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Les avocats corses dénoncent « une attaque sans précédent » d’Emmanuel Macron au droit de la défense


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 6 Février 2018 à 18:17 | Modifié le Mardi 6 Février 2018 - 18:48


« Ce qui s’est passé le 6 février 1998 ne s’excuse pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas ». Cette phrase très grave et lourde de sens, prononcée par le président Emmanuel Macron, mardi matin à Ajaccio, lors de la commémoration du 20ème anniversaire de l’assassinat du préfet Erignac, a fortement choqué les avocats corses qui dénoncent, par l’intermédiaire d’un communiqué commun, émanant simultanément des barreaux d’Ajaccio et de Bastia, « une attaque sans précèdent aux principes fondamentaux de la République et au droit des justiciables… qui contrevient à l’Etat de droit et fragilise le socle des valeurs républicaines ».


Les avocats corses dénoncent « une attaque sans précédent » d’Emmanuel Macron au droit de la défense
 
Voici le communiqué commun des bâtonniers de l’ordre des avocats du barreau d’Ajaccio et de Bastia, Stéphane Nesa et Gilles Antomarchi :
 
«  Ce jour, à l’occasion de la commémoration des 20 ans de l’assassinat du préfet Claude Erignac, M. Emmanuel Macron, Président de la République, en cette qualité garant des institutions et de la séparation des pouvoirs, a déclaré :
 
« … car ce qui s’est passé ici le 6 février 1998, ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas… ».
 
Malgré la douleur de la famille du Préfet qui impose le plus profond respect et la plus grande empathie, on ne peut que s’interroger sur cette formulation qui ne peut qu’apparaître comme une atteinte aussi violente qu’infondée aux droits de la défense.
 
Le Président de la République affirme par ses propos, qui ne peuvent être le fruit d’une improvisation maladroite étant donné la solennité du moment, que certains justiciables ne sauraient bénéficier de l’assistance d’un avocat, au regard des actes qu’ils ont commis et surtout de la personnalité et des fonctions occupées par la victime.
 
Il s’agit d’une atteinte sans précédent aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République, intégrés dans le bloc de constitutionnalité, et dont l’avocat est l’un des piliers essentiels.
 
La parole présidentielle, en privant un justiciable du droit d’être assisté et défendu, contrevient à l’Etat de droit et fragilise le socle même des valeurs républicaines.
 
Nous entendons solennellement rappeler, comme d’autres l’ont fait avant nous, que nous avons prêté serment d’exercer notre mission avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité, de sorte qu’il nous faut « les défendre tous », sous la seule réserve de notre conscience et du choix des moyens de défense.
 
Telles sont les valeurs auxquelles nous n’entendons pas renoncer. »
 



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