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Michel Stefani : « C’est un choix, clairement à gauche, que nous proposons avec notre liste »


Nicole Mari le Dimanche 30 Mai 2021 à 11:01

Retrouver une place dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse, perdue en 2017, pour défendre la voix de la gauche et faire reculer les idées libérales et d’extrême-droite, c’est, pour le Parti communiste français (PCF), tout l’enjeu de l’élection territoriale des 20 et 27 juin. Avec sa liste « Campà megliu in Corsica, Vivre mieux en Corse », le PCF revendique la clarté et la cohérence de son combat pour la lutte contre les inégalités et une juste répartition de la richesse produite dans l’île. Son chef de file, Michel Stefani, Secrétaire régional du PCF, lance un appel au rassemblement des électeurs de gauche et aux progressistes afin de réussir à passer la barre des 7% au 1er tour et, ainsi, reconstruire sur une base nouvelle, une gauche forte en Corse.



Michel Stefani, Secrétaire régional du PCF, chef de file de la liste communiste « Campà megliu in Corsica, Vivre mieux en Corse » aux élections territoriales des 20 et 27 juin.
Michel Stefani, Secrétaire régional du PCF, chef de file de la liste communiste « Campà megliu in Corsica, Vivre mieux en Corse » aux élections territoriales des 20 et 27 juin.
- Les Communistes partent seuls dans cette élection, sans la France Insoumise, ni Inseme a Manca de Jacques Casamarta. Pourquoi n’avez-vous pas réussi à faire l’union comme en 2017 ?
- Nous regrettons cette absence de rassemblement avec nos partenaires de 2017, mais elle n’est pas de notre fait. Nos efforts pour parvenir à un accord avec Inseme a Manca n’ont pas abouti. Après plusieurs réunions, plutôt positives, on nous a écrit, le 10 avril, que « les conditions n’étaient pas réunies » pour faire liste commune. Il nous a bien fallu en prendre acte. Les Insoumis, pour ce qui les concerne, n’ont pas souhaité nous rencontrer. En réalité, depuis la cabale de Mélenchon, en 2017, contre la liste d’union et ses représentants en Corse, la situation a été bouleversée. Avec les Socialistes, en 2020, nous avons confirmé à Ajaccio et Sartène des accords municipaux qui remontent loin. Nos listes d’union ont obtenu quatre élus : un à Ajaccio et trois à Sartène. A Bastia, la situation était tout autre. Depuis 2014, le PS est allié avec les Nationalistes et la Droite. D’où les difficultés aux territoriales... Nous ne nous résignons pas à ces divisions. Et, d’ailleurs, nous ne partons pas seuls à ces territoriales. Depuis que toutes les listes sont connues, nous recevons les soutiens de nombreuses personnes qui, sans être communistes, sont satisfaites de notre présence pour rassembler à Gauche et faire en sorte que la sensibilité antilibérale retourne à l’Assemblée de Corse.

- Vous dites être « la seule vraie liste de gauche », mais il y a la liste de Jean-Charles Orsucci et celle de EELV qui s’affichent, elles aussi, de Gauche, sociales et écologiques. Comment vous démarquez ?
- Les listes que vous citez comptent des candidates et des candidats de Gauche. C’est incontestable et nous les respectons. Cela étant, plus personne n’affirme que le gouvernement de Macron, le président des riches, fait une politique de gauche. Or la liste conduite par Jean Charles Orsucci est bien celle du gouvernement ! De son coté, Leslie Pellegri avait indiqué que la liste EELV se situerait entre la liste Macron et la nôtre. Sauf qu’entre-temps, la tête de liste a été confiée à Agnès Simonpietri qui siégeait dans l’Exécutif aux côtés de Gille Simeoni au titre d’un partenariat avec Femu a Corsica. Or, la Gauche ne peut être entendue par tous les siens que si elle reste, clairement, dans le camp du progrès social. Dans ces conditions, beaucoup nous reconnaissent le mérite de la cohérence et de la constance.

- Votre liste s’intitule « Campà megliu in Corsica, Vivre mieux en Corse ». C’est tout un programme ?
- Cet intitulé de liste renvoie à ce que nous entendons très souvent « Un si ne po piu ! - on n’en peut plus ! ». C’est une protestation qui nous parle ! En définitive, la meilleure façon, d’aborder cette élection, c’était, pour nous, d’écouter cette expression qui vient du peuple, et de la relayer sur le terrain politique, le lieu où elle doit trouver des éléments concrets de réponse. « Campà megliu in Corsica, Vivre mieux en Corse » colle d’autant plus à l’actualité qu’avec la crise sanitaire, les inégalités explosent, en Corse comme ailleurs.

La liste communiste.
La liste communiste.
- Quel est, pour vous, l’enjeu de cette élection ?
- La lutte contre les inégalités et le combat pour une juste répartition de la richesse produite en Corse. La dernière étude de l’INSEE dresse un constat qui appelle des réponses à la hauteur des difficultés que des milliers de ménages populaires dans toute l’île connaissent : cherté de la vie, pénurie de logements sociaux, bas salaires, précarité de l’emploi... La Collectivité de Corse aurait dû, plus encore en cette période de crise sanitaire, dresser un bouclier social en faveur des plus modestes. Au lieu de cela, c’est autour des intérêts des grands patrons corses, que le maintien du statuquo antisocial a été voté par l’Assemblée de Corse. Tous les élus ont approuvé le Pacte de relance de l’Exécutif.

