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Paul Pellegri, DGS de la dernière mandature à la CTC : "Une expérience intense"


Rédigé par Jacques RENUCCI le Mercredi 20 Décembre 2017 à 18:03 | Modifié le Jeudi 21 Décembre 2017 - 18:20


Le DGS de la dernière mandature vient de prendre sa retraite. Il revient sur les deux ans qui ont bouleversé le paysage institutionnel insulaire.


Paul Pellegri, DGS de la dernière mandature à la CTC : "Une expérience intense"






- Comment avez-vous appréhendé votre prise de fonctions à la CTC ?
- Mon premier avantage était d'être corse ; je n'arrivais pas en terrain inconnu, d'autant plus que j'avais suivi avec attention l'évolution de la collectivité. Je savais que je m'attelais à une tâche compliquée. Mais j'avais comme autre avantage d'y avoir travaillé pendant deux ans (2000-2002), quand avait été lancé le PEI, sous l'autorité de Jean Baggioni. Je connaissais beaucoup de cadres de la CTC. J'avais même participé au jury qui en avait recruté certains. Norbert Pancrazi, Catherine Istria, Marc Spinosi, Françoise Graziani et d'autres, je savais que j'allais trouver des gens de qualité, une aide précieuse compte tenu du travail qui m'attendait.


- Avez-vous pris part aux négociations relatives à la fusion ?
- Pas directement, parce que j'ai eu la chance qu'arrive en février 2017 dans notre dispositif Jean-Louis Santoni, à la fois mon successeur et celui de José Colombani, responsable de la préfiguration pour la CTC. Cela m'a permis de ne pas traiter ces dossiers qu'il a parfaitement menés. Nous tenions une réunion ou deux par semaine, Santoni et moi, avec les quatre DGA, mais je n'ai pas été au contact direct des échanges ni à la réflexion sur la partie technique, bien que faisant partie du comité des présidents. Cela m'a permis de m'atteler au fonctionnement proprement dit de la CTC.  


- Ce qui devait être ardu...
- De ce point de vue, mon poste à la CTC était extrêmement lourd en responsabilités et en fatigue. Un jour, une élue m'a demandé comment se passait mon séjour ajaccien. Je lui ai répondu : 'entre le 2e et le quatrième étage'. Mon, bureau était au second, mon logement au dessus. Je ne compte pas les semaines où je ne sortais pas de l'immeuble, me contentant de repas réduits au minimum, avec la boîte de thon comme élément principal...
 
- Beaucoup de Corses pensent que la fusion n'est pas entièrement finie...
 - Ils ont raison, et ce n'est pas dû au fait qu'on n'a pas assez travaillé. Mais c'est dans la nature des choses. Si vous allez dans le Grand Est, où je me suis rendu avec le président Simeoni il y a plus d'un an, ils n'ont pas fini de fusionner les deux régions entre Strasbourg et Metz. Il faut du temps, étant de plus entendu qu'il est plus facile de regrouper deux régions que de réaliser une entité unique avec une région et deux départements. Le même dépassement en durée se retrouve en Guyane et en Guadeloupe.
 

-
Quand en aura-t-on terminé ?
- Selon moi, il faudra encore une bonne année avant d'affiner tout cela parfaitement. On a encore à finaliser le SDIS, les transports scolaires, le système informatique par exemple. Mais le plus important a été fait, et l'essentiel est que cela fonctionne. Les prestations sociales sont assurées, les personnels seront payés en temps et en lieu.
 

- Pourtant, on a ressenti des inquiétudes dans les services...
- Il y a beaucoup de pédagogie à faire. L'inquiétude objective est normale, parce que la situation est compliquée ; à la limite, c'est de ne pas être inquiet qui serait anormal. En revanche, il est des inquiétudes ridicules, par exemple lorsque des personnels sont inquiets pour leur statut. Leur statut est le même pour tous, celui de la Fonction publique territoriale. Ensuite, il y a une question de primes, qui dépendent des catégories, mais cela ne reste qu'un problème d'harmonisation et de rattrapage. Il n'y a pas là une spécificité corse. Ces disparités, jusqu'à un passé proche, ont caractérisé la Fonction publique d’État, en favorisant les fonctionnaires de Bercy. J'ai vécu 42 ans sous ce régime inégalitaire ! Ma femme, dépendant du ministère des Finances, à diplôme égal et formation équivalente, gagnait ainsi, au début de notre carrière, l'équivalent de 300 euros mensuels de plus que moi... 
 

 - Un article de la Gazette des Communes (qui cite entre autres votre exemple) souligne que de plus en plus les collectivités font appel à des hauts fonctionnaires d’État. Quelle en est selon vous la raison ?
 - Une première raison, c'est que le corps préfectoral, avec le mouvement de décentralisation qu'a connu la France, a été séduit par ces nouvelles compétences accordées aux régions. Être sous-préfet d'arrondissement dans une petite ville, ce n'est pas enchanteur, surtout pour un jeune énarque, le travail de DGS d'une collectivité est autrement plus exaltant. D'autre part, les présidents de région essayent d'attirer des gens ayant une certaine expérience dans l'administration centrale, pensant sans doute que c'est ainsi plus facile pour eux de dialoguer avec l’État. Je ne sais pas s'ils font le bon calcul, mais je pense que c'est un enrichissement pour une région d'avoir des gens qui ont travaillé ailleurs. 
 

Au final, cette période a-t-elle constitué pour vous une bonne expérience ?
- Une superbe expérience, d'autant plus que c'était la dernière. Je venais de faire cinq ans à mon poste précédent, au ministère de la Défense, où j'avais la responsabilité de l'Institut de gestion sociale des armées (IGESA). J'avais pour principe de ne rester que de trois à cinq ans dans une affectation, la CTC était ainsi mon quatorzième poste, et Gilles Simeoni m'a contacté au bon moment.
 

 - Qu'est-ce qui vous empêchait de poursuivre l'expérience ?
- Rien, sauf que depuis longtemps j'avais fixé mon plan de carrière. Il était dit que je prendrais ma retraite dès que j'en aurais l'âge. J'ai fais six mois de plus pour aller au bout de la mandature. Dorénavant, je porterai un regard extérieur sur ce qui se passe, extérieur mais intéressé. Je l'ai dit lors de mon discours d'adieu : c'est désormais en citoyen attentif que je vais suivre les évolutions des choses.





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