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Les élus de droite opposent « le quotidien des Corses » à la question constitutionnelle


Rédigé par Sylvain Amiotte le Vendredi 5 Janvier 2018 à 20:22 | Modifié le Samedi 6 Janvier 2018 - 01:29


Au fil de ses entretiens, la ministre Jacqueline Gourault a rencontré, vendredi après-midi, au palais Lantivy les trois hommes forts de la droite corse : le maire ajaccien Laurent Marcangeli, le député Jean-Jacques Ferrara et le sénateur Jean-Jacques Panunzi. S’ils ne sont pas fermés à une éventuelle inscription de la Corse dans la constitution, tous trois ont martelé leur attachement à la République et répété leur priorité à répondre aux problèmes quotidiens des Corses.


Jean-Jacques Panunzi, Jean-Jacques Ferrara et laurent Marcangeli, à leur sortie de la préfecture ajaccienne, vendredi soir.
Jean-Jacques Panunzi, Jean-Jacques Ferrara et laurent Marcangeli, à leur sortie de la préfecture ajaccienne, vendredi soir.
Vendredi soir, en bas des marches de la préfecture, tandis que les dirigeants nationalistes s’étaient réjouis le midi d’une porte ouverte par la ministre Jacqueline Gourault sur la question constitutionnelle (lire par ailleurs), le maire d’Ajaccio confiait sa préoccupation à ne pas voir la Corse sortir de près ou de loin du giron républicain.
 
«Dans le cadre du pacte girondin envisagé par le président de la République, nous n’avons aucune réserve à ce que l’on parle de la Corse, mais uniquement dans le cadre du pacte républicain », a souligné Laurent Marcangeli. Et le maire d’Ajaccio de poursuivre : « Les questions que se posent les gens sur le terrain ne sont pas liées à l’inscription de la Corse dans la constitution. Mais si demain cela devait être le cas, dans des conditions qui restent à préciser, on n’aura pas d’opposition. »
 
Laurent Marcangeli rappelle ainsi que sa famille politique avait regretté l’inscription de la Corse dans un simple amendement de la loi NOTRe. « Ce n’était pas suffisant, la preuve en est : ceux qui étaient très contents de cette loi demandent toujours plus aujourd’hui. Nous demandions une loi spécifique, pourquoi pas l’inscription dans la constitution. On n’a pas changé d’avis. »

"Ne pas vendre du rêve aux gens"
 
Très réservé sur le statut de résident, Laurent Marcangeli assume rester favorable à une co-officialité de la langue corse, mais celle-ci est « impossible » à obtenir par les trois cinquièmes du Congrès, oppose-t-il. « Je suis pour un principe de réalité. Il ne faut pas vendre du rêve aux gens. »
 
Selon l’élu de droite, la priorité doit être réservée à l’offre de soins, au « rapprochement » des détenus, à l’économie, à l’emploi en Corse « qui est une des seules régions où le chômage continue de grimper ». « On apportera des solutions bien plus concrètes que des réformes institutionnelles ou constitutionnelles qui ont, déjà, eu lieu et n’ont pas amélioré la situation de l’économie et la vie quotidienne des Corses. »
 
Aux yeux de Laurent Marcangeli, l’urgence n’est pas constitutionnelle : « Nous avons demandé que nous soyons, déjà, en capacité de pouvoir digérer la création de la collectivité unique. Il y a fort à faire. Cela fait à peine trois jours que nous sommes lancés dans cette entreprise et rien ne m’indique que cette grande réforme soit au final couronnée de succès. » 
 
Jean-Jacques Ferrara : « Le cadre existe déjà pour répondre aux préoccupations des gens »
 
Même son de cloche du côté du député Jean-Jacques Ferrara : « Avant de s’inscrire dans une modification de la Constitution, nous avons toujours martelé notre attachement à la République française. On n’y dérogera pas. Après, si l’avenir de la Corse passe par une évolution constitutionnelle, dans un cadre très contraint, pourquoi pas. Mais avant tout, essayons d’optimiser ce dont nous bénéficions aujourd’hui : la Corse a un statut particulier, elle a une collectivité unique, ce qui est unique en Métropole. Faisons en sorte, avec l’Etat comme partenaire, de lui donner les moyens de mener à bien sa mission.»
 
Déchets, emploi, fracture numérique, accès aux soins : le parlementaire a lui aussi fait part à la ministre des « préoccupations des gens », plutôt que de la nécessité d’une réforme constitutionnelle. « J’ai été marqué par l’abstention record dans les quartiers dits sensibles, qui est inédite en Corse. Il faut y répondre par des actions concrètes et le cadre existe, déjà, pour ça, nul besoin de réviser la Constitution. Ensuite, lorsque nous aurons épuisé tous les moyens dont bénéficient les institutions en Corse aujourd’hui, s’il y a lieu d’aller au-delà dans le cadre de la République, je serai toujours aux côtés de ceux qui souhaitent avancer. »



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