- Quels sont concrètement les axes majeurs de ce programme, les thèmes sur lesquels vous faites campagne ?
- Les politiques libérales ont des conséquences lourdes. Le pouvoir d’achat et l’emploi se dégradent. Les services publics reculent, les hôpitaux sont malmenés. Les prix des billets de transport maritime sont excessifs. Le logement est maintenu sous la pression spéculative, quand un ménage sur deux en Corse ne possède rien. Des sujets importants perdurent sans solution : cherté des carburants, coût de la vie, pénurie du logement social, emploi, déchets et du coup, matraquage fiscal, protection du littoral et de la nature, spéculation foncière, artificialisation des espaces en bord de mer, protection des terres de culture et d’élevage….

- Quelle est pour vous la priorité immédiate, le dossier le plus urgent à traiter pour la nouvelle mandature ?
- Outre l’urgence sociale, l’absence de planification stratégique impacte l’aménagement du territoire. Cela se voit avec les projets de prolongement des Chemins de fer de la Corse en Plaine Orientale, du nouveau port de Bastia, de la réalisation de la centrale électrique du grand Ajaccio... Et c’est la dépendance à la mono-activité du tourisme qui conduit à vouloir, par exemple, doubler la capacité de l’aéroport de Figari. Les questions climatiques, environnementales et sociétales ne sont pas traitées à la hauteur des enjeux de ce siècle. La perte du label européen d’Espace protégé de la réserve de Scandola illustre, d’une part, la situation. D’autre part, les sujets sociétaux comme les violences, les harcèlements, les agressions sexuelles, les féminicides, les discriminations et le racisme appellent plus d’attention, comme y invite le courageux mouvement « IwasCorsica ». Enfin, la politique culturelle, l’aide à la jeune création, à la diffusion des connaissances et des œuvres, devrait donner à voir plus d’ouverture au monde et de pluralité culturelle…

- Justement, vous avez écrit une tribune dans l’Humanité favorable à loi Molac. Que pensez-vous de la décision du Conseil constitutionnel ?
 - Les manœuvres du gouvernement et les gesticulations du Président de la République sont pitoyables ! Comme on pouvait s’y attendre, le Conseil constitutionnel s’est autosaisi pour invalider deux des articles de cette loi en faveur de l’enseignement des langues régionales. Cette décision, si elle confirme la création du forfait scolaire payé par les communes pour les écoles privées dispensant cet enseignement, s’oppose à l’enseignement immersif et à l’utilisation de signes diacritiques dans les actes de l’état civil. Elle peut, dans ces conditions, faire obstacle à ce qui est en pratique, notamment chez nous, dans le cadre public. Il faut, donc, veiller ici à ce que la décision du Conseil constitutionnel ne se traduise pas par une remise en cause de ce qui se fait déjà.

- Tous les candidats affirment vouloir régler les problèmes quotidiens des Corses. Comment comptez-vous y arriver ?
- Pour notre part, nous réclamons le juste partage de la richesse. En 20 ans, la richesse produite par habitant a progressé de 70 %, mais les inégalités n’ont fait que se creuser. Une infime minorité s’est enrichie. Le rapport de l’Autorité de la concurrence a montré qu’une captation de la solidarité nationale s’opérait au détriment des consommateurs et des automobilistes. Sans contrôle, les prix des produits de consommation courante, comme les carburants, ne baisseront pas. La réfaction de TVA continuera d’être détournée pour augmenter les marges des distributeurs. Il s’agit bien d’un système qui, au-delà de l’interaction avec la représentation territoriale, domine l’économie à travers le Consortium des patrons corses, le groupe Rubis ou encore la Corsica Ferries. Le démantèlement de ce système, c’est l’orientation qu’il faut prendre et que nous préconisons, alors que Bruno Lemaire et le gouvernement Macron viennent encore de refuser de mettre en œuvre les dispositions qui permettraient de stopper ces détournements de réfaction de TVA pour rendre du pouvoir d’achat aux ménages.

- Comment comptez-vous convaincre dans un contexte où la Gauche, tant sur le continent que dans l’île, se rétrécit scrutin après scrutin ?
- Contrairement à une idée reçue, la Gauche, dans sa diversité, est bien vivante, même si l’on n’entend plus la parole de Gauche à l’Assemblée de Corse. Laissons donc nos concitoyens s’exprimer selon leur conscience et leurs convictions et « Forza a manca ! ». C’est un choix, clairement à Gauche, que nous leur proposons avec notre liste. Ce vote, dès le 1er tour, leur permettra de retrouver des porte-paroles fiables pour faire entendre leurs combats, leurs espoirs et faire reculer les idées d’extrême-droite.
 
- En 2017, pour la 1ère fois, les Communistes n’ont pas été représentés au sein de l’Assemblée de Corse. Avec cette liste renouvelée, espérez-vous obtenir une revanche ?
- Une revanche non ! Notre liste est riche de personnalités diverses, actives dans le domaine syndical ou associatif, et pleinement inscrites dans les batailles de notre temps : sociales, écologistes, féministes, porteuses d’espoir. Elle peut rassembler très largement parce qu’elle ressemble aux combats démocratiques de cette Gauche qui ne pactise pas avec l’ultra-libéralisme. C’est en ce sens que nous lançons un appel à toutes les femmes et à tous les hommes de Gauche, aux progressistes, parce qu’en définitive, cela dépendra de leur vote.


- En 2017, vous aviez passé la barre des 5%, mais vous n’avez pas pu fusionner avec une autre liste. Le scénario ne risque-t-il pas de se répéter encore une fois ?
- Cela dépendra de la force que les électrices et les électeurs, en particulier ceux de Gauche, nous donneront au soir du 1er tour. S’ils nous font franchir la barre des 7 %, ils donneront un signal positif pour toute la Gauche, car, au-delà de la présence indispensable d’élus fiables et combatifs sur les bancs de l’Assemblée de Corse, cela fera grandir l’espoir et la confiance pour reconstruire sur une base nouvelle de transformation sociale, une Gauche forte en Corse.
 
Propos recueillis par N.M.
 


















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