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Municipales. Stéphane Zanettacci veut « redonner une impulsion » à Cargèse


le Mercredi 11 Février 2026 à 09:45

À la tête de la liste Per un avenne cumunu, Stéphane Zanettacci se lance dans la course à la mairie de Cargèse. Chef d’entreprise, passé par les sphères politiques ajacciennes avant de s’en retirer en 2018, il revient aujourd’hui sur le devant de la scène locale avec une équipe aux profils variés. S’il salue les projets structurants menés ces dernières années par le maire sortant François Garidacci, il affiche la volonté d’engager une nouvelle dynamique pour la commune notamment pour ma gestion quotidienne de Cargèse et le bien-être des habitants.



Municipales. Stéphane Zanettacci veut « redonner une impulsion » à Cargèse
Pourquoi avoir décidé de vous engager aujourd’hui dans cette élection municipale à la tête de la liste « Per un avvene cumunu » ?
Depuis le mois de juin, nous réfléchissons avec beaucoup de jeunes de Cargèse à ces élections municipales. Nous savions qu’un candidat était en campagne depuis un peu plus de deux ans, alors qu’un autre s'est déclaré au mois de mai. Ces offres ne nous correspondaient pas, que ce soit en matière de programmes ou de gestion de la commune, et nous avons donc décidé de faire une liste tous ensemble. La majorité a ensuite décidé que je devais la conduire. Notre liste a une moyenne d’âge de 50 ans. Il y a beaucoup de jeunes qui ont entre 30 et 40 ans. Mais il y a aussi quelques personnes retraitées avec plus d'expérience. Tout le monde est bien entendu issu de Cargèse, soit par affinité soit par lien familial. Pour le reste, ma liste rassemble un peu tous les profils : il y a un pâtissier, un électricien, des commerçants, des agriculteurs, des personnes qui travaillent dans les collectivités territoriales, … Et puis il y a moi qui ai fait un petit peu de politique.
 
En quoi votre candidature marque-t-elle, selon vous, une rupture pour Cargèse ?
Tout d’abord, un des deux candidats a le soutien du maire et se revendique de la majorité sortante car il était deuxième adjoint. Nous ne remettons pas en cause le bilan du maire qui est somme toute plutôt bon. Mais par contre, pour notre part, nous sommes plutôt en rupture sur tout ce qui porte sur la gestion quotidienne de Cargèse et le bien-être des habitants. 
 
Dans votre profession de foi, vous affirmez que Cargèse est « trop grande pour rester figée, trop petite pour se comporter comme une ville ». Comment traduire concrètement cette idée dans l’action municipale ?
Aujourd'hui, nous estimons que Cargèse est à un tournant. Soit il y a une envolée et Cargèse part sur un développement vraiment important et on va prendre la dimension d’une ville, mais, à ce moment-là, il va falloir que les services municipaux et que la commune suivent. Soit Cargèse va rester toujours le petit village qu'il est, et on va rester entre deux eaux. Pour notre part, nous estimons qu’il faut que l’on garde l'âme villageoise, tout en se tournant vers l'avenir en pensant au développement de Cargèse. C’est pour cela que nous voulons absolument qu’un PLU soit vite adopté, de façon à récupérer la maîtrise du foncier, de façon à donner une architecture à notre village et à le développer comme nous voulons le faire. Maintenant, il y en a assez de se cacher derrière le préfet qui donne les permis de construire ou qui les refuse, c'est à nous de prendre nos décisions. Il faut vraiment qu'on donne une nouvelle impulsion et qu'on décide de faire du Cargèse de 2050, celui que nous voulons laisser à nos enfants.
 
Vous faites de l’adoption d’un Plan Local d’Urbanisme une priorité. Pourquoi ce document est-il, selon vous, indispensable aujourd’hui pour maîtriser l’avenir du village 
Ce qu'il faut privilégier, bien entendu, c'est l'accès à la propriété. À l'époque, à Cargèse, il y avait un petit exode des Cargèsiens. Pour y pallier, le maire a fait des habitations à loyers modérés pour maintenir les jeunes sur le territoire. Aujourd’hui, pour les jeunes, il est compliqué d’obtenir des crédits pour pouvoir acheter un bien, surtout vu le prix du mètre carré à Cargèse. Donc nous avons l’idée de s’inspirer du type d’opération qu'a fait le maire de Moncale et, avec l'Office foncier, d’acquérir des terrains, de faire en sorte de pouvoir donner une offre aux jeunes Cargèsiens, afin qu’ils puissent s'installer chez eux et transmettre à leurs enfants.
 
