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Murato : Les parents d’élèves bloquent l’école pour protester contre la fermeture d’une classe


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 7 Septembre 2017 à 15:16 | Modifié le Jeudi 7 Septembre 2017 - 23:53


Rentrée scolaire sous tension à Murato dans le Nebbiu. Les parents d’élèves ont symboliquement bloqué, jeudi matin, pendant une demi-heure, la rentrée des classes de l’école primaire pour protester contre la suppression d’un poste d’enseignant. Les 49 élèves sont regroupés dans deux classes surchargées, une maternelle-CP et une s’étendant sur quatre niveaux. Une délégation s’est rendue dans l’après-midi à l’inspection académique de Haute-Corse pour demander le rétablissement de la troisième classe. Le Rectorat devrait rendre sa décision lundi. Les parents sont déterminés à obtenir gain de cause.


Pierre-Ange Mazzoni, délégué des parents d’élèves, entouré de parents et d'enfants dans la cour de récréation de l'école primaire de Murato.
Pierre-Ange Mazzoni, délégué des parents d’élèves, entouré de parents et d'enfants dans la cour de récréation de l'école primaire de Murato.
La mauvaise nouvelle est tombée le jour de la rentrée des classes. Un poste d’enseignant a été supprimé à l’école primaire du village de Murato dans le Nebbiu. L’école, qui comptait, l’an dernier, trois classes pour 53 élèves scolarisés – une maternelle, une pour trois niveaux du CP au CE2, et une pour le CM1-CM2 -, s’est vue contrainte de regrouper dans deux classes les 49 élèves qui ont fait la rentrée mardi matin. « Suite à la fermeture du troisième poste d’enseignant dans notre école, les classes sont en sureffectif. Deux enseignants doivent gérer 49 élèves répartis de la manière suivante : 20 en maternelle-CP et surtout, et c’est là le gros problème, 29 dans une classe de quatre niveaux allant du CE1 au CM2. C’est impossible à accepter pour la qualité d’enseignement de nos enfants ! », explique Pierre-Ange Mazzoni, délégué des parents d’élèves. Ces derniers, soutenus par les habitants et le Conseil municipal, ont, donc, décidé de se mobiliser contre cette suppression de poste et ont, jeudi matin, symboliquement bloqué l’entrée de l’école, retardant la rentrée en classe d’une demi-heure. « Nous avons fait un blocage de l’école pour protester et alerter l’inspection académique sur notre cas. Nous serons attentifs à ce qui nous sera proposé ou pas. Nous resterons mobilisés jusqu’au bout tant que nos revendications n’auront pas été entendues », ajoute Pierre-Ange Mazzoni.
 
Le rural dépouillé
Le spectre de la suppression d’un poste planait, déjà, sur l’école primaire de Murato depuis l’année dernière. La municipalité alertée pensait avoir fait le nécessaire pour pallier la forte baisse d’effectifs prévue par l’inspection académique. « De gros efforts ont été faits au niveau de la municipalité pour maintenir l’école. Depuis la rentrée, un service de transport scolaire avec un car relais a été mis en place pour les enfants résidant au col de San Stefanu, qui se trouve à 5 kilomètres du village, des enfants viennent aussi de Rapale. La municipalité a alerté l’inspection sur la hausse d’effectifs, mais l’inspection n’a pas du tout pris en compte les nouveaux éléments et a fermé le poste uniquement sur l’effectif prévisionnel qu’elle avait établi. On se retrouve finalement avec une baisse des effectifs moindre que prévue et, donc, trop d’enfants pour le peu d’enseignants que nous avons », précise Pierre-Ange Mazzoni. Une problématique que les villages du Haut-Nebbiu subissent de manière récurrente. « Tous les ans, le rural est confronté à ce type de problèmes. A Rutali, une classe a été fermée. L’école de Santu Pedru a été menacée. Cette année, il y a des problèmes sur Oletta. C’est toujours le rural qui est dépouillé ! On nous enlève des instituteurs pour les placer ailleurs dans les zones urbaines. Murato est un village de 700 habitants, beaucoup de jeunes s’y installent et y travaillent. Beaucoup d’efforts ont été consentis au niveau des aménagements. Des infrastructures ont été créées. Des appartements sont en cours de rénovation par la municipalité et seront loués. Le village est en pleine expansion. Le problème de l’école est un frein au développement. C’est indéniable ! », conclut Pierre-Ange Mazzoni.
 
Des parents et des élus déterminés
Un avis entièrement partagé par le Conseil municipal qui a fait bloc avec parents et enseignants dans la cour d’école. « Face à ce type de situation, vu le nombre d’élèves que nous avons et la complication dans les écoles, on ne peut réagir que violemment ! », estime le 1er adjoint de la commune, Jean Baptiste Battaglia. « Une classe de 29 élèves sur quatre niveaux pose problème pour les enfants et pour les enseignants. L’inspecteur d’académie, qui est venu nous voir, en a conscience. Il nous a expliqué qu’il y a deux écoles en Haute-Corse qui sont dans la même situation, Cardo et Murato, et qu’il ne peut pas en privilégier une par rapport à l’autre. En plus, il y a un manque d’enseignants. Il faudra jongler. Soit nous restons dans le statuquo, ce qui pose problème ! Soit, nous acceptons un enseignant à mi-temps qui se partage : deux jours à Cardo, deux jours à Murato. Soit, et c’est la meilleure solution, la réouverture du poste. Lundi, l’inspecteur nous donnera sa réponse ». Le 1er adjoint rappelle tous les efforts faits en matière d’investissements : « Nous nous battons depuis de longues années. La mairie a fait des efforts importants pour construire une nouvelle école, ouvrir une cantine. Dans peu de temps, l’ancienne gendarmerie, qui est en train d’être rénovée, accueillera des familles avec des enfants. Cela va, j’espère, augmenter le nombre d’élèves à Murato. Je ne vois pas pourquoi on nous pénalise. Une école, c’est vital dans un village. Qui ne défendrait pas son école ! ». Le Conseil municipal et les parents d’élèves sont déterminés à ne pas laisser les choses en l’état. Jeudi après-midi, ils sont descendus en délégation pour tenter de décrocher un rendez-vous avec l’inspecteur d’académie. Si lundi, le poste n’est pas réaffecté, ils bloqueront la circulation, mardi matin, au col de San Stefanu. Affaire à suivre…
 
N.M.





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