Jean-Claude Franceschi, maire d'Aleria et candidat à sa propre succession pour les élections municipales du 15 mars 2026.
- Vous êtes maire d’Aleria depuis mai 2024. Pourquoi avez-vous décidé de rempiler ?
- Je suis élu depuis 30 ans aux côtés d’Ange Fraticelli. J’ai dit à l’équipe de la majorité : si vous souhaitez que je m’arrête parce que vous pensez qu’il faut renouveler complètement, je suis prêt à le faire. Si vous souhaitez que je reste pour travailler à préparer une équipe d’avenir, je le ferai. Ils ont choisi cette deuxième option. Et je reste pour ce qui sera sans doute mon dernier mandat. Nous allons travailler pour construire cet avenir avec une équipe renouvelée, solide, compétente et des gens investis.
- C’est-à-dire ? Quel a été le principe de ce renouvellement ? Avec quelles tendances ?
- Nous sommes dix sortants et donc 11 rentrants sur une liste de 21, sachant qu’Aleria compte 19 conseillers. Depuis 30 ans, chaque élection a donné lieu à un renouvellement. Celui-ci est dans la continuité, des gens âgés ont arrêté, il y a eu malheureusement des décès, plus une scission politique. Nous faisons rentrer 11 personnes engagées, de différentes sensibilités. Déjà à l’époque d’Ange Fraticelli, nous avons décidé par principe de ne pas faire de politique dans le village. Nous nous serrons les coudes et nous travaillons dans l’intérêt de tous. Il est évident que la majorité est plutôt libérale, nous ne faisons pas pour autant pression sur les autres et nous respectons les idées de chacun. Ce qui fait que nous pouvons travailler tous ensemble. Ce à quoi je tiens, et je l’ai dit aux plus jeunes : pour parler politique, faites-le au niveau régional ou national, par contre le village est petit, soyez solidaires pour défendre l’intérêt d’Aleria.
- Comment expliquez-vous alors la sécession de votre premier adjoint qui mène une liste concurrente ?
- Ce n’est pas mon premier adjoint, c’est celui de l’époque où Ange Fraticelli était maire. Le problème est simple. On a constaté que cette personne, qui était rentrée sur notre liste en 2020, a commencé, dès l’année suivante, à critiquer dans la rue l’équipe en place, notamment les plus âgés, « les ayatollahs ». Il s’est éloigné de la majorité sans pour autant en tirer les enseignements, c’est-à-dire rendre son mandat d’adjoint et les émoluments qui vont avec. Quand j’ai repris la main, il a été remplacé au poste de premier adjoint par Mme Ramazotti qui s’occupe en plus de la gestion comptable. Nous avons ainsi pu travailler efficacement pour garder les finances communales au meilleur niveau possible.
- Votre adversaire critique votre gestion qui ne serait pas « collective » et veut « repositionner la commune au cœur des enjeux ». Que lui répondez-vous ?
- Quand on ne travaille pas et qu’on passe son temps dans les bars à déblatérer, il est certain qu’on n’a pas beaucoup d’atomes crochus avec quelqu’un qui travaille sur les dossiers, qui monte les projets de A à Z et qui, pour cela, est obligé d’être dans un bureau devant un ordinateur. Ce n’est pas son cas ! Lui se contente de critiquer dans la rue tout ce qui est fait. Par contre dans son journal de campagne, il récupère tous les projets que nous avons montés. Les gens d’Aléria, qui me connaissent depuis 30 ans, savent qui travaille, qui monte les dossiers et qui est efficace. La réalité est que j’ai dû mettre un terme à ces agissements qui n’étaient pas, pour moi, exemplaires. À partir de là, je n’ai pu m’attirer que ses foudres et celles de son équipe. Il parle du volet collectif alors qu’il a pris des décisions sans en parler à personne et que j’ai dû rectifiées. Si quelqu’un n'est pas collectif, c'est lui, ce n'est pas moi. Je n’ai jamais pris une décision sans en référer aux autres.
- Quel bilan dressez-vous de votre mandature ?
