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Mobilisation lycéenne : en Corse, les élèves se mobilisent et appellent au calme


Jeanne Soury avec Paule Santoni à Ajaccio et Léana Serve à Bastia le Mardi 6 Octobre 2026 à 11:20

Pancartes accrochées aux grilles, entrées filtrées et salles de classe désertées : plusieurs lycées corses sont perturbés ce mardi 6 octobre dans le cadre de la mobilisation nationale. À Ajaccio comme à Bastia, les élèves dénoncent leurs conditions d’études et Parcoursup, tout en revendiquant une mobilisation pacifique.



Devant le lycée Laetitia-Bonaparte, à Ajaccio, les pancartes sont accrochées aux grilles pour dénoncer les conditions de travail des lycéens (©Paule Santoni)
Devant le lycée Laetitia-Bonaparte, à Ajaccio, les pancartes sont accrochées aux grilles pour dénoncer les conditions de travail des lycéens (©Paule Santoni)
« Pinseti à a ghjuventù », « U nostr’avvene, a nostra lotta ». Devant le lycée Laetitia-Bonaparte, à Ajaccio, les pancartes sont accrochées aux grilles. Quelques élèves se sont rassemblés à l’entrée de l’établissement, partiellement bloqué ce mardi matin. Ici, la mobilisation part aussi de préoccupations très concrètes : la chaleur dans les salles et l’état des infrastructures.

« On représente les lycéens de Laetitia. Aujourd’hui, on est là par rapport à la chaleur et aux conditions de travail, pour avoir des aides par rapport aux infrastructures », explique Jean. Une réunion s’est tenue lundi avec deux représentants de la Collectivité de Corse. Des premières réponses ont été apportées, notamment autour de l’installation de brasseurs d’air. « On a eu des réponses positives hier. Là, on manifeste par solidarité avec les autres établissements », poursuit-il.

À quelques kilomètres de là, au lycée Fesch, une cinquantaine de jeunes occupaient également l’entrée ce mardi matin. Certains sont assis, d’autres jouent aux cartes ou de la guitare. L’ambiance est calme, presque bon enfant. « Aujourd’hui, on fait un blocus totalement pacifique, il n’y a pas de violence. On n’est pas là pour tout casser », insiste Julien.

Le mouvement  s’étend ce mardi à plusieurs établissements de l’île (©Léana Serve)
Le mouvement s’étend ce mardi à plusieurs établissements de l’île (©Léana Serve)
Des revendications qui dépassent les murs des lycées

Derrière cette mobilisation, les élèves évoquent des difficultés qui ne se limitent pas à un établissement. Au Fesch, Julien parle de bâtiments à rénover, de problèmes de chauffage et d’infiltrations d’eau. À Giocante, à Bastia, Canelle, élève de première, insiste également sur l’état des locaux, le manque de présence de certains professionnels et surtout la pression liée à Parcoursup. « On a plusieurs revendications. Déjà la suppression de Parcoursup car c’est une dose de stress tellement énorme. On n’a pas le droit à l’erreur », explique-t-elle. Elle dénonce aussi la charge de travail imposée à certains élèves : « On demande juste des conditions de travail vivables, respectueuses de notre bien-être et de notre condition physique en tant qu’adolescent. »

Le mouvement s’étend ce mardi à plusieurs établissements de l’île. À Ajaccio, le lycée professionnel Jules-Antonini est partiellement bloqué. La cité scolaire Georges-Clemenceau est concernée à Sartène. En Haute-Corse, les établissements Giocante de Casabianca et Montesoro sont également partiellement bloqués, tandis que la cité scolaire du Fium’Orbu est bloquée.

Au lycée Fesch, une cinquantaine de jeunes occupaient également l’entrée ce mardi matin (©Paule Santoni)
Au lycée Fesch, une cinquantaine de jeunes occupaient également l’entrée ce mardi matin (©Paule Santoni)
« On reste dans un cadre pacifiste »

Une volonté de calme d’autant plus affirmée que la mobilisation nationale connaît depuis plusieurs jours des épisodes de tension. Selon l’AFP, 215 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, l’immense majorité dans des accidents ou après l’intervention de personnes extérieures, selon Matignon. Lundi, un lycéen de 15 ans a notamment perdu une main à Lens après l’explosion d’une grenade. À Tours, un adolescent de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage.

Des images et des incidents dont les élèves corses disent vouloir se démarquer. « On ne s’associe à aucune dégradation qui a été faite ou qui va être faite en France ou ici. On reste dans un cadre pacifiste car pour nous, ça sert à rien d’aller casser, d’aller sur les CRS », affirme Jean.

À Bastia, un cortège d’une trentaine de personnes de la CGT était attendu devant la préfecture, mais n’était pas encore arrivé en fin de matinée. Sur place, la pluie s’abattait fortement sur la ville. Un autre rassemblement est prévu à 13 heures devant la préfecture.