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Municipales. Juliette Ponzevera veut « faire avancer les choses » à Saint-Florent


Léana Serve le Vendredi 20 Février 2026 à 17:28

À la tête de la liste Inseme Per Dumane, Juliette Ponzevera se présente aux prochaines élections municipales à Saint-Florent. Elle défend un projet « d’hommes et de femmes qui partagent les mêmes valeurs », axé sur l’élaboration du plan local d’urbanisme, le développement de logements accessibles ou encore la création d’infrastructures sportives et culturelles afin de dynamiser la commune tout au long de l’année.



Municipales. Juliette Ponzevera veut « faire avancer les choses » à Saint-Florent

Vous incarnez l’opposition nationaliste à Saint-Florent. Pourquoi avez-vous décidé d’être de nouveau candidate face au maire sortant ?
L'opposition n'est pas une opposition nationaliste. Elle est l'opposition d'hommes et de femmes qui se reconnaissent dans un projet, qui partagent les mêmes valeurs, et qui veulent ensemble porter notre projet pour Saint-Florent. C'est une candidature qui rassemble toutes les forces de Saint-Florent. Être candidate, c'était pour nous une logique, parce que c'est la continuité de ce qu'on avait proposé en 2020 : essayer de faire avancer les choses avec une équipe dynamique, qui partage les mêmes valeurs, les mêmes idées.
 

Comment avez-vous composé votre liste ?
Notre liste a été composée d'hommes et de femmes de tous horizons, de parcours professionnels différents. Tous sont attachés à Saint-Florent, y vivent, y élèvent leurs enfants, y travaillent, et  veulent apporter aujourd'hui ce que Saint-Florent a perdu : un dynamisme, une vision des choses, porter des projets et montrer que quand il y a la volonté, il peut y avoir aussi des réalisations. Nous voulons sortir des promesses qu'on entend et qu'on a eues depuis des décennies, qui n'ont jamais été respectées. Ce ne sont pas des promesses qu'on fait, c'est un projet que l'on portera avec détermination et sérieux.
 
Quel regard portez-vous sur le bilan du maire sortant ?
Je ne suis pas là pour faire le bilan du maire sortant. Le maire sortant fait son bilan, mais ce sont surtout les faits qui parlent d'eux-mêmes. Aujourd'hui, il n’y a rien au niveau sportif, rien au niveau culturel. Au niveau du logement, il y a 70% de résidences secondaires, ce qui énorme pour une commune. Au niveau de la santé, on voit que des communes comme Patrimonio et Oletta se mettent à la page avec des locaux qui ont été mis à disposition pour créer une maison de santé pluridisciplinaire afin d'accueillir des professionnels. Aujourd'hui, à Saint-Florent, nous avons un cabinet médical et heureusement d'ailleurs que nous avons ces professionnels de santé qui sont là pour offrir ce service à la population. Mais le bilan n'est pas florissant. Saint-Florent est une commune qui n'investit pas, qui ne se développe pas, qui régresse au niveau de sa population parce qu’elle n'a pas de logement abordable pour les personnes originaires de la commune ou de la région du Nebbiu. Nous sommes aujourd'hui à plus de 5 000 voire 6 000 euros du mètre carré sur du collectif. Qui peut acheter à ce prix-là ?
 
Quelle est, selon vous, la principale problématique de la commune ?
Le logement est la principale problématique.  Mais il y a aussi le manque d'infrastructures. Aujourd'hui, nos jeunes n'ont rien à faire à Saint-Florent. Un jeune qui veut faire du sport est obligé de partir ailleurs, au mieux à Oletta, où il y a un stade de foot, le club de rugby. Pour le reste, aussi bien au niveau du sport que de la culture, ils sont obligés de partir sur les autres communes. Or, nous avons besoin d’occuper nos jeunes afin qu'elle évolue à travers le sport et la culture, et ne traîne pas seulement dans la rue. C’est ce que nous voulons pour nos jeunes.
 
Quels sont les axes forts de votre programme ?
Dans un premier temps, c'est d'élaborer le PLU de la commune, promis depuis 25 ans. Cela fait six ans que je siège au conseil municipal, jamais une délibération n'a été étudiée au sujet du PLU. L'élaboration du PLU va nous permettre de créer du logement en accession à la propriété pour les jeunes en résidence principale, et du logement social locatif aussi. Cela nous permettra de fixer des familles et de pérenniser notre école qui perd des enfants. Nous sommes dans une commune où les enfants sont de moins en moins nombreux, au point que l'école de Saint-Florent est sous la menace de fermeture de classes. Au niveau de la jeunesse, il faut créer un complexe sportif en lien avec la communauté de communes, qui servira à la fois aux associations, aux écoles et aux collèges. Au niveau culturel et patrimoine, il faut travailler sur la réhabilitation de la citadelle avec la création d'une médiathèque, et d'une maison des associations et de la langue. À travers cette infrastructure, nous allons pouvoir créer des événements culturels, toujours dans le but d'avoir une commune vivante toute l'année. Au niveau du cadre de vie et de la sécurité, les dernières pluies du mois de décembre ont une nouvelle fois montré que Saint-Florent ne protège pas sa population. Il va falloir que nous soyons vraiment réactifs au niveau de la prévention des inondations avec la communauté de communes qui a la compétence GEMAPI, afin d'entretenir régulièrement nos cours d'eau pour mieux anticiper les pluies et limiter les dégâts. Nous avons aussi besoin de revoir le plan de circulation de la commune parce qu'aujourd'hui si l'hiver tout est fluide, cela se complique dès qu'on commence à avoir un peu de circulation. Il faut donc créer des parkings, mais avec des abonnements réservés aux résidents. Aujourd'hui, ce n'est pas normal que le résident paie la même chose que le touriste qui arrive pour aller à la plage. Le résident de Saint-Florent qui a besoin d'aller faire ses commissions doit pouvoir bénéficier des parkings de la commune à un prix qui doit être abordable pour lui. Nous aimerions également faire un marché des producteurs avec une halle aux pêcheurs, puisqu'il ne faut pas oublier que si Saint-Florent est le plus grand port de plaisance de Corse, c'est aussi un port de pêche. Pour ces professionnels qui vivent de leur métier, il faut mettre en valeur ces savoir-faire locaux à travers cette infrastructure.

