieur à la moyenne nationale. »
« La situation des TPE de Corse est un peu spéciale et mérite un traitement spécial. » La réflexion vient de M. Gress, directeur de la Banque de France qui explique : Les patrons d’entreprises s’emmêlent  avec les statuts, ils ne savent que faire, ne savent même plus ce à quoi ils ont droit et je ne parle pas de la transmission qui pose autant problème… »
 
Plus de 1 800 TPE en danger
Ils sont à bout. Plus les jours passent, plus la situation se dégrade. Il faut impérativement trouver une solution avant la catastrophe qui se profile avant même la fin de l’année. C’est ce qu’a fait comprendre Jean-Christophe Angelini en s’adressant à la ministre, rejoint sur ce point par Jean-André Miniconi et François Gabrielli pour bien montrer la fragilité de ces petites entreprises qui sont totalement asphyxiées. S’adresser aux chefs d’entreprises pour trouver enfin le salut ? Peut-on compter sur un geste de l’Etat ou de la part des services de la CTC ? Pourquoi pas le montage d’un schéma d’urbanisme commercial pour tenter de redresser la situation ?
Il y a également l’étalement des charges pourrait être aussi une solution en attendant mieux, avec, en toile de fond, le retrait total des pénalités qui ne font qu’aggraver la situation déjà tendue.
Quoi qu’il en soit, la situation demeure inchangée et cela semble ne pas convenir à François Gabrielli qui répète inlassablement et explique que l’avancée attendue ces dernières semaines ne s’est pas faite. « On parle, on écoute, mais on ne voit rien venir »  rappelle le président de la Chambre de Métiers de la Corse du Sud qui attend des retombées plus rapides en espérant plus encore lors des prochaines assises.
De son côté la ministre a félicité les groupes pour l’excellent travail fourni avant la prochaine rencontre fin mai ou début juin, mais ne semble pas pressée de faire ce geste tant attendu par les socioprofessionnels. Raison pour laquelle la visioconférence ne semble pas avoir convaincu beaucoup de monde, et ce malgré les appels du pied de certains qui ont su placer les mots justes dans leur interventions.
Suite au prochain numéro !
 J.-F. V.