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Santa Duval : « Le départ des pères franciscains de Sartène affecte la vie courante de la population »


Nicole Mari le Dimanche 10 Janvier 2021 à 19:52

Le départ programmé des pères mexicains de la congrégation franciscaine de Sartène suscite beaucoup d’émoi et de réactions dans la région du Sartenais-Valinco. Sandra Duval, conseillère municipale de Propriano, conseillère communautaire du Sartenais-Valinco-Taravo, et conseillère territoriale du groupe Per L’Avvene, monte au créneau pour tenter de trouver des solutions. Elle explique, à Corse Net Infos, en quoi ce départ pose un vrai problème et le grand vide qu’il laisse pour la population.



Sandra Duval, conseillère municipale de Propriano, conseillère communautaire du Sartenais-Valinco-Taravo et conseillère territoriale du groupe Per L’Avvene, en session à l'Assemblée de Corse. Photo Michel Luccioni.
Sandra Duval, conseillère municipale de Propriano, conseillère communautaire du Sartenais-Valinco-Taravo et conseillère territoriale du groupe Per L’Avvene, en session à l'Assemblée de Corse. Photo Michel Luccioni.
Le départ des frères franciscains de Sartène vous inquiète. L’élue locale et régionale, que vous êtes, ne transgresse-t-elle pas le principe de laïcité ?
- La laïcité exclut toute ingérence du pouvoir religieux dans la vie politique et inversement. Le principe, consacré dans la Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, est intégré et globalement respecté des deux côtés. Ceci dit, la question du départ des pères franciscains de Sartène pose des problèmes qui dépassent la seule dimension spirituelle et affecte la vie courante de la population.
 
- Dans quel sens ?
- Dans le sens où les trois membres de la fraternité franciscaine assuraient le fonctionnement du Couvent des Saints Côme et Damien qui est l’épicentre de l’activité culturelle de Sartène et de la microrégion. C’est là que se prépare le Catenacciu et que le pénitent s’isole. Nous savons tous l’importance et l’impact de cette manifestation d’envergure qui est le point d’orgue de la Semaine Sainte, chaque année. En Corse, depuis 12 ans, les Franciscains officient dans 30 paroisses puisque leur secteur couvre le Sartenais, mais aussi l’Alta Rocca. Ce qui veut dire qu’ils assurent les messes dominicales, l’organisation du catéchisme, les sacrements - mariage, communion, etc… - et bien sûr les enterrements.
 
- Y-a-t-il des solutions alternatives ?
- L’Abbé Polge, notre curé de Propriano, a naturellement été sollicité pour assurer l’intérim. Mais il faut reconnaître que le nombre de paroisses à couvrir, tout comme l’étendue du territoire, en plus du Valinco dont il a déjà la charge, sont bien trop importants et vastes pour que cette solution dure dans le temps. Les élus, notamment de l’Alta Rocca, à l’initiative du Maire de Cargiaca, ont saisi la hiérarchie de l’Ordre des Franciscains au Mexique pour essayer d’obtenir leur maintien en fonction, ou du moins, le prolongement de leur mission en Corse le temps de trouver une alternative. L’évêché est naturellement mobilisé, même si nous sommes en attente de la nomination du futur évêque. L’intérim est assuré par le vicaire général qui est au fait des difficultés. Une association a même été créée pour organiser et garantir la continuité de la vie paroissiale sur le territoire.
           
- Pensez-vous que le fait que le Mexique soit le 4ème pays le plus touché au monde par le Covid en termes de décès soit à l’origine de ce départ ?
- Je ne pense pas que cette décision, tombée il y a moins d’un mois, soit liée au COVID, du moins directement. Il s’agit d’un rappel des pères par leur Ordre afin d’officier au Mexique où il y aurait également des difficultés de couverture des paroisses et une crise des vocations qui touchent désormais tout l’Occident.
 
- En Europe, la vie religieuse a été quasiment suspendue par la crise sanitaire et les restrictions gouvernementales. Comment cela a-t-il affecté votre territoire ?
- Les restrictions ont été globalement respectées. Le Catenacciu de 2020, tombé en plein confinement, a été annulé. Les messes dominicales sont moins fréquentées. Les enterrements ne se font plus dans les mêmes conditions puisque les gestes barrières s’imposent, les visites sont écourtées, etc… Nous vivons vraiment des temps compliqués qui se ressentent à tous niveaux et, donc, également au niveau des cultes. En Corse, notre rapport à la mort est sacré, le fait de ne pas pouvoir honorer nos défunts dans les meilleures conditions constitue une déchirure supplémentaire.
 
- Le Premier ministre n’a, jeudi soir, pas envisagé de retour rapide à la normale pour la culture, les bars et restaurants et vraisemblablement les manifestations religieuses. Est-ce démesuré selon vous ?
- Il serait irresponsable et déplacé de ma part de juger l’action du gouvernement sur des décisions visant à protéger la population. S’il n’y a pas de polémique à faire sur ces questions-là, on peut toujours réfléchir à des aménagements. Peut-être aurait-on pu envisager des réouvertures partielles dans les départements les moins impactés ou faiblement fréquentés pour ne pas asphyxier toute l’économie, ou n’ouvrir les restaurants que pour le service de midi là où il n’y a pas de circulation du virus. De même pour les cinémas ou les salles de théâtre. Pour l’heure, il faut attendre la mi-janvier pour voir s’il y a rebond de l’épidémie, suite aux fêtes, et dans quelles proportions. Pour le reste, il nous faut faire confiance aux autorités sanitaires, aux soignants qui œuvrent quotidiennement, et à l’avancée de la campagne de vaccination pour protéger en priorité les plus fragiles.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 





















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