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Paul Scaglia élu président d'un Conseil économique et social élargi


Rédigé par Sylvain Amiotte le Jeudi 1 Mars 2018 à 18:56 | Modifié le Jeudi 1 Mars 2018 - 19:34


A l’issue d’un vote très serré, Paul Scaglia a devancé ce jeudi le sortant Henri Franceschi, devenant le nouveau président du Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse (CESEC). Se présentant comme un « homme de dialogue », ce chef d’entreprise, représentant le Medef, promet de moderniser une instance consultative à l’influence grandissante, et dont la composition n’a jamais été aussi élargie au sein de la société civile.


Entre Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, Paul Scaglia (2e à gauche) serre la main de son prédecesseur Henri Franceschi à la tête du Conseil économique, social, environnemental et culturel  de Corse.
Entre Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, Paul Scaglia (2e à gauche) serre la main de son prédecesseur Henri Franceschi à la tête du Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse.
« Très ému » et « fier », Paul Scaglia s’est installé vers 14h30 dans le fauteuil de président du Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse (CESEC), dans l’hémicycle de la Collectivité de Corse, à Ajaccio. Il devient ainsi la troisième personnalité dans le rang des institutions insulaires, derrière les présidents de l’exécutif et de l’assemblée.
 
Elu au second tour par 30 voix contre 28 pour Henri Franceschi (1 vote blanc), ce pilier du Medef corse, ancien président du tribunal de commerce d’Ajaccio, a mis fin aux douze années de mandat de son prédécesseur. Salué jeudi pour son engagement et la qualité de son travail, le maire d’Ucciani et président de la communauté de communes du Celavu-Prunelli comptait sur son bon bilan pour se faire élire à nouveau. Cela n’a pas suffi.

Au premier tour, Jean Brignole (Syndicat des travailleurs corses) s'était présenté symboliquement pour faire valoir l'intérêt des salariés de l'île. Il avait récolté 7 voix, contre 29 pour Scaglia et 22 pour Franceschi (1 blanc).

Un organe consultatif à l'influence grandissante
 
Porteur d’une « nouvelle dynamique à insuffler », Paul Scaglia, chef d’entreprise en activité, a souligné dans sa candidature qu’il ne détenait pour sa part « aucun autre mandat », notamment politique, ce qui lui permettra de « consacrer tout (son) temps » à sa fonction. Le nouveau président voit dans son succès « une volonté de changement » pour « moderniser » l’institution et asseoir encore davantage son influence en tant qu’organe certes purement consultatif, mais représentatif de l’ensemble de la société civile corse.
 
Une instance dont l’action s’est amplifiée ces dernières années, passant de 71 avis rendus en 2016 à 148 en 2017, sans compter les saisines de plus en plus nombreuses et les rapports réalisés à la demande de l’exécutif et de l’assemblée. Au point que Gilles Simeoni a salué ce jeudi la dimension inédite atteinte par ce « contrepoids indispensable à nos institutions », dont le nombre de membres (non élus mais désignés) grimpe de 51 à 63, avec de nouveaux secteurs représentés (lire notre encadré en fin d’article).

"Devenir une force de proposition"
 
Si le CESEC est indépendant du politique et n’a pas le pouvoir d’un « sénat » régional, son avis compte et contribue à faire bouger les lignes dans les réflexions et décisions prises par les élus de la Collectivité de Corse. Jean-Guy Talamoni a d’ailleurs assuré de sa volonté de « renforcer les liens entre le Conseil et l’Assemblée de Corse », jugeant notamment « essentiel » que le CESEC soit consulté au sujet des discussions constitutionnelles en cours et futures avec Paris.
 
