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La justice accorde la semi liberté à Pierre Alessandri


CNI avec AFP le Mardi 31 Janvier 2023 à 09:47

La cour d'appel de Paris a fait droit ce mardi 31 janvier à la demande d'aménagement de peine de Pierre Alessandri, condamné à la perpétuité en 2003 pour l'assassinat en Corse du préfet Claude Erignac et détenu depuis près de 24 ans, a annoncé le parquet général.
Pierre Alessandri, qui était libérable depuis 2017 après avoir purgé ses dix-huit ans de période de sûreté, avait essuyé trois refus de la justice de lui octroyer le bénéfice d'une mesure de semi-liberté probatoire à une libération conditionnelle. L'une de ces décisions de refus avait été annulée en octobre par la Cour de cassation, renvoyant l'affaire pour qu'elle soit examinée à nouveau par la cour d'appel.



Photo archives CNI
Photo archives CNI
Vingt ans après sa condamnation à la perpétuité pour sa participation à l'assassinat en Corse du préfet Claude Erignac, Pierre Alessandri s'est vu accorder mardi par la justice l'aménagement de peine qu'il réclamait depuis plusieurs années, une décision saluée par les élus corses. 

"La chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris a, ce jour, admis Pierre Alessandri au bénéfice d'une mesure de semi-liberté probatoire à une libération conditionnelle",
a annoncé dans un communiqué le procureur général de Paris, Rémy Heitz. "Cette mesure de semi-liberté probatoire prendra effet le 13 février 2023, pour une durée d'une année. Sous réserve de la bonne exécution de cette mesure de semi-liberté, Pierre Alessandri sera ensuite admis au régime de la libération conditionnelle, pour une durée de dix années", a-t-il précisé.
"Bien évidemment, c'est un grand soulagement", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de Pierre Alessandri, Me Eric Barbolosi. "Ça n'est que la stricte application du droit qui a été respectée. Pour la première fois en cour d'appel, les magistrats se sont attachés à se déterminer sur les critères qui doivent conditionner une libération conditionnelle en faisant abstraction du caractère particulier de ce dossier", a ajouté l'avocat qui estime que "Pour la première fois dans ce dossier, l'Etat a adopté un principe de neutralité et la justice a pu prendre sa décision en toute indépendance."


"Nouvelle page"
Cette décision intervient sur fond de tensions entre les élus nationalistes corses et l'Etat, dix mois après l'agression mortelle par un codétenu à la prison d'Arles d'Yvan Colonna, qui purgeait une peine de perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac. La mort du militant nationaliste avait donné lieu à des manifestations en Corse, émaillées de heurts.
L'exécutif avait levé le statut de "détenus particulièrement signalés" des deux membres du commando Erignac encore en vie, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, rendant possible leur transfèrement à la prison de Borgo.
La future libération de Pierre Alessandri a été saluée par de nombreux élus nationalistes et, en premier lieu, par Gilles Simeoni, président du conseil exécutif et homme fort de la Corse. "C'était une attente forte de la société corse toute entière", a-t-il affirmé à l'AFP. Vingt-cinq ans après l'assassinat du préfet Claude Erignac, tué par balles dans une rue d'Ajaccio le 6 février 1998, "cette décision de justice vient aussi dire de façon symbolique forte que le moment (...) d'écrire une nouvelle page des relations entre la Corse et l'Etat est venue, sans rien oublier du passé, des douleurs. Il faut se tourner vers l'avenir" et "construire une solution politique globale incluant une autonomie au plan institutionnel",  a souligné Gilles Simeoni.


Arrêtés en 1999, Pierre Alessandri et Alain Ferrandi avaient été condamnés en 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité. Ils ont fini de purger les dix-huit ans de leur période de sûreté en 2017 et sont donc libérables depuis cette date.
Alain Ferrandi saura le 23 février si la justice fait droit à sa troisième demande d'aménagement de peine. Pierre Alessandri avait, avant mardi, essuyé trois refus, en appel, de libération conditionnelle avec semi-liberté probatoire. L'une de ces décisions avait été annulée en octobre par la Cour de cassation, renvoyant l'affaire pour qu'elle soit examinée à nouveau par la cour d'appel.
La mesure de semi-liberté va permettre à Pierre Alessandri de travailler à l'extérieur de la prison de Borgo dans la journée, dans une société spécialisée dans l'élagage, le débroussaillage et l'aménagement de l'espace rural et basée à Ponte-Novu. Avant son incarcération, il exploitait une société de production d'huiles essentielles.