- Un bilan plutôt positif. En matière de finances, par exemple, nous avons fait de bons choix. Nos recettes augmentent parce que nous avons privilégié les investissements productifs comme des parcs photovoltaïques ou des loyers. Sur les bases d’un audit de la Cour des comptes, nous avons analysé chaque secteur du fonctionnement de la commune et réussi à maîtriser les dépenses dans pas mal de domaines. Nous avons pu ainsi réaliser beaucoup de choses. La frustration vient essentiellement du fait que bon nombre de projets, que nous avons initiés durant ce mandat, n’ont pas encore pu être concrétisés faute de financement. Nous sommes dans une période contrainte au niveau national et régional, il n’y a plus d’argent, la préfecture nous demande d’établir des priorités. J’ai présenté, l’an dernier, dix projets, au final seulement deux ou trois sont financés en fin d’exercice. Avant, on arrivait à concrétiser un projet sur deux exercices, trois au maximum, aujourd’hui, sur un mandat, ça devient de plus en plus compliqué. Comme les projets sont importants, les financements le sont aussi. Aleria n’est pas une commune riche, donc si nous n’avons pas d’aides, il est impensable d’engager des projets qui nécessitent des sommes trop importantes.
- La polémique est vive autour de la maison de santé dont vous avez annoncé la création. Votre adversaire dénonce une annonce électoraliste ? Qu’en est-il ?
- C’est lamentable ! C’est un vieux projet qui a été initié, puis interrompu et qui repart. Je l’ai créé en 2022 parce qu’il y a des carences au niveau de la santé. Je l’ai fait passer à tous les conseillers, dont les opposants. Nous l’avons mis en sommeil quand le groupe SAGEO est venu nous faire la proposition d’une maison de santé privée. Avec Ange Fraticelli, nous avons accepté parce que nous avons pensé que ça pourrait aller plus vite. Il se trouve malheureusement que l’année dernière, SAGEO m’a fait savoir qu’en raison de problèmes dans le groupe, il ne donnerait pas suite. J’ai donc ressorti le projet initié il y a quatre ans et je l’ai retravaillé. Pendant trois mois, d’octobre à décembre, j’ai eu de longs échanges avec l’ARS afin d’implanter un médecin, une à deux fois par mois, sur le territoire de l’Oriente, classé désert médical. Je leur ai dit que je remettais sur la table le projet de santé porté par la commune, qu’avec des médecins, nous allons définir les besoins et que j’inviterai tous les professionnels de santé du territoire à donner leur avis. La question aujourd’hui n’est pas de critiquer, mais de se battre tous ensemble pour réussir à ouvrir cette maison de santé, qui sera un bol d’air frais pour toute la communauté de communes et pour Aléria en particulier.
- Cette maison de santé sera-t-elle votre priorité, si vous êtes élu ?
- Oui, parce que nous devons faire face à une vraie carence, qu’il y a un vrai besoin et qu’il n’y a pas de temps à perdre. Il y a 10 ans, la commune avait cinq médecins, il en reste deux et demi, dont un qui sera à la retraite dans un an et demi, un autre qui n’est là que deux jours par semaine parce qu’il a pris en charge le centre de formation de Bastia et la maison de santé de Moriani. Donc, on peut se retrouver avec un seul médecin d’ici un an ou deux. C’est un vrai problème pour Aléria et ses 3000 habitants et dans tout l’Oriente, qui avec plus de 6000 habitants en hiver dans 22 villages, a une population plutôt âgée. Les deux médecins ne prennent plus aucun patient, les gens sont désespérés, ils sont obligés de partir vers Ghisonaccia ou Moriani pour trouver un médecin. Attenant au projet de maison de santé, il y a le projet d’un centre de néphrologie régional, porté par le docteur Sampol de la Timone, qui gère l’unité de dialyse à Aléria depuis quelques années. Le centre de néphrologie va permettre de mieux gérer les problématiques des reins et de mutualiser avec la maison de santé de façon à ne pas doublonner, mais à travailler ensemble pour améliorer l’offre. Le docteur Houllier, radiologue à Ajaccio, nous aide et va apporter un plus. Le docteur Leschi, ORL et chirurgien facial, va aussi créer une antenne sur Aléria. Nous avons mis tous les atouts de notre côté avec des gens sérieux, compétents, solides pour avancer et régler ce problème. Je pense que c’est la priorité des priorités.
