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Quand incivilité rime avec fermeté...


Rédigé par Jacques RENUCCI le Mardi 4 Septembre 2018 à 15:30 | Modifié le Mardi 4 Septembre 2018 - 15:04


La propreté urbaine devient un enjeu majeur de santé publique autant que d'environnement. A la CAPA comme ailleurs, la lutte contre les incivilités est engagée


Quand incivilité rime avec fermeté...

A bon entendeur, salut : pour les incivilités environnementales, tolérance zéro à partir d'octobre sur le territoire du Grand Ajaccio, avec recrutement de quatre policiers sur ces missions spécifiques. Visiblement, les avertissements et les campagnes de promotion sont sans effet, de même que les sanctions ne sont pas dissuasives : chaque jour, la ville impériale recrée en certains lieux – parfois bien bourgeois - le tiers monde, exotisme garanti.


Il y a quelques années, la municipalité en place avait sollicité un petit personnage gracieusement dessiné, Pulitu, pour porter la bonne parole de la propreté. Il s'affichait avec ses précieux conseils dans chaque hall d'immeuble. Aujourd'hui, Pulitu a grandi et il a pris les traits de François Filoni, délégué à l'environnement de la Capa.


Celui-ci prône une attitude fermeté, et on le comprend. Car, et cela a été constaté en d'autres lieux, l'incivilité de base, telle une gangrène, va en s'amplifiant si elle n'est pas jugulée. Qu'on jette ses déchets devant sa porte ou qu'on les disperse en escaladant l'Himalaya, le geste est le même : celui qui symbolise une société où l'individualisme et l'égoïsme priment sur toute autre
considération, où le sentiment de vivre en communauté passe systématiquement au second plan – ce qui fait, au plan local, que la ville n'est pas aussi agréable à vivre qu'elle le devrait.

Ce qui s'est perdu, c'est le repect, de soi et des autres. La société est minée par un oubli, pour ne pas dire un rejet, des valeurs de cohésion sociale. Des nuisances pénibles, plus ou moins graves et répétitives, jalonnent les parcours urbains, du stationnement anarchique aux déjections canines, en passant par les détritus entassés au pied des immeubles.
 

Les dangers de la permissivité
Le paradoxe ajaccien est que ceux qui salissent la ville sont les premiers à dire qu'elle est sale, sans se rendre compte que les agents de propreté ne peuvent pas être en ronde ininterrompue. Par nécessité, une ville agit dans la mesure de ses moyens, et on ne peut pas lui en tenir rigueur. Encore que... En mai 2017, une association de riverains d'une rue de Paris, qui avait porté plainte contre la mairie et la préfecture au motif de la saleté de la voie, a obtenu gain de cause devant la justice.


Mais le plus préoccupant, c'est que le fait pour un individu de se croire tout permis, de se sentir impuni, peut le faire glisser vers la délinquance. C'est en fonction de ce genre de considération que le gouvernement a réactivé la PSQ, la police de sécurité au quotidien, mise en place par Lionel Jospin et supprimée par Nicolas Sarkozy, pour lutter dans la proximité contre les incivilités qui gênent le vivre ensemble, occupation des halls d'immeubles, harcèlement de rue, salissement des trottoirs ou autres – bref une action en profondeur plus que des opérations « coup de poing » de type classique. Cela ne vaut pour le moment que pour les grandes agglomérations, mais il est probable, sans être trop pessimiste, qu'un jour ce dispositif devra s'appliquer aux communes de moindre importance.


Cela dit, il est bon que les gens de pouvoir fassent preuve de lucidité et d'anticipation dans la gestion de la « romance ». Mais cette classe politique, si vertueuse lorsqu'il s'agit de prôner l'exemple, n'est pas à l'abri de tout reproche : en période électorale, tracts jetés dans les rues, saturation des boîtes aux lettres ou affiches collées n'importe où sont des incivilités partagées par l'ensemble des candidats, en toute bonne conscience.






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