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Pollution de l’air : La transition écologique est l’un des grands enjeux de la desserte maritime de la Corse


Nicole Mari le Jeudi 27 Janvier 2022 à 18:42

Le groupe indépendantiste Core in Fronte a profité des questions orales de l’Assemblée de Corse pour dénoncer, jeudi matin, l’autorisation d'enfumage du milieu marin accordée par l’Etat à la compagnie maritime Corsica Linea jusqu’en 2026. Il demande à l’Exécutif corse de préciser son action en matière de transition écologique dans le cadre de la future Délégation de service public (DSP) maritime. La conseillère exécutive et présidente de l’Office des transports de la Corse (OTC), Flora Mattei, renvoie la balle à l’Etat, tout en confirmant que la nouvelle DSP intègrera le respect du pacte vert et d’une clause de révision environnementale pour être en conformité avec les prérogatives de l’OMS en matière de pollution de l’air.



Port de commerce d'Aiacciu. Photo Michel Luccioni.
Port de commerce d'Aiacciu. Photo Michel Luccioni.
Le 24 décembre dernier, les associations écologiques U Levante et Le Garde dévoilaient que l'Etat avait autorisé, par un arrêté publié en septembre 2021, l'enfumage en milieu marin jusqu'en 2026, y compris dans la zone des trois milles nautiques. Jeudi matin, à l’Assemblée de Corse, lors des questions orales, le groupe Core in Fronte, par la voix de Serena Battestini, a dénoncé le principe de cette dérogation et son octroi à Corsica Linea « compagnie maritime privée, actuellement délégataire du service public en Corse, qui a sollicité, en octobre 2021, cette dérogation pour plusieurs de ses navires. Cinq de ses cargos mixtes l'ont depuis d'ailleurs obtenue : jusqu'au 31 décembre 2022 pour deux d'entre eux, et jusqu'au 31 décembre 2025 pour les trois autres ».

Serena Battestini. Photo d'archives PM Pescetti.
Serena Battestini. Photo d'archives PM Pescetti.
Une dérogation inacceptable
Considérant l’impact maritime, « les réalités écologiques, animales, géologiques, environnementales et patrimoniales qui la dessinent : Sanctuaire Pelagos, Parc marin Capi Corsu è Agriate, Réserve de Scandula, Bucchi di Bunifaziu... », le groupe indépendantiste affirme que cette dérogation est « inacceptable », « irrecevable », « à contrario des règles mondiales de la convention MARPOL qui préconise l'abaissement de la pollution de l'air par les navires » et « attentatoire aux intérêts naturels et collectifs de la Corse et de son environnement ». Tout en soulignant que l’enfumage est logiquement interdit depuis le 1er janvier, il s’interroge sur « cette dite compagnie régionale qui prétend s'attacher à l’amélioration constante de la performance énergétique de ses navires dans un souci de préservation de l’environnement et dans le cadre d’un fort enjeu de santé publique ». Core In Fronte demande, donc, à l'Exécutif corse de préciser son action en matière de transition environnementale, notamment dans le cadre de la future Délégation de service public (DSP) maritime prévue en 2023. Et l’interroge : « Est-ce là, pour vous, une bonne vision de défense de notre environnement de laisser saccager fonds marins, biodiversité, qualité des eaux et activité traditionnelle et artisanale de pêche ? ».

Flora Mattei. Photo Michel Luccioni.
Flora Mattei. Photo Michel Luccioni.
Un enjeu majeur
La réponse de la conseillère exécutive et présidente de l’Office des transports de la Corse (OTC), Flora Mattei, est claire : « La Collectivité de Corse n’a pas participé à la décision qui a amené à accorder cette dérogation. Nous avons saisi la Commission centrale de sécurité du ministère de la Transition écologique pour faire toute la lumière sur cette dérogation. Les émissions d’oxyde de soufre retiennent toute notre attention d’autorité délégante. Nous demanderons une accélération de la conversion en Scrubbers en boucle fermée à un horizon plus proche ». Affirmant que la transition environnementale dans le transport maritime est « certainement le plus grand enjeu de la desserte maritime de la Corse pour les 30 prochaines années », elle en décline les problématiques. La première est la réduction des émissions de CO2 qui contribuent au réchauffement climatique. La seconde est la réduction des émissions et des rejets de fumée par voie aérienne. La troisième, un peu oubliée, est la pollution sonore sous-marine qui déséquilibre le système marin dans son ensemble dans les ports, mais aussi les fonds marins.
 
Un plafond de verre
« Oui, tous les navires polluent, c’est une vérité générale ! » assène sans ambages la présidente de l’OTC. « Mais ils polluent tous et technologiquement, on atteint un plafond de verre en matière de dispositifs permettant de limiter l’impact sur l’environnement ». Elle explique que, pour atteindre l’objectif de verdissement de leur flotte, les compagnies n'ont que trois solutions. La première est l'utilisation de carburant moins riche en soufre, « mais cette solution n’est pas pérenne, car elle se heurtera dans les années à venir et très rapidement au durcissement des réglementations futures (classement zone SECA) ». La deuxième est l’installation de traitement de fumée à bord des navires avec des scrubbers en boucle ouverte, en boucle fermée ou hybride. La troisième est la propulsion en GNL « dont l’OTC a été chef de file pour un projet de recherche ». Les compagnies délégataires de la DSP ont déjà opté pour le traitement de fumée qui leur permet d’atteindre depuis 2020 un niveau de rejet de 0,1 % correspondant à la norme SECA qui sera en vigueur en 2025. « Actuellement, les compagnies rejettent des émissions de soufre cinq fois inférieures aux normes en vigueur. Corsica Linea a équipé 4 des cinq navires de DSP, et La Méridionale 1 de ces 2 navires, les autres fonctionnant avec un carburant moins riche en soufre », précise Flora Mattei. « La DSP en cours a intégré la mise à niveau environnementale et le respect des exigences des règles MARPOL. L’obligation est faite aux délégataires de s’équiper en scrubbers, en filtres à particules, d’utiliser des carburants moins soufrés ». Tout en précisant que « le verdissement prend forcément du temps dans cette transition écologique par paliers. Notre politique est bien aussi de changer le système en profondeur, ce que nous essayons de faire durablement depuis 2015 ».
 
Un pacte vert
La conseillère exécutive en profite pour rappeler tous les combats menés depuis des décennies par les Nationalistes pour la défense de l’environnement. « Nous mettrons un point d’honneur à exiger, dans la future DSP, le respect des règles et à intégrer au contrat initial une clause de révision environnementale qui sera scrupuleusement contrôlée pour être en conformité avec les prérogatives de l’OMS ». Tout en arguant des limites de l’action de la CDC : « La lutte contre la pollution liée aux transports maritimes ne concerne pas seulement la Corse, mais toutes les régions qui bordent la Méditerranée. C’est pourquoi la mobilisation doit être forte dans une vision véritable du pacte vert européen pour faire face aux bouleversements de mutations que connaîtront l’outil naval et les infrastructures portuaires. Ces mutations sont liées, d’une part aux évolutions technologiques pour remplacer les énergies fossiles et les évolutions vers le mix-énergétique localement dé-carboné, et d’autre part aux modes de production et de consommation ». Flora Mattei ne cache pas que le résultat escompté : atteindre « une exemplarité méditerranéenne pour préserver le bien précieux commun qu’est la Méditerranée en termes de navigation propre pour le futur ».
 
N.M.














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