- Quels sont vos autres projets pour la nouvelle mandature ?
- Ce sont des projets que nous avons initiés durant cette mandature et qui n’ont pas été finalisés pour des raisons essentiellement financières. Certains projets sont déjà bien avancés, c’est-à-dire chiffrés, et pour lesquels nous avons, ou uniquement la moitié, ou pas de subvention. Nous sommes dans l’attente de partenaires pour les finaliser. D’autres projets comme la maison de santé sont au démarrage, il faut définir les besoins, faire travailler un architecte et faire les évaluations financières qui nous permettront ensuite d’aller chercher les aides. D’autres projets sont en cours, comme celui de la remise en état de l’ancienne salle de spectacle de la Clé des champs, on va refaire la structure pour ne pas que le bâtiment se détériore. On a les arrêtés attributifs, on va lancer les marchés dès l’élection passée. On réfléchit à trouver des projets qui ne sont pas coûteux pour la commune, notamment en matière de gestion. Pour le projet du parc urbain, un lieu de vie que l’on va créer au centre bourg de Cateraggiu, on a un financement de la région, mais pas de l’État. Le sous-préfet m’a promis un financement au mois de mars dans la nouvelle DETR (Dotation d'équipement des territoires ruraux). Si c’est validé, on passera aux marchés et aux travaux. Nous avons des projets en matière d’école. Nous avons déjà fait une salle de classe, nous avons chiffré la création d’une autre salle. Nous attendons tous les arrêtés pour lancer les marchés. Je pense que ce sera fait dans le courant d’année, parce qu’en général sur les écoles, on n’a pas trop de désillusion, on arrive à financer. Nous devons aussi effectuer des petits travaux d'entretien pour les écoles et la sécurisation du groupe scolaire au niveau de la clôture extérieure pour laquelle on n’a pas encore de financement. Nous avons également un projet ambitieux de signalétique avec l’adressage des rues. Là aussi, nous n’avons pas tous les financements, nous attendons.
- Avez-vous des projets en matière de logements ?
- Nous avons un beau projet de lotissement primo-accédant qui, lui, est finalisé. Les travaux vont démarrer incessamment. Il s’agit de permettre à des jeunes du village d’accéder à des terrains à un prix 50 % moins cher que le marché. Nous avons aussi, avec la région, une étude en cours pour un projet sur l’ancienne voie ferrée. Les 7 kms de voie ferrée, qui appartiennent à la région, posent des problèmes d’entretien, nous allons y travailler ensemble ainsi que sur la jonction d’une voie cyclable et piétonne, une voie douce. Ce sont des projets à finaliser qui, pour le moment, en sont encore au stade de l’idée. Il y a aussi le projet d’extension du cimetière qui est à saturation. La région nous a mis à disposition deux parcelles, nous avons fait les fouilles préventives, nous attendons le feu vert pour créer des concessions. Nous avons aussi le projet d’une voix piétonne dans un hameau pour sécuriser les enfants qui prennent le car le matin. Là aussi, nous attendons des subventions. Tous ces projets ont déjà été discutés et ont fait parfois l’objet de demandes de financement auprès de la région et de l’État qui n’ont pas encore abouti. Nous avons aussi un projet intercommunal d’équipements sportifs, notamment un vestiaire adapté pour le stade d’Aleria que nous gérons directement avec des clubs sportifs, trois courts de tennis et deux terrains de paddle. Ces projets ont été validés en termes de permis de construire, il y a 15 jours. Cela veut dire que l’on peut passer à la phase marchés et que l’on pourra bientôt démarrer les travaux.
- Le site archéologique d’Aleria est le point fort de la commune. Que prévoyez-vous le concernant ?