La gestion des déchets fait partie de vos premiers chantiers annoncés. Quelles solutions concrètes proposez-vous ?
Dès que nous arriverons aux affaires, la première délibération que nous prendrons, c'est d'interdire de jeter tous les encombrants dans les points d’apports volontaires de la commune. Aujourd’hui, on y retrouve des cumulus, des frigidaires, des cuisinières... Cela devient insupportable pour tous les Cargèsiens. En parallèle, nous allons créer un endroit spécial qui sera ouvert plusieurs jours par semaine, où on pourra jeter tous les encombrants. Ensuite à nous, avec la communauté de communes qui a la charge des ordures ménagères, de venir collecter ces encombrants et de les transférer au centre de Vico. Pour cela, il faudra bien sûr que nous re-siégeons à la communauté de communes. Nous voulons redonner toute sa place à Cargèse au sein de celle-ci, sachant que lors des six dernières années, à part un ou deux élus, la commune n’y a pas du tout siégé. Or, Cargèse a toute sa place dans la communauté des communes, elle doit même être un fer de lance. 
 
Vous proposez une refonte globale des mobilités : parkings, navettes, mobilités douces, plan de déplacements urbains. Quel est l’objectif principal de cette réorganisation ?
Pour opérer cette réorganisation, nous allons prendre un cabinet d'études. Dans les grandes lignes, ce que nous souhaiterions faire, c'est créer un sens unique pour le déplacement en véhicule, opérer une réfection des trottoirs et toutes les transversales qui partent du plateau de la Sarra et qui descendent jusqu'à l'église, qui n'ont pas été refaites depuis 1972, et ensuite surtout pour l'été, créer deux parkings importants, un à l'entrée de Cargèse et un deuxième en plein centre du village. 
 
Vous placez la jeunesse au cœur de votre projet, avec un accueil de loisirs, un conseil municipal des jeunes et un accent mis sur la formation. Quelle vision portez-vous pour l’avenir des jeunes à Cargèse ?
Nous croyons beaucoup en la formation. C'est pour cela que nous nous sommes penchés sur l’opportunité de créer un centre multi-formations. Nous avons eu des contacts avec la CCI, avec Afflokat, avec l'AFPA qui nous ont dit qu’il serait bien d'avoir une structure de ce type sur la région, car aujourd’hui 80% des jeunes du territoire qui décrochent d’une formation le font à cause de la distance entre le lieu où ils font la formation et leur lieu d'habitation. Si nous créons un centre multi-formations sur Cargèse, nous serons au centre de la région, et nous pourrons proposer une petite structure qui permettra d’acquérir des compétences, avec par exemple des salles informatiques ou même un tout petit restaurant d'application, avec des professeurs d'Ajaccio qui monteraient donner des cours. En ce qui concerne le conseil municipal des jeunes, on voit que ces derniers se désintéressent de plus en plus de la vie civique et institutionnelle. Pour lutter contre cela, il faut, je pense, dès le plus jeune âge, leur apprendre l’intérêt d’un conseil municipal en leur permettant d’exprimer leur avis sur des délibérations qui seraient transmises ensuite au conseil municipal et qui seraient, après, votées en conseil municipal. Petit à petit, cela pourra montrer aux jeunes que chaque personne a sa place dans la société et que tout le monde peut apporter sa pierre à l'édifice.
 
Enfin, vous promettez une gouvernance plus participative, avec consultations citoyennes et bulletin municipal numérique. Comment comptez-vous instaurer une relation de confiance durable entre la mairie et les habitants ?
Les Cargèsiens vont nous élire sur un projet, sur un programme. Or, il est bien évident qu’au cours d’un mandat, une majorité peut avoir l'opportunité de faire autre chose, parce que soit il y a des fonds, parce que c'est la tendance… À ce moment-là, nous nous adresserons aux Cargèsiens et nous leur demanderons leur avis avant de faire quoi que ce soit. Nous nous engageons à ne pas mentir, à dire ce que l’on peut faire, mais aussi ce qu’on ne peut pas faire et à ne pas promettre n’importe quoi.