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Karole Rocher et Barbara Biancardini présentent leur film "Fratè", au ciné le 15 juin


La rédaction le Lundi 30 Mai 2022 à 14:44

Karole Rocher et sa fille Barbara Biancardini signet un nouveau film qui sortir au cinema le 15 juin prochain. Tourné à Vezzani, d'où la réalisatrice est originaire, cette comédie familiale raconte l'histoire de deux frères, Dumé et Lucien, campés respectivement par Thomas Ngijol et Samir Guesm, qui découvert leur lien de parenté à la mort de leur père. Pour pouvoir partager l’héritage laissé par le patriarche les deux frères devront apprendre à cohabiter un mois dans la maison familiale du village. Sous fond de légitimité culturelle et d’héritage immobilier les réalisatrices narrent le rapport de force qui va s’installer entre Lucien, le fils de sang, et Dumè, le fils adoptif.

Rencontre avec les réalisatrices



Capture écran d'une scène du film
Capture écran d'une scène du film

 - Ce film est une lettre d’amour à la Corse ?
- Karole Rocher : Oui, sans hésiter. Vezzani, en Haute Corse, est le village de mes grands-parents. J’y ai passé presque tous les étés depuis que je suis née, mes filles aussi, mon frère Patrick (Rocher) et, depuis notre rencontre, Thomas (Ngijol), mon compagnon. C’est l’endroit que nous aimons le plus au monde. Nous y retrouvons nos origines; des valeurs et des principes forts auxquels nous sommes profondément attachés et que, très naturellement, Thomas a aussitôt partagés. Son lien avec l’identité corse et son amour pour Vezzani est tel qu’il a éprouvé l’envie d’en faire un scénario….
 

- FRATÈ est un film de famille sur une famille, pour les familles avec tout ce que cela suppose de bonheur mais aussi de déchirements, de deuils, d’abandon, de recompositions familiales. C’est aussi un portrait un peu inattendu de la Corse ?
- K.R. : Cinématographiquement, j’ai le sentiment qu’on a fait du vrai cinéma tout en étant réaliste et le plus humain possible. 

- Pourquoi avez vous décuvé de  cosignez la réalisation avec votre fille, Barbara ? 
- K.R. : Il y a deux ans, lorsque le projet a commencé à se monter, j’ai d’abord envisagé de le réaliser seule. Il s’agissait quand même de mon village ! La crise sanitaire est arrivée et le tournage a dû être reporté. Il n’était absolument pas question de laisser le film dans les tiroirs mais je ne m’imaginais pas repartir en solo. Barbara, avec qui Thomas et moi avions déjà souvent travaillé, avait fait du chemin et était devenue première assistante. Je connaissais son talent, sa proximité avec les comédiens, son rapport à la réalisation et son attachement à Vezzani. Elle avait partagé avec nous toutes les étapes de la préparation : c’était l’occasion pour nous de former un duo et pour elle de démarrer comme coréalisatrice. 

- Barbara, quelle a été votre réaction lorsque Karole vous a proposé ce poste ? 
- Barbara Biancardini : Je me suis évidemment posé la question de ma légitimité mais j’ai su assez vite que j’avais ma place dans l’aventure. J’avais suivi durant toutes ces années l’élaboration du scénario avec Thomas, je connaissais parfaitement le village et collabore depuis longtemps maintenant avec Thomas et Karole. Et, par dessus tout, je sais qu’on partage les mêmes goûts en termes de cinéma. Je ne pouvais pas trouver plus belle manière de débuter à la réalisation. 

  - C’est Thomas Ngjijol qui interprète Dumè. Comment est venu le choix de Samir Guesmi pour jouer Lucien ? 
- K.R. : Samir est un ami, et c’est un formidable acteur. Avec ce film, il s’agissait vraiment de nous prouver qu’il était possible de faire ce métier par amour, et de le faire de tout notre coeur avec des gens que nous aimions, qu’il s’agisse des acteurs ou des techniciens. Les acteurs secondaires sont des comédiens corses que nous connaissions, tous les autres sont des gens du village. Ils se sont non seulement prêtés gracieusement à toutes les scènes de figuration mais nous ont aussi ouvert les portes de leur bar, de leur maison. Ils nous ont fait confiance. Le village entier est devenu un studio de cinéma.