Quelle sera votre première priorité si vous êtes élue ?
​Notre priorité sera le PLU, parce que c'est de ce document que tout va découler. Avec lui, nous allons pouvoir créer du logement, créer des zones qui seront réservées, à travers la loi Le Meur, aux résidences principales. On pourra avoir des espaces dédiés à des infrastructures d'utilité publique, puisqu'on voit que Saint-Florent a besoin de se développer.

Saint-Florent est une commune à deux vitesses, totalement tributaire de la saison touristique et calme l’hiver. Comptez-vous renforcer son attractivité hors saison ?
Pour renforcer l’attractivité de la commune, nous allons organiser des événements réguliers, qu'ils soient culturels, sportifs, en lien avec la gastronomie, avec nos producteurs locaux, avec nos vignerons. Saint Florent se trouve quand même à côté de Patrimonio, qui est la première appellation de Corse et qui est aussi celle qui a su montrer la voie. Aujourd'hui, 100 % des vignerons de l'appellation de Patrimonio sont en bio, c’est une chose qui va dans le sens de ce que nous voulons porter pour Saint-Florent. Ensuite, nous voulons créer des infrastructures, et notamment sportives, pour que la ville soit vivante toute l'année. Le sport et la culture vont être notre moteur pour remettre la jeunesse au cœur de notre projet.

L’autre grand sujet est le port de plaisance. Quelle est votre vision pour son développement ?
C'est le plus grand port de plaisance de Corse, mais notre vision et la politique que nous voulons remettre en place, c'est remettre aussi les locaux au cœur du projet, parce que qui dit locaux, dit activité toute l'année. Il y a un temps, Saint-Florent était la sortie des Bastiais ou des habitants de la périphérie bastiaise. Nous voulons remettre les locaux au cœur du projet, avec des infrastructures qui doivent être plus raisonnées, plus durables. On ne peut pas demander à la population, l'été, en période de sécheresse, de faire des efforts et restreindre leur consommation d’eau et avoir sur le port de plaisance des tuyaux ouverts et qui se jettent dans le port sans aucun contrôle. Nous voulons aussi mettre en place un mouillage organisé dans le golfe, car l'été on s'aperçoit qu'il y a beaucoup de places libres dans le port, mais beaucoup de bateaux qui sont à l'ancre dans le golfe. Un mouillage organisé protégerait notre environnement parce qu'actuellement toutes ces ancres sont jetées dans le golfe sans contrôle, sans restriction. 

En 2020, votre liste avait obtenu 30 % des suffrages. Pensez-vous réussir cette fois-ci à prendre la citadelle du Nebbiu ?
Les Saint-Florentins auront le choix entre deux visions différentes, deux méthodes de travail différentes, avec deux équipes qui sont aussi différentes. La dernière fois, la configuration n'était pas la même, puisqu'il y avait trois listes. Aujourd'hui, l'opposition a su rassembler derrière un projet, derrière des valeurs et derrière une équipe.Nous allons à l'élection pour gagner. La démocratie s'exprimera le 15 mars. 
 
Au-delà de la commune, il y a l’enjeu de la présidence de la communauté de communes Nebbiu - Conca d’Oru. Serez-vous candidate à cette présidence ?
Nous ne sommes pas encore dans l'élection de la communauté de communes. Nous nous concentrons sur notre élection municipale. Quoi qu'il en soit, Saint-Florent pèsera dans l'élection de la présidence de la communauté de communes et Inseme Per Dumane sera le rassembleur pour qu'il n'y ait qu'une équipe qui soit engagée au niveau de la communauté de communes, afin qu'onpuisse sortir de cette guéguerre entre Saint-Florent et notamment le village d’Oletta, qui aujourd'hui a pénalisé toutes les communes du territoire, son développement, les habitants et notre jeunesse. Nous serons les rassembleurs pour porter un projet collectif pour la communauté de communes et pour qu'enfin cette communauté de communes fonctionne comme elle le doit et soit à la hauteur des attentes de tout un territoire.