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Pas de rapprochement en Corse pour Pierre Alessandri : le parquet antiterroriste a fait appel


La rédaction le Mercredi 28 Juillet 2021 à 16:21

Condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en Corse, Pierre Alessandri, a obtenu un régime de semi-liberté dans une prison corse mais la décision est suspendue par un appel du parquet antiterroriste



Pas de rapprochement en Corse pour Pierre Alessandri : le parquet antiterroriste a fait appel
 
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a confirmé avoir fait appel de cette décision qui permettrait à Pierre Alessandri, actuellement détenu en région parisienne, de bénéficier d'une semi-liberté probatoire à la prison de Borgo (Haute-Corse) à partir du 20 août. A la suite d'une audience tenue le 28 juin, "le tribunal d'application des peines antiterroriste (Tapat) a décidé de placer Pierre Alessandri en semi-liberté à Borgo à compter du mois d'août. Le parquet national antiterroriste (Pnat) a immédiatement fait appel suspensif", a déclaré à l'AFP Me Eric Barbolosi, avocat de M. Alessandri, confirmant une information de l'hebdomadaire Le Point.
Le tribunal a également accordé une libération conditionnelle à compter du 20 août 2023, a confirmé à l'AFP le Pnat. "L'appel étant suspensif, il ne se passera rien tant qu'il ne sera pas étudié par la cour d'appel de Paris", a précisé à l'AFP une source judiciaire. "La décision du Tapat est parfaitement justifiée et motivée en droit et en fait au regard du parcours de Pierre Alessandri. Nous espérons qu'elle sera confirmée", a déclaré Me Barbolosi, précisant que la cour d'appel avait "deux mois pour audiencer" le recours.
Pierre Alessandri, 62 ans, arrêté avec Alain Ferrandi en 1999, a été condamné en 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, comme Yvan Colonna, pour l'assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février 1998.


“Vengeance d’Etat”
Depuis plusieurs années, MM. Alessandri et Ferrandi contestent le refus de leur rapprochement dans une prison corse qu'ils jugent "discriminatoire" et synonyme de "vengeance d'Etat".

Gilles Simeoni, président  du conseil exécutif de Corse a qualifié sur Twitter le délibéré du Tapat de "décision juridique" et l'appel du parquet antiterroriste de "décision politique", "qui fait primer l’esprit de vengeance sur l’exigence de justice".

L'association de défense des prisonniers corses Sulidarita a "dénoncé la poursuite d'une vengeance d'état systématique contre les prisonniers politiques corses" et appelle dans un communiqué "le peuple corse à se tenir prêt à se mobiliser, afin d'exiger du gouvernement français une véritable solution politique". 

La levée de leur statut de détenu particulièrement signalé (DPS) est nécessaire pour tout rapprochement dans l'île qui ne compte aucune prison apte à accueillir ce type de détenus. En mars 2020, la commission pénitentiaire locale de Poissy (Yvelines), où ils sont détenus, avait émis un avis favorable à cette levée mais le Premier ministre Jean Castex l'avait refusée le 21 décembre. Trois jours avant, il avait écarté le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti de toute décision relative "aux conditions d'exécution des peines et au régime pénitentiaire" des détenus impliqués dans des dossiers que l'ancien avocat, qui a défendu Yvan Colonna, aurait eus à traiter.
 















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