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Municipales. Aiacciu Vivu veut « faire tomber la dernière citadelle »


le Jeudi 19 Mars 2026 à 23:49

À trois jours du second tour, la liste Aiacciu Vivu veut croire à un basculement historique. Portés par une forte mobilisation lors de son meeting d’entre-deux-tours, ce jeudi soir au Palais des Congrès, Jean-Paul Carrolaggi et ses co-listiers ont revendiqué une dynamique inédite et se sont posés en alternative directe à la majorité sortante, en appelant au rassemblement des électorats nationalistes. Et même au-delà.



(Photos : Paule Santoni)
(Photos : Paule Santoni)
« On nous avait promis l'échec et nous avons rassemblé le mouvement national et redonné la confiance. On nous promettait une troisième place, loin derrière, et nous sommes aujourd'hui second, à portée d'une victoire historique ». À 3 jours du deuxième tour des élections municipales, Luc Bernadini, 5e sur la liste Aiacciu Vivu, insiste sur le caractère inédit du scrutin de dimanche. « Un an de discussions de remises en question, de préparation de notre démarche et aujourd’hui nous y sommes : pour la première fois, le mouvement national est en position de gagner à Ajaccio », scande-t-il devant l’auditorium archi-comble du Palais des Congrès d’Ajaccio ce jeudi soir pour le meeting d’entre deux tours de la liste conduite par Jean-Paul Carrolaggi. 
 
Pour l’occasion, ce sont en effet encore plus de 700 personnes qui se sont déplacées, parmis lesquelles la présidente de l’Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, plusieurs membres de l’Exécutif de Corse, mais aussi Emmanuelle Dominici et Jean-François Luciani - candidats aux législatives de 2024 qui avaient respectivement représentés Core in Fronte et le PNC-Avanzemu -, ou encore la conseillère territoriale de Nazione, Josepha Giacometti-Pieredda. 
 

Alors que l’intégralité des co-listiers montent sur scène sous une nuée de bandere, le meeting prend des allures de démonstration de force, à quelques mètres seulement de celui du camp adverse qui se joue dans le hall du bâtiment. Et envers qui de nombreuses flèches sont décochées. « Où êtes-vous M. Sbraggia depuis 12 ans alors que la ville flambe sous la spéculation ? Où êtes-vous pour aider les commerçants ? Pour aider les jeunes à se loger ? Vous n’êtes jamais là ! », fustige Romain Colonna, le 3e de la liste.  « Si cette équipe venait à exercer encore pendant six années des responsabilités, vous auriez en face de vous l'immobilisme pendant six ans, vous auriez en face de vous le népotisme pendant six ans, vous auriez en face de vous la gabegie financière encore pendant six ans, et de cela nous n'en voulons plus », avertit-il en promettant en parallèle : « Si nous sommes élus, nous prenons l'engagement avec la liste de revenir partout dès lundi avec une délibération sur le statut de résident à Ajaccio. Nous prenons l'engagement avec la liste de revenir partout dès lundi avec une délibération qui aura pour titre soutien et développement pour le petit commerce en centre-ville. Nous prenons enfin l'engagement parmi tant d'autres de revenir vers vous lundi avec un projet de délibération pour lancer une étude pour le projet de démantèlement du téléphérique »

« Nous sommes la seule alternative sérieuse à la majorité sortante »
 
Derrière lui, Julia Tiberi, la 2e de la liste, rappelle que le programme défendu par Aiacciu Vivu démontre que « les préoccupations en matière d'égalité et de justice sociale sont au cœur du projet » que porte l’union nationaliste avec notamment un accent mis sur la mobilité, le logement, le pouvoir d'achat, la revitalisation du centre-ville, ou encore sur les quartiers, la défense de plus fragiles, ou l'avenir de notre jeunesse. Une ligne qui a su séduire quelques 6169 électeurs au premier tour. « Ces résultats confirment ce que nous martelons depuis l'entame de cette campagne : nous sommes la seule alternative sérieuse à la majorité sortante. Les résultats de dimanche sont également venus confirmer ce que nous ressentons chaque jour sur le terrain : le rejet de l’équipe sortante de son bilan, de son projet, de son attitude et de son mode de gouvernance. Ces résultats sont enfin venus confirmer que nous sommes en mesure de remporter cette élection dimanche soir et de renverser le système », enchaine l’ex-bâtonnière en appuyant : « Il reste quelques heures pour convaincre que si la première ville de Corse bascule, les tenants de l'immobilisme, les tenants de la préférence continentale, des avantages, des petits arrangements entre copains devront rentrer chez euxEt alors là, vous aurez fait tomber la dernière citadelle, pour la rendre encore plus belle, pour la rendre à tous les Ajacciens, à tous les habitants du pays Ajaccien, et à tous les Corses ».
 
