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Michel Rossi : « Le camp des forces progressistes doit s’unir autour de valeurs et de projets communs »


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 9 Mars 2015 à 21:22 | Modifié le Mardi 10 Mars 2015 - 02:34


Le nouveau canton de Bastia 1, qui regroupe Ville-di-Pietrabugno et le Nord de Bastia, devrait, sans surprise, lors des élections départementales des 22 et 29 mars, finir de sonner le glas de la citadelle Zuccarelliste. Malgré quatre autres binômes en lice, l’alliance de Michel Rossi, maire libéral de Ville-di-Pietrabugno, et de Vanina Le Bomin, militante d’Inseme per Bastia, proche du maire de Bastia, Gilles Simeoni, devrait remporter ce bastion emblématique de l’ancienne municipalité, détenu depuis plus de 30 ans par Henri Zuccarelli. En surfant sur la victoire aux Municipales, elle permettra aux Nationalistes de siéger pour la 1ère fois dans l’instance départementale de la Haute-Corse. Michel Rossi et Vanina Le Bomin expliquent, conjointement à Corse Net Infos, que leur binôme est fondé sur un choix politique autour d’une éthique commune et des projets partagés.


Michel Rossi, maire de Ville-di-Pietrabugno, et Vannina Le Bomin, militante d'Inseme per a Corsica, candidats dans le canton de Bastia I lors des élections départementales du 22 au 29 mars prochains.
Michel Rossi, maire de Ville-di-Pietrabugno, et Vannina Le Bomin, militante d'Inseme per a Corsica, candidats dans le canton de Bastia I lors des élections départementales du 22 au 29 mars prochains.
- Qu’est-ce qui a motivé ce 1er engagement dans un combat départemental ?
- Ma décision a été motivée par les changements intervenus d’un point de vue géographique. Le canton originel de San Martino-di-Lota a laissé place à un aire plus naturelle puisque le territoire de Ville-di-Pietrabugno descend jusqu’aux bords de l’Annonciade. Le fait d’intégrer dans ce canton toute l’avenue Zuccarelli, l’avenue Sébastiani et le Nouveau Port donne une unité géographique qui a des caractéristiques urbaines et rurales très intéressantes. Le maire de Ville-di-Pietrabugno se devait de participer à cette élection, ne serait-ce que pour représenter son territoire ! Avec Bastia, nous avons établi des passerelles, des moments et des sujets de travail communs. Nous sommes, d’ores et déjà, en situation d’aborder, au niveau d’un canton, des questions d’ordre communal.
 
- Vous êtes plutôt à droite, votre binôme est nationaliste. Comment envisagez-vous cette aliance ?
- Sur un plan politique, j’appartiens au camp libéral. Mais, par le passé, nous avons pu démontrer, aussi bien moi-même que mon prédécesseur, Jean Baggioni, notre capacité à surmonter les différences et à appuyer des gens qui partagent des principes d’éthique, de transparence, d’équité, d’honnêteté... Tout ce qui fait que la démocratie pourrait mieux fonctionner qu’elle ne l’a fait jusqu’à présent ! Nous allons forcément innover ! Le Conseil général est une institution qui traite principalement des questions sociales, de transport, quelques questions culturelles… Nous aurons vraisemblablement des séances de concertation et de travail sur des sujets précis.
 
- Prolonger sur le département l’alliance municipale bastiaise, est-ce un autre choix politique fort pour la famille libérale ?
- C’est un choix politique ! Quand on est aux affaires, on doit prendre ses responsabilités ! Nous nous donnons la main avec des gens qui, aujourd’hui, ont, d’une part, la capacité d’intervenir sur le territoire de Bastia et ont, d’autre part, des idées que nous pouvons partager, notamment en termes de simplification des institutions, d’avancées. Je ne suis pas du tout hostile à la collectivité unique que je défends depuis bien longtemps. Le débat sur la programmation de la disparition des Conseils généraux est dans l’air, mais nous ne pouvons en préjuger.
 
- L’alliance municipale se retrouve dans les 4 cantons de Bastia. Quel est l’enjeu ?
- Je constate que nos concurrents sont plus fixés sur des thématiques d’ordre national que nous comprenons et que nous partageons aussi : le chômage, la crise… Mais, nous considérons que le canton mérite plus de proximité et plus d’attention portée aux citoyens. C’est, de notre point de vue, l’intérêt de cette élection. Sur un plan politique, l’après-élection sera un moment déterminant dans la mesure où les conseillers élus auront à faire des choix. Le principe du binôme permet à un homme et une femme d’être élus sur un même territoire sans être liés par un pacte qui les obligerait à voter chaque fois de la même façon. Ce serait nier l’existence ou la personnalité de l’un comme de l’autre !
 