- Au milieu de ces deux grands gaillards qui s’écharpent, le personnage de la tante, qui console tantôt l’un et tantôt l’autre, est particulièrement savoureux. 
- K.R. : Elle est celle qui les rassure et les remet sur les rails ; elle les conforte dans leur légitimité. C’est un peu la mère, et presque une métaphore de la Corse qui les a adoptés, un cocon où se réfugier. 

- On oublierait presque qu’elle habite à l’année à Champigny… 
- K.R. : Tous les Vezzanais qui n’habitent pas en Corse oublient leur autre vie dès qu’ils remettent le pied sur l’île. Ne compte plus que le village où ils se sentent chez eux. Moi, j’ai les larmes aux yeux en y arrivant et je pleure en partant. Vezzani est l’endroit où je remets les compteurs à zéro. Champigny a malgré tout une résonnance particulière pour certains Corses. A l’époque de ma grand-mère, le maire de Champigny qui était corse a fait venir de nombreux compatriotes et a fini par former une petite diaspora dans la ville et ses environs. C’est devenu un microcosme où tout le monde se connaît. 

- Comment travaille-t-on avec une équipe aussi hétéroclite ? 
- B.B. : Le travail était évidemment différent selon que nous tournions avec Samir et Thomas et avec les autres. Ni eux ni nous n’avions en tête le souci d’être drôle. On travaillait au contraire les scènes très au premier degré comme si nous faisions un film très sérieux. On se posait beaucoup de questions. « Pourquoi lui réagit-il comme cela ?, Non, ça, c’est trop , etc… » Sauf qu’après, chacun avait la liberté d’être dans l’excès. FRATÈ n’est pas une comédie avec des punchlines; on part de situations très réelles avec des enjeux bien définis; c’est la liberté d’improviser qu’on donnait aux acteurs qui rend les situations comiques. Nous voulions les voir vivre, inventer. Nous leur parlions d’ailleurs durant les prises pour les encourager. Après, c’était à nous de réguler : un peu plus fort, un peu moins… De bout en bout, la liberté a primé. La mise en scène était entièrement au service des acteurs.
- K.R. : Nous avions fait deux ou trois lectures avec Thomas et Samir en amont et, aussitôt après, je leur ai dit que nous nous adapterions à eux. Ça a été le cahier des charges de départ. On les laissait vivre les scènes et, seulement ensuite, nous placions la caméra. Ils devaient pouvoir s’accaparer leurs personnages et en faire ce qu’ils voulaient du moment qu’ils restaient dans le fil de la narration. Cela a créé beaucoup de surprises et donné beaucoup de matière au montage. Les rôles secondaires se sont très bien adaptés à cette méthode. Quant aux gens du village, ils connaissaient si bien les situations qu’on était en train de tourner qu’ils n’avaient pas à se forcer. Tous savent ce qu’est un tournoi de foot au village, la posture à tenir dans une église, et comment se déroulent les bals. 

- Karole, Biancardini est le nom de famille de votre grand-père; vous, Barbara, avez choisi ce patronyme pour votre carrière de réalisatrice. Certaines scènes du film, au cimetière, sont tournées devant le caveau de vos grands parents et arrière-grands-parents. Vous avez toutes les deux des liens très particuliers, très intimes avec ce film. 
- K.R. : Jusqu’à ce tournage, en dehors de Thomas, je n’avais jamais amené personne à Vezzani. Et je ne suis pas sûre que j’aurais assumé l’aventure il y a trois ans, quand le film aurait dû se faire. On était chez mes grands-parents, ils n’étaient plus là, j’étais comme un vrai chien de garde. Barbara m’a beaucoup aidée à surmonter leur disparition. Je ne sais pas quelle sera la carrière du film mais je sais qu’il est d’abord le film de Vezzani et de ses habitants et que, dans plusieurs générations, il comptera pour ceux qui nous y succèderont.














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