Plusieurs militants du parti indépendantiste Nazione ont investi vendredi matin les locaux d’un commissaire de justice en centre-ville de Bastia. À travers cette action, ils souhaitaient attirer l’attention sur la situation de Nicolas Pinzuti, chef d’entreprise dans le secteur du bâtiment et confronté, selon eux, au blocage de plusieurs milliers d’euros sur ses comptes suite à des décisions relatives à des dettes accumulées pendant son incarcération et son assignation à résidence sur le continent. Une somme qui aurait dû commencer à être restituée selon un accord trouvé il y a une dizaine de jours avec le commissaire de justice.
Selon les militants de Nazione, leur action correspond à « une exaspération par rapport à tout ce qui touche aujourd’hui la société corse ». « Des militants politiques sont souvent harcelés judiciairement, administrativement, financièrement, jusque dans leur travail, leur entreprise et leur patrimoine privé », estime Paul-Antoine Susini. « C'est à ce titre que cette action symbolique s'est déportée aujourd'hui chez cet huissier pour essayer de leur faire comprendre que volontairement ou involontairement, ils étaient aussi les rouages d'un système qui prenait à partie aveuglément de plus en plus de Corses, de commerçants, et en ce qui nous concerne de militants politiques qui sont engagés depuis des décennies. »
Philippe de Petriconi, le commissaire de justice concerné, conteste quant à lui toute volonté d’acharnement ou de blocage volontaire. Il affirme qu’un accord avait bien été trouvé afin de permettre le déblocage progressif d’une partie des sommes saisies. « Il y a eu des instructions données à une banque de libérer un compte bancaire le 29 mai, et je constate avec regret que le 12 juin, le nécessaire n'a pas été fait », a-t-il expliqué, précisant que de telles opérations passent aujourd’hui par des plateformes dématérialisées. « Ça nous échappe, nous n'avons plus de contact humain, et je regrette, encore une fois, que ce ne soit toujours pas fait. Nous interrogeons les services pour savoir pourquoi, deux semaines plus tard, les choses n'ont pas été régularisées comme elles le sont d'habitude, c’est un délai anormal. Je comprends que M. Pinzuti le prenne comme un acharnement des services de l'État, de la justice, et en bout de chaîne des commissaires de justice, mais il s'agit là d'un incident technique qui devrait trouver sa résolution rapidement. »
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