- Cela signifie-t-il que chacun garde sa liberté de vote ?
- Oui ! C’est dans l’esprit du législateur. Pour autant, sur l’essentiel, c’est-à-dire sur les valeurs, nous resterons très proches.
 
- De quoi ce canton manque-t-il ?
- Comme tous les cantons urbains de Bastia, il a été, en quelque sorte, ingurgité, digéré par Bastia, ce qui l'a rendu indéfinissable ! Aujourd’hui, le fait que le canton nouveau couvre Ville-di-Pietrabugno présente un intérêt. Il y a des passerelles à établir. Des zones de convergence existent aussi bien sur les hauts du Fango, l’Annonciade et Toga. On peut, même si le temps de la mandature semble programmer pour être relativement court, concevoir des projets porteurs de résultats, aussi bien d’un point de vue économique que social.
 
- Quels projets ?
- Tout ce qui est lié à l’animation, au social, au handicap… Pour les personnes à mobilité réduite, des travaux d’aménagement peuvent être entrepris sur des voiries, des voies interurbaines. Le quartier Av Emile Sari-Notre Dame de Lourdes-Nouveau Port tombe un peu en désuétude, il ne bénéficie pas, comme les autres quartiers, d’un renouveau. Il faut, donc, l’aider à retrouver son dynamisme d'il y a quelques années.
 
- Pensez-vous remporter cette élection ? Etes-vous confiant ?
- Je ne suis pas d’une nature très optimiste ! Je fais de la politique depuis quelques années, certes pas en 1ère position, mais aux côtés de personnes qui l’ont pratiquée à très haut niveau. Je sais qu’il faut toujours se battre et aller au plus près de ce que pensent les citoyens. Alors, oui, nous sommes confiants, mais quand même prudents et mesurés dans le pronostic, si pronostic il y a !
 
- La clé de l’élection en Haute-Corse est le possible basculement de majorité et de présidence. Avec votre binôme, voterez-vous ensemble ou séparément ?
- C’est une question prématurée ! Aujourd’hui, nous sommes liés par une entente, non seulement conviviale, mais aussi productrice de sens. Je défends l’idée que le camp des forces progressistes, auquel j’estime appartenir à ma manière côté libéral, doit s’unir. S’il y a lieu, à un moment donné, de s’entendre sur une présidence qui pourrait convenir, garantir l’éthique, l’honnêteté et la transparence, telles qu’on a pu les voir apparaître, aussi bien à la mairie de Bastia qu’à la CAB (Communauté d’agglomération de Bastia), je dirais : « Oui ! ». Je m’inscrirais sur ces bases-là, mais pas sur une démarche partisane !
 
- Cette élection, n’est-elle pas l’occasion pour la droite nordiste de préparer le terrain des prochaines Territoriales ?
- Personnellement, je ne m’inscris pas dans une dynamique ou une trajectoire aussi longue. Je ne m’inscris, pour l’instant, que dans cette étape-là. Je défends ma commune et le canton. Pour moi, être élu au département ne signifie pas être présent dans un débat d’idées, mais dans un contexte qui défend des valeurs. Je considère que la politique doit aborder les choses de manière concrète et pragmatique autour de valeurs et de projets partagés. On discute, à mon goût, aujourd’hui, un peu trop des institutions et du devenir de la Corse à court et à plus long terme. Les gens dans la rue attendent, aussi, de l’action des élus, des résultats beaucoup plus immédiats.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Emmanuel Petri-Guasco, Michel Rossi, Vanina Le Bomin et Isabelle Prosperi.
Emmanuel Petri-Guasco, Michel Rossi, Vanina Le Bomin et Isabelle Prosperi.
Vannina Le Bomin : « Nous avons voulu prolonger la dynamique mise en place à Bastia, qui a conduit à la victoire »

- Vous n’êtes pas novice en politique. Quel est votre parcours ?
- Mon engagement politique date de l’adolescence en tant que militante nationaliste, puis en participant à des scrutins municipaux et territoriaux. J’ai évolué en fonction des différentes sensibilités nationalistes. J’étais présente sur la liste de Gilles Simeoni aux dernières élections municipales de Bastia. Mais, c’est la première fois que je me présente sur un scrutin en 1ère ligne.
 
- Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans cette élection-là ?
- Plusieurs critères m’ont fait me retrouver aux côtés de Michel Rossi, notamment mon engagement politique au sein d’Inseme per Bastia. L’accord sur ce canton prévoyait, pour ce binôme, une femme nationaliste. Ensuite, il fallait que cette candidature ait un sens dans une élection de proximité. J’ai mes racines dans le canton : je suis bastiaise, je suis née avenue Emile Sari et j’y ai grandi. Enfin, je voulais m’investir dans le quotidien, même sur un mandat court. Pour toutes ces raisons, je n’ai pas réfléchi longtemps avant d’accepter.
 
- Vous impliquer dans le quotidien, qu’est-ce que cela signifie pour le canton de Bastia 1 ?
- Le canton est particulier, à la fois, rural et urbain. Il y a énormément de travail à y faire. Aussi est-ce une chance que Michel Rossi soit maire de Ville-di-Pietrabugno et que je sois de la sensibilité du maire de Bastia. Les deux mairies, qui couvrent ce canton, peuvent nous aider à porter en interaction des projets, qu’ils soient communs aux deux municipalités ou plus concentrés sur la partie bastiaise. Par exemple, un parking ou la réhabilitation des usines Mattei.
 
- Les Cantonales ne sont pas prisées par les Nationalistes. Comment aborde-t-on une élection quand on milite contre son principe ?
- Nous sommes contre le principe, mais, en même temps, nous sommes dans une dynamique de renouveau et de changement, d’alliances avec des progressistes. Nous avons voulu prolonger la dynamique mise en place sur Bastia, qui nous a conduit à la victoire. Nous espérons la prolonger au-delà de cette élection. C’est important d’un point de vue politique !
 
- Inseme per Bastia présente quatre candidats, un dans chaque canton de la ville. Quelle est sa démarche globale pour ce scrutin ?
- Les lignes ont bougé depuis les municipales. La démarche d’Inseme a trouvé des partenaires. Ville-di-Pietrabugno nous a rejoint sur la base de valeurs que nous avions déjà mises au cœur de notre programme d’Inseme per Bastia, à savoir la démocratie, la transparence et la démocratie participative qui nous tient beaucoup à cœur. Nous essayons de l’installer à Bastia à travers les Comités de quartiers dont le rôle est de libérer la parole des citoyens et de créer des interactions naturelles entre citoyens et élus.
 
- Comment envisagez-vous de travailler en binôme avec Michel Rossi ?
- Nous avons déjà commencé à travailler de concert sur tout. Nous avons uni nos forces sur un objectif et des projets communs. Le lien entre les deux communes sera bénéfique aux deux communes. Même si les sensibilités diffèrent, chacun respecte l’autre et garde son identité. Ensemble, nous convergeons vers ce qui nous semble essentiel. La Corse est à un tournant historique qu’il ne faut pas rater !
 
- Que vous inspire la parité et l’entrée des femmes dans une institution jusqu’à présent totalement dominée par les hommes ?
- D’être une femme ne m’a, jusqu’à présent, jamais gênée en politique. Même dans le milieu nationaliste où je milite depuis une trentaine d’année, je n’ai jamais ressenti cela comme un handicap ! La loi fait émerger des femmes qui n’auraient peut-être pas osé faire de la politique ou eu l’opportunité de jouer ce rôle. C’est très bien ! Le fait d’exercer des responsabilités leur donnera accès à d’autres échéances électorales et, peut-être, changera un peu la façon de faire de la politique dans ce pays.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 
Dans le canton de Bastia 1, cinq binômes sont en lice :
- Majorité municipale : Michel Rossi et Vanina Le Bomin.
- Gauche : Jean Geronimi et Laura Albertini.
- Front de Gauche : Francis Riolacci et Emmanuelle Mariini.
- Corsica Libera : Maxime Poli et Michèle Maestracci.
- Front national, Avenu Corsu : Christophe Canioni et Stéphanie Giacometti.
 
Les candidats de la majorité municipale :
- Michel Rossi, maire de Ville-di-Pietrabugno.
- Vanina Le Bomin, majorité municipale bastiaise.
- Emmanuel Petri-Guasco.
- Isabelle Prosperi.

 



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