- J’ai lancé, il y a 3 ans, avec la communauté de communes, le projet de rénovation du hameau d’Aleria, le seul hameau génois de la Plaine orientale. L’idée est de réhabiliter le bâti pour lui redonner du caractère, comme cela s’est fait dans les Cinque Terre, traiter les cheminements, les placettes et toute la partie communale. En parallèle, la région, propriétaire du site, prévoit la création d’un lieu d’accueil du public avec à terme, un musée attenant à l’actuel qui est petit, classé et qu’on ne peut pas toucher. Des projets culturels aussi avec un théâtre de verdure prévu sur le site, une voix cyclable ou cyclo-piétonne entre Cateraggiu et le fort pour que les gens puissent joindre les deux hameaux en se promenant et découvrir les richesses que nous avons au fort. Le projet du fort est un projet de 15 millions d’euros que le président de la région avait souhaité inscrire au PTIC, il semblerait que 11 millions ont effectivement été bloqués, ce qui laisse augurer un démarrage prochain des travaux. Ce projet a pour finalité de mettre Aleria et son site, qui est le site majeur de Corse, à sa juste place. Différentes civilisations du néolithique à nos jours, l’ont occupé. Dans le musée actuel, seulement 20 % des collections sont exposées. Le futur musée attenant nous permettra d’exposer 50 à 60 % des collections et donc d’attirer un public plus nombreux. Aujourd’hui, avec 50 000 visiteurs, nous n’attirons pas grand monde par rapport à certains sites sur le continent, en Italie ou ailleurs qui, avec juste trois cailloux, attirent 100 000 personnes. Avec le potentiel du site, on peut espérer un élargissement de cette fréquentation et tout l’impact économique qui va avec. C’est un projet très important pour la commune.
- Etes-vous confiant ? Pensez-vous gagner ?
- Je suis très confiant. Je n’ai pas d’inquiétude particulière. Je pense que nous gagnerons à nouveau, et surtout, je suis content parce que nous avons une très belle équipe qui est tout à fait disposée à travailler et à faire de belles choses. Je pense que la population d’Aléria en est consciente.
Propos recueillis par Nicole MARI.
- Je suis élu depuis 30 ans aux côtés d’Ange Fraticelli. J’ai dit à l’équipe de la majorité : si vous souhaitez que je m’arrête parce que vous pensez qu’il faut renouveler complètement, je suis prêt à le faire. Si vous souhaitez que je reste pour travailler à préparer une équipe d’avenir, je le ferai. Ils ont choisi cette deuxième option. Et je reste pour ce qui sera sans doute mon dernier mandat. Nous allons travailler pour construire cet avenir avec une équipe renouvelée, solide, compétente et des gens investis.
- C’est-à-dire ? Quel a été le principe de ce renouvellement ? Avec quelles tendances ?
- Nous sommes dix sortants et donc 11 rentrants sur une liste de 21, sachant qu’Aleria compte 19 conseillers. Depuis 30 ans, chaque élection a donné lieu à un renouvellement. Celui-ci est dans la continuité, des gens âgés ont arrêté, il y a eu malheureusement des décès, plus une scission politique. Nous faisons rentrer 11 personnes engagées, de différentes sensibilités. Déjà à l’époque d’Ange Fraticelli, nous avons décidé par principe de ne pas faire de politique dans le village. Nous nous serrons les coudes et nous travaillons dans l’intérêt de tous. Il est évident que la majorité est plutôt libérale, nous ne faisons pas pour autant pression sur les autres et nous respectons les idées de chacun. Ce qui fait que nous pouvons travailler tous ensemble. Ce à quoi je tiens, et je l’ai dit aux plus jeunes : pour parler politique, faites-le au niveau régional ou national, par contre le village est petit, soyez solidaires pour défendre l’intérêt d’Aleria.
- Comment expliquez-vous alors la sécession de votre premier adjoint qui mène une liste concurrente ?
