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Popland, l’univers coloré d’Antò, fils de Pop, s’installe pour un an au Clos Culombu


Maria-Serena Volpei-Aliotti le Dimanche 12 Juillet 2026 à 15:15

Entre culture populaire, racines corses, religion, bande dessinée, musique et clins d’œil aux grandes marques, Antò, plus connu sous le nom de Fils de Pop, investit la galerie du Clos Culombu avec Popland, une exposition foisonnante qui sera visible pendant un an. Un parcours joyeux et profondément personnel où chaque œuvre raconte une histoire.



Au Clos Culombu, les murs de béton dialoguent désormais avec les couleurs éclatantes d’Antò, alias Fils de Pop. Depuis le 4 juillet, l’artiste présente Popland, une exposition qui s’installe pour une année entière dans la galerie aménagée au cœur du domaine viticole de Lumiu. Une invitation à parcourir son univers, à la fois ludique, engagé et profondément ancré dans ses souvenirs comme dans ses racines.
Le vernissage, organisé en présence de nombreux invités venus de toute la Corse, a marqué le lancement officiel de cette exposition pensée comme une véritable immersion dans l’imaginaire de l’artiste.
 
Un voyage dans tous les univers de Fils de Pop
Le titre Popland ne doit rien au hasard. Il évoque les célèbres “lands” des parcs d’attractions et résume parfaitement l’esprit de cette exposition où plusieurs mondes se côtoient.
« C’est une sorte de condensé de tous les univers que je développe. Le nom fait aussi référence à Disneyland et à ces différents espaces où chaque visiteur découvre un nouvel univers », explique l’artiste.
Au fil du parcours, les visiteurs passent naturellement d’un thème à l’autre. La Corse, la religion, la musique, les mangas japonais, les super-héros, la publicité, le cinéma ou encore les souvenirs d’enfance. Un fil conducteur relie pourtant chacune des œuvres. Transformer des références universelles en créations inédites, souvent teintées d’humour.
Ainsi naît la rencontre inattendue entre les confréries corses et la célèbre marque aux trois bandes. Plus loin, Sant’Antonio revisite l’univers Ferrari à travers une figure religieuse chère à l’artiste, tandis que Tout passe, inspiré d’Andy Warhol, porte un message de résilience.
« Même lorsque la vie nous met à l’épreuve, le temps continue son chemin. Il ne fait pas oublier, mais il aide à avancer », confie-t-il.
 
Entre nostalgie heureuse et culture populaire
Les amateurs de bandes dessinées, de dessins animés et de musique retrouvent également de nombreux clins d’œil. « Catwoman téléphone à Bruce Wayne dans une scène aussi décalée qu’amusante, Dali devient un chat dans Dali the Cat, Goldorak, Albator ou Batman côtoient des références à la protection de l’environnement et à la culture japonaise ».
Loin d’une nostalgie mélancolique, Antò revendique une mémoire joyeuse.
« Ce sont les bons souvenirs qui nous construisent. Je voulais retrouver cette émotion positive que chacun peut ressentir devant une image ou un personnage qui a marqué son enfance».
L’exposition permet également de découvrir les toutes premières œuvres de l’artiste, réalisées entre 1993 et 1995, témoignant de plus de trente années de création.
 
Une exposition pensée comme un parcours
Rien n’a été laissé au hasard dans la scénographie. Les œuvres dialoguent entre elles et racontent une progression, des références religieuses aux univers pop, avant de laisser place aux figures féminines, à la musique ou encore aux mangas.
Toutes les œuvres sont proposées à la vente. Toutefois, afin de préserver la cohérence de l’exposition durant toute la saison, les acheteurs ne pourront récupérer leur acquisition qu’à partir de septembre ou d’octobre.
 
Une rencontre née d’une vieille promesse
Pour Étienne Suzzoni, vigneron et propriétaire du Clos Culombu, cette collaboration a une saveur toute particulière. Bien avant la construction de la cave, les deux hommes se connaissaient déjà.
« Quand je préparais ce projet, Antò m’avait simplement dit : “Le jour où tu construis ta cave, pense à prévoir un espace pour accueillir des expositions.” J’ai gardé cette idée en tête. Lorsque les architectes ont dessiné les plans, nous avons imaginé de grands murs, une belle lumière et des matériaux très bruts. Aujourd’hui, on a presque l’impression que cet espace a été conçu pour son univers».
Selon lui, les œuvres de Fils de Pop trouvent ici un écrin naturel.
« Il célèbre l’enfance, la jeunesse, la Corse, notre foi, notre culture populaire. Chacun peut s’y retrouver. Ses couleurs réveillent les souvenirs, mais sans nostalgie. Elles apportent de la joie, de la lumière et beaucoup d’énergie».
 
Une année pour découvrir Popland
Installée pour douze mois, Popland invite les visiteurs à prendre leur temps. Derrière chaque toile se cachent plusieurs niveaux de lecture, entre humour, références culturelles, histoire personnelle et regard tendre sur notre époque.
Dans ce dialogue inattendu entre les murs minéraux du Clos Culombu et l’explosion de couleurs imaginée par Fils de Pop, l’exposition offre une parenthèse aussi artistique que joyeuse, où la Corse rencontre la pop culture dans un langage universel.