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Projet régional de santé : L’Exécutif invite l’ARS à revoir la copie et annonce les Assises de la Santé


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 21 Septembre 2018 à 21:34 | Modifié le Vendredi 21 Septembre 2018 - 21:59


Avis réservé ! C’est le verdict de l’Assemblée de Corse concernant le projet régional de santé n°2 (PRS 2) proposé par l’Agence régionale de santé (ARS) pour la période 2018-2022. Ce PRS 2, qui succède au PRS 1 mis en œuvre de 2012 à 2017, s’inscrit dans la stratégie nationale de santé qui vient d’être dévoilée par le président de la République. Si l’Exécutif territorial partage certains objectifs déclinés par l’ARS, il émet, aussi, nombre de réserves sur un projet vieux d’un an, qui n’intègre pas les dernières mesures annoncées. Explications, pour Corse Net Infos, de Bianca Fazi, conseillère exécutive en charge de la santé et du social, qui renvoie le débat aux Assises de la Santé prévues début 2019.


Bianca Fazi, conseillère exécutive en charge de la santé et du social.
Bianca Fazi, conseillère exécutive en charge de la santé et du social.
- Pourquoi cet avis réservé sur le projet régional de santé ?
- Ce projet, établi par l’ARS, a déjà un an de retard, il ne correspond plus tout à fait aux réalités. Il y a trois jours, le président Macron a présenté un nouveau plan Santé qui a été élaboré par Agnès Buzyn. Le PRS 2, qui était prévu pour 2017, date, donc, un peu sur certains points. Il est à revoir. Nous avons, cependant, validé certaines choses en commun avec l’ARS et émis des réserves sur un certain nombre d’autres points.
 
- Qu’avez-vous validé ?
- Nous partageons le même diagnostic sur les soins de premier recours et l’idée de protocoliser des infirmières sur les secteurs les plus déserts en matière médicale. Nous faisons le même diagnostic sur les maisons pluridisciplinaires, les déserts médicaux, la venue d’internes dans le secteur hospitalier et chez des généralistes, également sur la prévention qui est la priorité de ma feuille de route…
 
- Quelles réserves avez-vous émises ?
- D’abord, il n’y a pas eu assez de dialogue, pas suffisamment en tous cas avec certains opérateurs comme la MDPH, la Maison du handicap. Il n’y a pas de lisibilité sur les demandes faites par l’Assemblée de Corse en juin 2017, à savoir un PEI (Programme exceptionnel d’investissements) Santé qui permettrait d’assainir la situation financière des établissements de santé. Il n’y a pas d’accompagnement financier sur ce plan. Il n’y a pas plus de lisibilité sur la modernisation des établissements médico-sociaux. Il n’y a pas suffisamment de moyens sur la PMI, la Protection maternelle infantile, et sur les centres de protection et de planification. Nous n’avons pas reçu de réponse sur des problèmes qui nous préoccupent comme l’oncopédiatrie, certaines spécialités comme la psychiatrie, la prise en charge médico-psychologique… Nous n’avons pas de lisibilité sur la manière de faire revenir certains médecins dans l’île… Tous ces points d’achoppement et d’autres nous ont poussé à émettre un avis réservé sur le PRS 2.
 
- Cet avis a suscité un long débat au sein de la majorité territoriale, ce qui est peu courant. Qu’est-ce qui l’a motivé ?
- Ce fut un très long débat parce que le groupe Corsica Libera a émis un avis défavorable. A mon sens, il confond un petit peu la santé et le médico-social. Je rappelle que la Collectivité de Corse a la compétence en matière médico-sociale, mais elle donne seulement un avis en matière de santé qui est une compétence régalienne de l’Etat. Nous travaillons en partenariat avec l’ARS avec des points d’accord et des divergences que je viens de lister. Donc, à mon sens, un avis réservé suffisait amplement pour aujourd’hui. Nous allons organiser des Assises de la Santé et nous verrons, à ce moment-là, comment décliner et proposer le Plan Santé de la Collectivité de Corse.
 
- Quand sont prévues ces Assises de la Santé ?
- A partir de début 2019. Nous les organiserons en partenariat avec tous les professionnels de la santé, mais également avec les syndicats et les usagers. C’est donc un peu long à mettre en place. Nous espérons rendre un avis dans les mois qui suivront, avant la fin de l’année 2019.
 
- Que va devenir ce PRS 2 que vous jugez dépassé ?
- Le président Macron a annoncé de nouvelles mesures, mais on ignore encore quelle sera leur opérationnalité. Par exemple, la fin du numérus clausus en 1ère année de médecine. Cette 1ère année, telle qu’on l’a connaît aujourd’hui, va disparaître et sera remplacée par une licence. Il faudra discuter pour savoir s’il est possible d’instaurer une 2ème et une 3ème année de médecine à la faculté de Corte. Dans la feuille de route que j’ai présenté en juillet dernier, j’ai proposé de mettre en place un Centre hospitalier régional, le Centre hospitalier de Corse, qui serait un point d’entrée sur le CHU, le fameux centre hospitalo-universitaire que nous demandons. Ce Centre hospitalier de Corse nous permettra de discuter directement avec le ministère de la Santé, non plus avec l’ARS. C’est pour cela qu’il faut attendre les Assises où nous pourrons mieux formaliser nos attentes et nos demandes en matière de santé.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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