- Ce n’est pas mon premier adjoint, c’est celui de l’époque où Ange Fraticelli était maire. Le problème est simple. On a constaté que cette personne, qui était rentrée sur notre liste en 2020, a commencé, dès l’année suivante, à critiquer dans la rue l’équipe en place, notamment les plus âgés, « les ayatollahs ». Il s’est éloigné de la majorité sans pour autant en tirer les enseignements, c’est-à-dire rendre son mandat d’adjoint et les émoluments qui vont avec. Quand j’ai repris la main, il a été remplacé au poste de premier adjoint par Mme Ramazotti qui s’occupe en plus de la gestion comptable. Nous avons ainsi pu travailler efficacement pour garder les finances communales au meilleur niveau possible.
- Votre adversaire critique votre gestion qui ne serait pas « collective » et veut « repositionner la commune au cœur des enjeux ». Que lui répondez-vous ?
- Quand on ne travaille pas et qu’on passe son temps dans les bars à déblatérer, il est certain qu’on n’a pas beaucoup d’atomes crochus avec quelqu’un qui travaille sur les dossiers, qui monte les projets de A à Z et qui, pour cela, est obligé d’être dans un bureau devant un ordinateur. Ce n’est pas son cas ! Lui se contente de critiquer dans la rue tout ce qui est fait. Par contre dans son journal de campagne, il récupère tous les projets que nous avons montés. Les gens d’Aléria, qui me connaissent depuis 30 ans, savent qui travaille, qui monte les dossiers et qui est efficace. La réalité est que j’ai dû mettre un terme à ces agissements qui n’étaient pas, pour moi, exemplaires. À partir de là, je n’ai pu m’attirer que ses foudres et celles de son équipe. Il parle du volet collectif alors qu’il a pris des décisions sans en parler à personne et que j’ai dû rectifiées. Si quelqu’un n'est pas collectif, c'est lui, ce n'est pas moi. Je n’ai jamais pris une décision sans en référer aux autres.
- Quel bilan dressez-vous de votre mandature ?
- Un bilan plutôt positif. En matière de finances, par exemple, nous avons fait de bons choix. Nos recettes augmentent parce que nous avons privilégié les investissements productifs comme des parcs photovoltaïques ou des loyers. Sur les bases d’un audit de la Cour des comptes, nous avons analysé chaque secteur du fonctionnement de la commune et réussi à maîtriser les dépenses dans pas mal de domaines. Nous avons pu ainsi réaliser beaucoup de choses. La frustration vient essentiellement du fait que bon nombre de projets, que nous avons initiés durant ce mandat, n’ont pas encore pu être concrétisés faute de financement. Nous sommes dans une période contrainte au niveau national et régional, il n’y a plus d’argent, la préfecture nous demande d’établir des priorités. J’ai présenté, l’an dernier, dix projets, au final seulement deux ou trois sont financés en fin d’exercice. Avant, on arrivait à concrétiser un projet sur deux exercices, trois au maximum, aujourd’hui, sur un mandat, ça devient de plus en plus compliqué. Comme les projets sont importants, les financements le sont aussi. Aleria n’est pas une commune riche, donc si nous n’avons pas d’aides, il est impensable d’engager des projets qui nécessitent des sommes trop importantes.
- La polémique est vive autour de la maison de santé dont vous avez annoncé la création. Votre adversaire dénonce une annonce électoraliste ? Qu’en est-il ?
- C’est lamentable ! C’est un vieux projet qui a été initié, puis interrompu et qui repart. Je l’ai créé en 2022 parce qu’il y a des carences au niveau de la santé. Je l’ai fait passer à tous les conseillers, dont les opposants. Nous l’avons mis en sommeil quand le groupe SAGEO est venu nous faire la proposition d’une maison de santé privée. Avec Ange Fraticelli, nous avons accepté parce que nous avons pensé que ça pourrait aller plus vite. Il se trouve malheureusement que l’année dernière, SAGEO m’a fait savoir qu’en raison de problèmes dans le groupe, il ne donnerait pas suite. J’ai donc ressorti le projet initié il y a quatre ans et je l’ai retravaillé. Pendant trois mois, d’octobre à décembre, j’ai eu de longs échanges avec l’ARS afin d’implanter un médecin, une à deux fois par mois, sur le territoire de l’Oriente, classé désert médical. Je leur ai dit que je remettais sur la table le projet de santé porté par la commune, qu’avec des médecins, nous allons définir les besoins et que j’inviterai tous les professionnels de santé du territoire à donner leur avis. La question aujourd’hui n’est pas de critiquer, mais de se battre tous ensemble pour réussir à ouvrir cette maison de santé, qui sera un bol d’air frais pour toute la communauté de communes et pour Aléria en particulier.
