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Loïc Capretti (SEC Bastiais) : "Seule l’union sacrée nous aidera"


Rédigé par Florian Cadu le Samedi 10 Février 2018 à 17:39 | Modifié le Samedi 10 Février 2018 - 18:00


Né cet été après la rétrogradation du Sporting Club de Bastia en National 3, le Socios Etoile Club Bastiais compte aujourd’hui près de 5 500 membres. Portée par sa passion du club et la volonté affichée de le soutenir par des actions concrètes, l’association continue son bonhomme de chemin. Avec l’élection du Conseil d’Administration prévue du dimanche 11 au lundi 12 février 2018, pour laquelle une seule liste est en lice. En attendant, Loïc Capretti, l’un des fondateurs du SECB et présentateur de l’émission en ligne Minenfootu, revient sur les motivations et les objectifs de ce groupe de Socios, qui propose désormais une réunion mensuelle pour décider des initiatives à prendre.


- Loïc, depuis quand ce projet Socios est-il envisagé ?
- A Bastia, on parle du projet Socios depuis des années. Quand je dis des années, je parle de quarante ans. Quand le Sporting a été relégué sportivement en Ligue 2 en fin de saison dernière, l’objectif de base était d’aider financièrement d’éventuels repreneurs. Finalement, le club a été rétrogradé en National 3, et je pense que nous avons réussi à maintenir une certaine étincelle grâce à ce projet.


- Après la première lancée il y a quatre mois, une nouvelle campagne d’adhésion pour devenir Socios verra-t-elle le jour à l’avenir ?
- C’est le prochain conseil d’administration élu qui décidera. Mais je pense, oui. Ce serait la logique : nous savons que nous ne ferons pas 300 000 adhérents tous les ans, mais nous souhaitons réunir le maximum de monde. Et si le club monte chaque année d’un étage, l’engouement va grandir, grandir, grandir… Ceux qui sont partis à cause de la crise vont revenir. Donc je pense qu’il faut continuer d’ouvrir des campagnes d’adhésion annuelles. Sur une période d’un mois, peut-être. C’est fermé en ce moment, mais les dons libres sont toujours ouverts.

 


- La montée dès cette année est donc indispensable à vos yeux ?
- On a tout de même une équipe capable de jouer au-dessus. Un joueur comme Gilles Cioni, c’est du niveau Ligue 1. Quel que soit l’entraîneur, il a toujours été titulaire. Il y a d’autres bons éléments, comme Anthony Martin, qui pourraient évoluer à l’échelon supérieur. Donc au regard de l’effectif, et malgré le manque de préparation, on dispose de toutes les armes nécessaires pour monter. Maintenant, est-ce que la montée est obligatoire ? Non. Mais elle est très importante pour maintenir l’engouement actuel, la vague de soutien observée. Si cette dynamique sportive s’arrête, la flamme risque de s’éteindre un peu. Le plus dur, c’est cette année : il n’y a pas eu de préparation, le mercato a été bricolé même si on a pris de très bons joueurs sur le tard. Si on réussi à monter cette saison, la suite sera plus facile.


- A quoi va servir l’argent récolté par le Socios Etoile Club Bastiais, qui a rassemblé presque 300 000 euros ?
- Il a vocation à structurer le club. Acheter du matériel pour les jeunes, améliorer les structures de Borgo si elles appartiennent encore au Sporting à l’avenir… Parce que le centre de formation de Borgo est en ruines. Donc notre but, c’est d’offrir un outil convenable aux jeunes pour bosser, puisque l’Académie est encore là-bas. Après un vote réalisé début décembre, notre premier achat a été des guérites, pour 5 000 euros. Pourquoi des guérites ? Parce que c’est mobile. Si demain, Borgo est saisi, on peut toujours les récupérer. Nous avons également dépenser 5 000 euros pour le sponsoring du maillot spécial collector du retour à Furiani.


- A terme, est-ce que l’objectif est de voir le club appartenir aux Socios ?
- Non. Les Socios n’ont pas vocation à gérer le club. Nous voulons en revanche intégrer le conseil d’administration pour avoir un droit de regard sur ce qui s’y passe. Afin d’éviter les ratés du passé, à savoir une gestion calamiteuse du budget. Nous réclamons aussi un droit d’opinion sur le fonctionnement. Grace à ce système-là, où nous serions une sorte de garde-fou dans les mauvais moments, nous espérons limiter les problèmes futurs. Plus globalement, nous nous voyons davantage comme un partenaire qui soutiendrait les dirigeants en place, qui proposerait des idées, qui les aiderait dans la confection des maillots ou les animations d’avant-match par exemple. Gérer le lien entre les supporters, leurs avis et les dirigeants : voilà le véritable rôle des Socios.


- Resserrer les liens entre les deux parties, en d’autres termes.
- C’est ça. Ce qui a fait notre force quand nous sommes descendus en National avant de remonter en Ligue 2 puis en Ligue 1, c’était l’union sacrée. Tout le monde était très uni : les dirigeants écoutaient les supporters, les joueurs allaient à leurs contacts… L’alchimie était parfaite. Nous nous sentions pratiquement invincibles, rien ne pouvait nous arriver ! Nous avions la pire défense d’Europe, mais nous nous sommes malgré tout maintenus. Nous avons réussi à faire venir des joueurs comme Mickaël Landreau, qui était titulaire à Lille. Qu’il signe chez un promu, c’était improbable. Bref, il se passait quelque chose dans ce club-là. Mais au fil des années, il y a eu ce côté business qui nous a un peu rongé de l’intérieur. Il y a eu une cassure. C’est là que nous avons commencé à plonger dans les méandres de la Ligue 1, et maintenant du National 3. Aujourd’hui, il faut donc ressouder tout le monde. Car il n’y a que comme ça qu’on s’en sortira. Seule l’union sacrée nous aidera à retrouver le monde professionnel. Si nous n’avons pas cette force-là, nous ne pourrons pas lutter. C’est donc très important de préserver ça. Et je crois que nous sommes dans la bonne direction. Nous avons envie de croire en un avenir meilleur. D’autant que les dirigeants actuels semblent très honnêtes et très impliqués. Mais après ce qu’on a vécu, nous nous devons de rester vigilants.


- A quel moment avez-vous pris conscience qu’il fallait aider le club ?
- Peu après la relégation. A un moment donné, nous avons réalisé que tout ce que nous avions de plus cher avec le Sporting pouvait être effacé en un claquement de doigt. Plus de matchs le samedi soir, plus de fête à Furiani… Bastia, c’est une ville assez calme, et si on y enlève la passion du football, ça devient très triste. Aller au stade fait oublier les problèmes du quotidien, et les gens se sentent unis. Je me souviens la saison dernière : après la suspension de plusieurs mois du stade Furiani suite à l’envahissement de terrain contre l’Olympique Lyonnais, les gens étaient vraiment très heureux de se retrouver. On parle d’un lien social énorme. Et les gens ont eu très peur de perdre ce lien social à dimension unique.


- Est-ce que le SECB s’inspire des autres groupes de Socios européens, comme celui de Barcelone ou Lisbonne ?
- Il faut s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, mais savoir l’adapter au Sporting, et à notre région. Car la Corse à ses propres particularités. Nous, nous ne deviendrons jamais les gens qui élirons le président du club.





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