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Session communautaire de la CAPA : Budget à la hausse pour plus d’investissements


Rédigé par José Fanchi le Jeudi 25 Janvier 2018 à 21:38 | Modifié le Jeudi 25 Janvier 2018 - 21:43


Dans une région en pleine mutation, le désengagement de l’Etat complique forcément les choses et provoque chez les élus une certaine lassitude qui freine l’enthousiasme. Pourtant, ce ne sera sans doute pas les incertitudes consécutives au coût de traitement des déchets qui va empêcher la CAPA d’aller de l’avant. L’année 2018 va marquer une étape nouvelle dans l’histoire de la communauté du Pays Ajaccien. Le vote du Budget Primitif s’inscrit d’ailleurs dans cette dynamique. Le président est également revenu sur la démission du troisième vice-président


Session communautaire de la CAPA : Budget à la hausse pour plus d’investissements
 
« On fera avec » a jeté un élu de la périphérie ajaccienne pour bien montrer que la CAPA entend poursuivre son développement  et sa croissance tout en prenant en compte une nouvelle donne liée à la mise en place de la collectivité de Corse, la gestion de compétences nouvelles dont la GEMAPI et le  développement social, l’évolution du nombre des logements et des surfaces commerciales.
« 2018 sera une année charnière pour le territoire » s’est écrié le président de la CAPA et d’ajouter en substance : « Dans ce contexte, la CAPA va poursuivre la mise en œuvre du Schéma d’Aménagement et de Développement Economique pour accompagner et stimuler le développement de son territoire. »


A propos de la démission du vice-président…
Avant d’aborder le dossier du jour, Laurent Marcangeli est revenu sur la démission du 3eme vice-président, à savoir Jean Biancucci, maire de Cutuli e Curtichjatu, qui a été acceptée par le préfet de la Corse. Le président de la CAPA, qui a pris acte de la démission, n’a pas manqué de préciser possibilité de combler ce départ pour équilibrer l’assemblée communautaire. Une discussion pourrait donc s’engager afin de connaître l’opinion de tous, mais avant cela, Laurent Marcangeli est revenu sur quelques détails :
« Nous n’avons pas vocation à changer cela, bien au contraire. J’y vois une richesse pour faire progresser notre communauté. On ne peut pas attaquer en justice une décision et donc une collectivité si on est dans la majorité. Je dis cela parce que la commune de Cutuli e Curtichjatu a attaqué l’acte préfectoral donnant la compétence du logement à la CAPA en termes assez durs. L’opinion je la respecte, naturellement, encore heureux que l’on puisse dire ce qu’on pense et que l’on puisse aller devant un tribunal contester une décision et attendre en ce sens une réponse. Je ne pense pas que l’on puisse dans le même temps - c’est mon point de vue -  être membre d’un exécutif ! Je me verrai mal être vice-président d’un président dont j’attaque les décisions. C’est attaquer un Conseil Communautaire qui s’est prononcé unanimement pour une décision. Ce sont des principes fondateurs en politique. »


« La porte reste ouverte… »
Le président de la CAPA a poursuivi en rappelant qu’il était ouvert à toute discussion malgré les mots échangés et précisé que le rôle du président était de rassembler toutes les communes :
« Je tiens néanmoins à préciser que la commune de Cutuli est naturellement la bienvenue dans les discussions que nous menons politiquement pour l’avenir du territoire du Pays Ajaccien. Elle y a toute sa place. On ne peut pas être en divergence profonde avec notre décision sur le problème des déchets et faire des manifestations devant la CAPA. Il faut savoir où on est ! J’aurai aimé avoir ce débat aujourd’hui, très tranquillement, sans outrance, mais ce n’est pas le cas. Nous attendrons, la porte est ouverte. Je peux discuter avec tout le monde, même si les accroches qui ont pu exister ont été publiques et qu’elles ont pu paraître un peu dures. Mon rôle c’est de rassembler les communes et les élus et de porter un projet. Je suis respectueux du fait démocratique. En revanche, en ce qui concerne les débats intercommunaux, je pense très sincèrement que nous devons dépassionner certaines choses dans la mesure où nous avons un territoire à gérer et à faire fonctionner. Je suis en revanche intransigeant sur la morale. Soit on est pour, soit on est contre. La décision n’appartient pas au seul président. Si le Conseil Communautaire, à travers les différents maires et les élus qui le proposent, décide de pourvoir à cette vice-présidence, je l’accepterai. C’est ainsi que va la démocratie… »   
Stéphane Sbraggia est intervenu pour simplement souligner qu’il n’était pas d’accord avec la démarche, allant jusqu’à dire qu’il la trouvait « douteuse… Je la trouve même un peu pernicieuse parce que on a le droit d’avoir des avis divergents mais après il y a une logique cohérente. Je me méfie car on pourrait créer une situation de tension…» Mêmes propos de la part de François Filoni qui ne semble pas tout à fait d’accord. Il estime que s’il y a vote, celui-ci devient personnel : « Donc je ne voterai pas… »


Dessiner le territoire de demain
La séance a aussitôt repris le dessus et le premier vice-président délégué aux finances a  évoqué sujet du jour, à savoir le Budget Primitif qu’il a présenté, en rappelant que depuis le 1er janvier dernier, un nouvel outil a vu le jour : le Centre Intercommunal d’action Sociale du Pays Ajaccien. Il a également rappelé que la CAPA est pleinement dotée de la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations :
« Désormais, la CAPA acquiert de nouvelles responsabilités dans le domaine de la prévention des risques et plus particulièrement en matière d’inondation, deuxième risque majeur auquel le territoire est confronté » a précisé Xavier Lacombe.


Un budget total de 130 millions d’euros
En ce qui concerne le Budget Primitif, le vice-président a insisté sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement, qu’il fallait optimiser des recettes, le versement aux communes et enfin assoir la fiscalité sur ces recettes dynamiques :
« Le Budget Primitif est tout à fait conforme à ce que nous avons établi dans le débat d’orientation budgétaire. Nous sommes donc dans la continuité de ce que nous avons décidé en observant une certaine rigueur sur les dépenses de fonctionnement, en augmentant la fiscalité, en gelant la dotation de solidarité communautaire qui est reversée aux communes et bien entendu, trouver de nouvelles marges de manœuvres.
« Le budget total, en fonctionnement et en investissement s’élèvera à environ 130 millions d’euros. Les chiffres, par rapport au budget précédent, sont en légère augmentation sur certains secteurs, nous avons des baisses en fonctionnement sur certains budgets, alors qu’en ce qui concerne l’environnement, nous avons un coût supplémentaire en fonctionnement en raison de la Participation au Syvadec auquel nous participons depuis 2013, mais en raison de la crise des déchets, de la fermeture de certains centres, l’augmentation de la participation de la CAPA au Syvadec est plus importante. »    
J. F.



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