- Cette maison de santé sera-t-elle votre priorité, si vous êtes élu ?
- Oui, parce que nous devons faire face à une vraie carence, qu’il y a un vrai besoin et qu’il n’y a pas de temps à perdre. Il y a 10 ans, la commune avait cinq médecins, il en reste deux et demi, dont un qui sera à la retraite dans un an et demi, un autre qui n’est là que deux jours par semaine parce qu’il a pris en charge le centre de formation de Bastia et la maison de santé de Moriani. Donc, on peut se retrouver avec un seul médecin d’ici un an ou deux. C’est un vrai problème pour Aléria et ses 3000 habitants et dans tout l’Oriente, qui avec plus de 6000 habitants en hiver dans 22 villages, a une population plutôt âgée. Les deux médecins ne prennent plus aucun patient, les gens sont désespérés, ils sont obligés de partir vers Ghisonaccia ou Moriani pour trouver un médecin. Attenant au projet de maison de santé, il y a le projet d’un centre de néphrologie régional, porté par le docteur Sampol de la Timone, qui gère l’unité de dialyse à Aléria depuis quelques années. Le centre de néphrologie va permettre de mieux gérer les problématiques des reins et de mutualiser avec la maison de santé de façon à ne pas doublonner, mais à travailler ensemble pour améliorer l’offre. Le docteur Houllier, radiologue à Ajaccio, nous aide et va apporter un plus. Le docteur Leschi, ORL et chirurgien facial, va aussi créer une antenne sur Aléria. Nous avons mis tous les atouts de notre côté avec des gens sérieux, compétents, solides pour avancer et régler ce problème. Je pense que c’est la priorité des priorités.
- Quels sont vos autres projets pour la nouvelle mandature ?
- Ce sont des projets que nous avons initiés durant cette mandature et qui n’ont pas été finalisés pour des raisons essentiellement financières. Certains projets sont déjà bien avancés, c’est-à-dire chiffrés, et pour lesquels nous avons, ou uniquement la moitié, ou pas de subvention. Nous sommes dans l’attente de partenaires pour les finaliser. D’autres projets comme la maison de santé sont au démarrage, il faut définir les besoins, faire travailler un architecte et faire les évaluations financières qui nous permettront ensuite d’aller chercher les aides. D’autres projets sont en cours, comme celui de la remise en état de l’ancienne salle de spectacle de la Clé des champs, on va refaire la structure pour ne pas que le bâtiment se détériore. On a les arrêtés attributifs, on va lancer les marchés dès l’élection passée. On réfléchit à trouver des projets qui ne sont pas coûteux pour la commune, notamment en matière de gestion. Pour le projet du parc urbain, un lieu de vie que l’on va créer au centre bourg de Cateraggiu, on a un financement de la région, mais pas de l’État. Le sous-préfet m’a promis un financement au mois de mars dans la nouvelle DETR (Dotation d'équipement des territoires ruraux). Si c’est validé, on passera aux marchés et aux travaux. Nous avons des projets en matière d’école. Nous avons déjà fait une salle de classe, nous avons chiffré la création d’une autre salle. Nous attendons tous les arrêtés pour lancer les marchés. Je pense que ce sera fait dans le courant d’année, parce qu’en général sur les écoles, on n’a pas trop de désillusion, on arrive à financer. Nous devons aussi effectuer des petits travaux d'entretien pour les écoles et la sécurisation du groupe scolaire au niveau de la clôture extérieure pour laquelle on n’a pas encore de financement. Nous avons également un projet ambitieux de signalétique avec l’adressage des rues. Là aussi, nous n’avons pas tous les financements, nous attendons.
