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Journée mondiale des zones humides : en Corse, des milieux naturels à préserver


Léana Serve le Dimanche 1 Février 2026 à 18:02

À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, célébrée le 2 février, l’Office de l’environnement de la Corse coordonne un programme d’animations visant à mettre en lumière l’importance de protéger ces écosystèmes fragiles, indispensables à la biodiversité.



Archive CNI
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Lagunes, estuaires, lacs, tourbières… À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, célébrée le 2 février, l’Office de l’environnement de la Corse (OEC) coordonne un programme d’animations visant à mettre à l’honneur les zones humides présentes sur le territoire insulaire. Un engagement qui s’inscrit dans la continuité de la signature de la convention de Ramsar en 1971. « C’est le premier traité international à tenter de préserver les milieux humides », explique Marie Garrido, chargée de mission du pôle-relais lagunes méditerranéennes. « Le ministère de la Transition écologique, suite à un premier rapport qui faisait un constat alarmant de la disparition des zones humides à l’échelle mondiale, a souhaité créer des pôles-relais zones humides sur le territoire. »
 

Porteur du pôle-relais lagunes méditerranéennes, l’OEC met en place, depuis 2001, les journées mondiales des zones humides à l’échelle régionale, avec l’objectif de « mettre à l’honneur toutes les zones humides ». Si cinq d’entre elles sont labellisées Ramsar - la lagune de Biguglia, les mares temporaires des Tre Padule de Suartone, les lagunes de Palu et Urbinu et la tourbière de Moltifao - la Corse compte pas moins de 33 000 hectares de zones humides. « C’est une étendue d'eau naturelle ou artificielle, permanente ou temporaire, où l’eau est stagnante, courante, douce, salée… Si on doit résumer, on dirait que c'est une région où l’eau est le principal facteur qui influence le milieu naturel, les animaux et la végétation qui lui sont associés. »
 

L’importance de la protection des zones humides
 

Si la plupart des zones humides en Corse « ne sont pas en mauvais état », les indicateurs mis en place faisant part « d’une qualité moyenne à bonne », l’urbanisation et le changement climatique pourraient avoir un impact à long terme sur les zones. « On a une disparition importante des zones humides entre 1950 et 2025 », déplore Marie Garrido. « Si on prend la région ajaccienne, l'aéroport a été créé au niveau des embouchures du Prunelli et de la Gravona. Et en Haute-Corse, c’est pareil : quand on regarde l'étalement urbain du sud de Bastia jusqu'à Lucciana, on a une urbanisation croissante alors qu’on est pile-poil dans le delta du Golo et dans le bassin versant de la lagune de Biguglia. »
 

Les zones humides, également impactées par le changement climatique, sont pourtant très utiles au quotidien. « Elles jouent un rôle important pour réguler les événements extrêmes, comme les vagues submersives : elles vont encaisser la force physique générée par ces vagues pour mieux les absorber et rendre une submersion moins importante sur le littoral. Il faut aussi savoir que cet habitat contient 40 % des espèces mondiales, avec à peu près deux tiers des poissons migrateurs, 50 % des oiseaux et 30 % des espèces végétales remarquables. Ce sont aussi les écosystèmes les plus productifs au monde avec la riziculture, la pisciculture, l’ostréiculture, la saliculture, le maraîchage… »
 

À travers la Journée mondiale des zones humides, l’OEC souhaite montrer l’importance de protéger les zones humides. « Pour les zones humides littorales, il faut d’abord limiter l'urbanisation et les pollutions qui pourraient descendre du bassin versant, en faisant une agriculture raisonnée et biologique pour éviter une eutrophisation de ces milieux, c'est-à-dire un enrichissement par nutriments qui va dégrader les qualités des eaux. Et à notre échelle de citoyens, on peut penser à notre consommation en eau parce qu'il faut retenir qu’il y a de l'eau dans ces milieux, que ce soit à l'état visible ou dans les sols. Si on utilise toujours plus d'eau, surtout de l’eau douce, on n'en aura plus pour faire en sorte que nos zones humides puissent jouer leur rôle de manière équivalente à maintenant et surtout qu'elles puissent maintenir un bon état en termes de biodiversité et de rôle écologique. »

Afin de mieux connaître les zones humides, leur fonctionnement et la manière de les protéger, l’OEC coordonne une série d’animations sur le territoire du 30 janvier au 28 février. Parmi elles, les visiteurs pourront découvrir l’étang de Palu, les zones humides temporaires de Campomoro Senetosa ou encore la zone humide du Reginu. « Aujourd’hui, on ne parle plus du tout de lutter contre le changement climatique, mais plutôt de s'adapter et de les préserver au maximum. C’est très important, parce que même s’il est difficile à l’échelle de la Corse d’avoir des chiffres, on sait que 35 % des zones humides ont disparu en 55 ans à l’échelle mondiale. »