Dans la foulée, elle salue le « courage politique » de Charlotte Cesari – souligné à plusieurs reprises par les différents orateurs - , qui conduisait la liste d’union de gauche « A Voci di u Populu » et qui a choisi de se retirer de cette démarche quelques heures après le 1er tour, alors que les mouvements qui composaient cette union affichaient des « divergences profondes » quant à la stratégie à adopter pour le second tour. « En politique, il faut savoir reconnaître les gestes qui honorent le débat public, même lorsque les parcours sont différents. Elle a dénoncé l'absence de volonté de dialogue avec les forces nationalistes. Elle a dénoncé le choix des chefs de file jacobins qui préfèrent ouvrir la voie à la majorité sortante en refusant de nous rejoindre. Les propos tenus par certains de ces chefs de file et les positions défendues ne sont pas seulement anti-nationalistes, ils sont anti-Corse, et c'est en cela qu'ils sont intolérables », regrette Julia Tiberi.
 

Unir les forces
 
Elle adresse également un message aux électeurs de la liste Stintu Aiaccinu, conduite par Pascal Zagnoli : « Il m'est impossible d'imaginer que vous ferez le choix de l'équipe sortante, tenante d'un système clientéliste et archaïque, dénoncé historiquement par le mouvement national. Quels que soient les problèmes, quels que soient les disputes, les divergences ou les différences de stratégie, un nationaliste ne peut voter que nationaliste ». Jean-Paul Carrolaggi enfoncera le clou. « Dimanche prochain, ce n'est pas le tour de chauffe des élections territoriales qui arriveront en leur temps. Nous sommes tous Ajacciens et nous ne prenons nos directives ni à Paris, ni à Bastia. Dimanche prochain, c'est bel et bien l'avenir d'Ajaccio, l'avenir de notre ville qui se joue ». Selon le médecin généraliste, « de très nombreux militants ou soutiens » de cette liste ont d’ailleurs « déjà assuré de leur volonté de voter » pour Aiacciu Vivu au 2e tour. Il en appelle en outre à « tous les nationalistes et tous les patriotes » : « Quelles que soient les différences ou même les différends, vous ne porterez pas sur votre conscience le poids de la défaite »
 
Plus surprenant, la tête de liste d’Aiacciu Vivu se tourne également vers électeurs qui au premier tour ont opté pour la liste du Rassemblement National conduite par François Filoni. « Je n'ai pas besoin ici de rappeler le fossé idéologique et politique qui nous sépare du Rassemblement National. Je sais en revanche que beaucoup de ces électeurs ne sont pas de jeunes dangereux extrémistes. La plupart d'entre eux, principalement des quartiers populaires, sont confrontés quotidiennement aux mêmes problèmes que les autres : la précarité, la cherté des loyers, le manque de transports en commun, le trafic de drogue, l'insécurité, la montée du communautarisme », précise le candidat, « Ils font partie de ce peuple d'Ajaccio qui souffre par-dessus tout de l'immense mépris de la majorité sortante, qui ne se souvient de lui qu'au moment des élections. Ces Ajacciens exclus de l'affairisme triomphant, enfermés dans leur quartier et qui vont passer au-dessus de leur tête un téléphérique qui leur est parfaitement inutile. Nous comprenons leur colère et refusons de les stigmatiser ».
 
« Nous ne laisserons pas voler cette élection »
 
Jean-Paul Carrolaggi tient par ailleurs à dénoncer ce qu’il estime être des « magouilles » de la majorité sortante. « Comment ne pas s'étonner par exemple qu’Aiacciu Vivu arrive en dernière position avec 31 voix dans le deuxième bureau, présidé comme par hasard par le premier adjoint, alors que le scrutin nous place en première ou deuxième position dans tous les autres bureaux de la ville, y compris dans les deux bureaux de la résidence des îles. Je ne sais pas encore comment ils ont fait, mais ils l'ont fait ! Je vous le dis haut et fort, nous ne laisserons pas voler cette élection », martèle-t-il en soutenant que les « atteintes à la démocratie ne commencent pas le jour du scrutin ». « Elles prennent la forme de procurations extorquées à des familles, auxquelles on fait miroiter un logement HLM ou l'effacement d'une dette. Ce sont aussi les votes échangés contre la promesse d'un recrutement à la ville ou à la CAPA. Sans parler du véritable harcèlement téléphonique que subissent les employés municipaux pour participer au meeting du maire candidat, et bien entendu, déposer leur butin Sbraggia dans l'urne », grince-t-il. 
 
Mais il en revient rapidement aux enjeux de ce scrutin « historique » pour la cité impériale. « Nous devons absolument saisir une occasion qui ne se représentera peut-être plus. Dimanche 22 mars doit rester dans les mémoires comme la date qui a vu la victoire des nationalistes et des forces de progrès dans les trois principales élections », scande-t-il avant de conclure : « Nous avons fait taire les sceptiques, ceux qui il y a encore quelques mois doutaient de notre démarche et de la force de notre union, ceux qui pensaient que les résultats du sondage étaient bidonnés. Dimanche prochain, nous allons définitivement démontrer que nous avions raison ».