- Avez-vous des projets en matière de logements ?
- Nous avons un beau projet de lotissement primo-accédant qui, lui, est finalisé. Les travaux vont démarrer incessamment. Il s’agit de permettre à des jeunes du village d’accéder à des terrains à un prix 50 % moins cher que le marché. Nous avons aussi, avec la région, une étude en cours pour un projet sur l’ancienne voie ferrée. Les 7 kms de voie ferrée, qui appartiennent à la région, posent des problèmes d’entretien, nous allons y travailler ensemble ainsi que sur la jonction d’une voie cyclable et piétonne, une voie douce. Ce sont des projets à finaliser qui, pour le moment, en sont encore au stade de l’idée. Il y a aussi le projet d’extension du cimetière qui est à saturation. La région nous a mis à disposition deux parcelles, nous avons fait les fouilles préventives, nous attendons le feu vert pour créer des concessions. Nous avons aussi le projet d’une voix piétonne dans un hameau pour sécuriser les enfants qui prennent le car le matin. Là aussi, nous attendons des subventions. Tous ces projets ont déjà été discutés et ont fait parfois l’objet de demandes de financement auprès de la région et de l’État qui n’ont pas encore abouti. Nous avons aussi un projet intercommunal d’équipements sportifs, notamment un vestiaire adapté pour le stade d’Aleria que nous gérons directement avec des clubs sportifs, trois courts de tennis et deux terrains de paddle. Ces projets ont été validés en termes de permis de construire, il y a 15 jours. Cela veut dire que l’on peut passer à la phase marchés et que l’on pourra bientôt démarrer les travaux.
- Le site archéologique d’Aleria est le point fort de la commune. Que prévoyez-vous le concernant ?
- J’ai lancé, il y a 3 ans, avec la communauté de communes, le projet de rénovation du hameau d’Aleria, le seul hameau génois de la Plaine orientale. L’idée est de réhabiliter le bâti pour lui redonner du caractère, comme cela s’est fait dans les Cinque Terre, traiter les cheminements, les placettes et toute la partie communale. En parallèle, la région, propriétaire du site, prévoit la création d’un lieu d’accueil du public avec à terme, un musée attenant à l’actuel qui est petit, classé et qu’on ne peut pas toucher. Des projets culturels aussi avec un théâtre de verdure prévu sur le site, une voix cyclable ou cyclo-piétonne entre Cateraggiu et le fort pour que les gens puissent joindre les deux hameaux en se promenant et découvrir les richesses que nous avons au fort. Le projet du fort est un projet de 15 millions d’euros que le président de la région avait souhaité inscrire au PTIC, il semblerait que 11 millions ont effectivement été bloqués, ce qui laisse augurer un démarrage prochain des travaux. Ce projet a pour finalité de mettre Aleria et son site, qui est le site majeur de Corse, à sa juste place. Différentes civilisations du néolithique à nos jours, l’ont occupé. Dans le musée actuel, seulement 20 % des collections sont exposées. Le futur musée attenant nous permettra d’exposer 50 à 60 % des collections et donc d’attirer un public plus nombreux. Aujourd’hui, avec 50 000 visiteurs, nous n’attirons pas grand monde par rapport à certains sites sur le continent, en Italie ou ailleurs qui, avec juste trois cailloux, attirent 100 000 personnes. Avec le potentiel du site, on peut espérer un élargissement de cette fréquentation et tout l’impact économique qui va avec. C’est un projet très important pour la commune.
- Etes-vous confiant ? Pensez-vous gagner ?
- Je suis très confiant. Je n’ai pas d’inquiétude particulière. Je pense que nous gagnerons à nouveau, et surtout, je suis content parce que nous avons une très belle équipe qui est tout à fait disposée à travailler et à faire de belles choses. Je pense que la population d’Aléria en est consciente.
Propos recueillis par Nicole MARI.
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