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Présidentielles : Et si la Corse avait décidé ?


Rédigé par Damien Bianchi le Dimanche 9 Avril 2017 à 22:14 | Modifié le Dimanche 9 Avril 2017 - 23:53


Et si la Corse avait décidé pour la France entière lors de l'élection présidentielle depuis 1965 ? Les résultats auraient-ils été différents ? Oui pour une grande partie. Retour sur 52 ans d'élections présidentielles sur l'île.



La Corse « terre gaulliste par excellence» a dit François Fillon lors de sa dernière visite sur l'île. Difficile de contredire l'ancien Premier ministre sur ce point. Plus largement, la Corse a toujours voté pour le candidat de la droite, et toujours avec plus d'enthousiasme qu'au niveau national.

 

Revenons au début, lors de la première élection présidentielle au suffrage universel, en 1965. Charles De Gaulle se présente devant les électeurs corses. Comme sur le continent, le général est élu président. A une différence près : le deuxième tour n'aurait jamais eu lieu. Il obtient la majorité dès le 1er tour : 57% des voix contre 44 au niveau national. Le 2ème tour ne sera alors qu'une formalité contre le jeune candidat de la gauche François Mitterrand qui réalise 40% des voix.

 

4 ans plus tard, son premier ministre ,Georges Pompidou lui succède au poste du candidat de la droite. L'attachement des Corses au gaullisme ne sera pas démenti. Là encore, contrairement au niveau national, Pompidou aurait été élu avec 53% des voix dès le 1er tour, et le deuxième tour aurait été superflu.

 

En 1974, la donne change. La droite se présente divisée. S'oppose alors l'héritier du gaullisme Jacques Chaban- Delmas et le candidat libéral Valery Giscard D'Estaing. Ce sera la seule élection présidentielle où la gauche portée par François Mitterand, arrivera en tête au 1er tour (44%). Mais au second, Valery Giscard D'Estaing obtient une majorité de suffrages (53%) comme au niveau national.


Les défaites de Mitterand

1981 marquera une rupture en France avec la première alternance de la gauche au pouvoir. Parmi les 110 propositions du programme de François Mitterand, la 54ème propose le début de la décentralisation et un statut particulier pour la Corse. La 56ème promet l'enseignement des langues et des cultures minoritaires. Mais ces propositions ne retiendront pas l'attention majoritaire des corses. Au 1er tour, Mitterand divise même son score par deux par rapport à 1974. Au second, Valery Giscard d'Estaing est réélu avec 52 % des voix.


La Corse, terre définitivement de droite en 1988. Le leader de la gauche n'aurait certainement pas entamé ici un septennat. La défaite n'était que plus conséquente. Jacques Chirac est élu président de la République avec 54%.


Chirac – Chirac – Sarkozy : la prime à la droite

Les résultats des élections de 1995 et 2002 n'auraient pas été différentes de l'ensemble de la France. La différence se situe dans l'ampleur de la victoire. La Corse donne toujours une prime au vainqueur de la droite par rapport à son score national depuis 1965.

En 1995, Chirac devance Jospin alors que c'est l'inverse au niveau national. Il réalise en Corse 10 points de plus au 1er tour que dans l'hexagone (30% contre 20) et 7 de plus au second (59% contre 52).

 

En 2002, Jacques Chirac réalise en Corse-du-Sud et Haute-Corse son 3ème et 4ème meilleur score. Il améliore son score national de 8%. Jean-Marie Le Pen se qualifie d'une très courte tête pour le second tour comme sur le continent. Malgré une large défaite au second tour, Jean-Marie Le Pen fait mieux en Corse par rapport à la moyenne nationale.

 

En 2007, re-re-belote. Une majorité d'électeurs confirme les résultats nationaux et met le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy largement en tête pour les deux tours. Il obtient en Corse son meilleur score régional au 1er tour avec 37 % des voix et confirme largement au 2ème avec 60% contre Ségolène Royal.


Hollande à la trappe, Le Pen qualifiée

Et si les corses avaient décidé en 2012, Marine Le Pen se serait qualifiée pour le second tour avec 24,39%. C'est la deuxième région derrière la Picardie où le FN fait son score le plus haut. Elle devance ainsi François Hollande d'un écart minuscule : 180 voix. Elle fait partie des 3 régions qui qualifient la candidate du FN pour le second tour avec l'Alsace et Provence Alpes-Cote d'Azur.

 

Nicolas Sarkozy réalise lui aussi un de ses meilleurs résultats avec 31,41%. Au deuxième tour, il bat François Hollande (56 contre 44%). Le candidat du parti socialiste n'aurait pas été élu président de la République. Et la France durant 52 ans de vie politique aurait toujours connu un président de droite.




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