En tant que nouveau président, Paul Scaglia entend accentuer cette montée en puissance de l’institution comme contre-pouvoir à la collectivité unique : « Je souhaite que le Conseil s’auto-saisisse des grands sujets de société, autant que les textes le permettent, et qu’il soit une véritable force de proposition au côté du politique. »

"Pas ici pour faire de la figuration"
 
A cet effet, le nouveau président, qui siège au Conseil depuis sept ans, compte sur une « nouvelle méthode de travail » et une « réorganisation interne », avec davantage de commissions (9 au total) - dont deux consacrées spécifiquement à la langue corse ainsi qu’à l’agriculture –, des réunions décentralisées dans toute la Corse et des groupes de travail communs avec la Collectivité.
 
« Nous ne sommes pas ici pour faire de la figuration, mais pour travailler à l’intérêt commun de la Corse », a plaidé Paul Scaglia, s'affichant comme un « homme de dialogue au service de l’intérêt général ». « Nous avons des convictions et des idées politiques différentes, c’est notre force afin de trouver un chemin commun », a-t-il poursuivi, réclamant aux conseillers de « placer l’humain et la Corse » au centre de leurs réflexions. « Je demande une prise de conscience du rôle de la société civile. »
 
Présents en tant qu'observateurs et partenaires, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, tout comme Benoît Bonnefoi, qui représentait le préfet en tant que secrétaire général aux affaires de la Corse (SGAC), se sont tous trois dits à la « pleine disponibilité » du CESEC pour l’aider à mener et valoriser ses travaux.
 

Un Conseil renouvelé et élargi à 63 membres

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63 membres. Avec l’avènement de la collectivité unique au 1er janvier, l’ancien Conseil économique, social et culturel a vu sa composition élargie de 51 à 63 membres afin d’intégrer davantage la diversité de la société civile.
 
Une nouvelle section « Environnement ». Au lieu de deux sections précédemment (économique et social ; culture et éducation), l’institution en compte désormais trois avec l’ajout d’une section dédiée à l’environnement et au cadre de vie. Un changement qui se retrouve dans l’intitulé du Conseil, désormais baptisé « Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse ».
 
35 nouveaux conseillers. Parmi les 63 membres, 35 conseillers, soit plus de la moitié, n’avaient jamais siégé auparavant. 25 autres ont été reconduits. Trois conseillers n’ont pas encore été désignés par leurs organisations (centre de formation des apprentis ; organismes de protection du milieu montagnard et forestier ; personnes âgées et handicapées).
 
Seulement 15 femmes. Seul un membre du CESEC sur quatre est une femme. Avec 15 femmes contre 5 lors de la précédente mandature, leur représentation progresse certes, mais reste « très loin de la parité », comme l’a souligné le Secrétaire général aux affaires de la Corse.
 
Onze nouvelles représentations. L’instance compte quatre nouvelles représentations au sein de la section « Culture, langue corse et éducation » : la danse (Pat’ Obine), les centres culturels (Marie-Jeanne Nicoli) ; le patrimoine immatériel (Pierre Agostini) ; les anciens combattants (Mathieu Casanova).
Quatre nouveaux sièges sont dévolus à l’environnement : les pêcheurs, désormais détachés des chasseurs (Antoine Battestini) ; la protection du littoral et du milieu marin (Jean-Jacques Riutort) ; les organismes de gestion des espaces naturels (Antoine Feracci) ; la protection du milieu montagnard et forestier (non encore désigné).
Trois nouveaux membres représentent enfin la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Pierre-Jean Rubini) ; les centres d’hébergement et les associations de lutte contre la précarité (Dr François Pernin) ; les associations de la diaspora corse (Jean Dal Colletto).
 
Déficit de représentativité ? Via Campagnola, dont les représentants sont intervenus dans l’hémicycle en début de séance pour dénoncer leur absence du Conseil (lire notre article par ailleurs), en est un exemple : difficile d’avoir une instance représentant l’ensemble de la société civile de Corse. Décidée par arrêté préfectoral (une « anomalie » selon Gilles Simeoni), la composition du CESEC reste perfectible. « L’industrie touristique est sous-représentée », a notamment jugé le président de l’exécutif en préambule. Paul Scaglia a estimé lui aussi que l’élargissement opéré n’était « pas encore suffisant ».



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