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Josiane Chevalier : "L'exportation des déchets est une mauvaise solution et de surcroît très coûteuse"


Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Mardi 20 Novembre 2018 à 19:33 | Modifié le Mercredi 21 Novembre 2018 - 12:55


En visite mardi matin à Calvi, Josiane Chevalier, préfète de Corse a fait le point sur la réunion concernant la crise des déchets qui s'est déroulée lundi à Corte. Terminée très tardivement, au bout de 11 heures, elle a donné lieu à bien des désaccords.


Josiane Chevalier, préfète de Corse
Josiane Chevalier, préfète de Corse

Pour CNI, Josiane Chevalier a accepté de revenir sur le sujet et de faire le point sur cette réunion de la crise des déchets la veille, à Corte.

«  Tout d'abord, afin que les choses soient bien claires. Il ne faut pas se tromper de débat quand on renvoie à l'Etat ce sujet qui n'est pas de sa compétence.

En résumé, c'est la Collectivité de Corse qui est chargée de définir la stratégie, et le Syvadec qui est chargé de sa mise en œuvre.
L'état n'a, comme rôle, que celui d'instruire les demandes d'autorisation.
Toutefois, comme c'est un sujet d'intérêt supérieur, j'ai souhaité que l'Etat puisse être engagé et il le sera pour ce qui concerne l'économie circulaire.
Nous avons déjà financé beaucoup d'équipements, notamment dans le domaine du tri, et nous serons aussi présent sur la mise en oeuvre du tri généralisé.
S'agissant du sujet extrêmement sensible qui est celui du transfert ou de l'exportation des déchets, hier après 11 heures, dans une ambiance de dialogue, nous nous sommes finalement mis d'accord sur deux des quatre principes indissociables et tout aussi importants.
Les deux premiers points : le tri et le sur tri pour enfouir le moins possible de déchets et  les valoriser au maximum n'ont pas posé problème.
Le troisième point, est celui de l'implantation des centres. La question s'est posée de savoir s'il fallait des gros centres ou plutôt des centres par territoires. Moi je n'ai pas à me prononcer la dessus, mais je donne quand même mon avis personnel : je suis plutôt favorable, comme un certain nombre d'élus, pour une pratique de proximité."

"Identifier des sites et aller très vite"

Et de poursuivre:

"Cette réponse doit se faire à travers les micro régions car l'on voit qu'il y a un bien un sujet d'acceptabilité sociale. Les gens sont prêts à accepter leurs déchets, plutôt que ceux de l'ensemble de la Corse, ce qu'on peut tout à fait comprendre.
Je pense que cette réponse est à apporter très très rapidement. Il faut identifier des sites et avancer très très vite puisque nous sommes au pied du mur et que nous avons deux centres qui sont pratiquement en fin de vie : celui de Viggianello qui ne sera opérationnel que jusqu'à la  mi 2020 et celui du Prunelli qui fermera un peu plus tard. Nous n'avons pas d'autre issue que de trouver des centres très vite et de les mettre en œuvre.
Vient ensuite le quatrième point tout aussi délicat, qui est celui du financement, tout d'abord  de l'exportation pendant la phase intermédiaire. Exportation qui a mon sens est une très mauvaise solution et de surcroît très coûteuse.

 Une capacité de stockage insuffisante pour les deux années à venir
Cette exportation doit en volume, être limitée au maximum, y compris dans le temps. Quand au coût, il n'est pas question que l'Etat la finance. Je le dis clairement : ce n'est pas que l'Etat ne veut pas, mais ce n'est pas de sa compétence. J'imagine mal, comment justifier le financement de cette exportation par le ministère de la transition écologique qui est dans l'économie circulaire. D'autant plus, je le rappelle que le principe est vraiment très mauvais.  
L'heure de vérité du financement a sonné, chaque intercommunalité, chaque territoire, doivent se rendre compte du prix très élevé du transfert.
Je le dis et le répète, cette solution est très mauvaise, d'autant plus, et on le voit bien, que la capacité de stockage, quoi qu'on fasse, et même si on le fait rapidement, ne sera pas suffisante pour les deux années à venir. Il n'y a pas de discussion sur ce principe là.

L'Etat devra aider réglementairement, car tout ça est dérogatoire, bien évidemment. Il faut déjà que le ministère admette le principe de l'exportation et que l'on réfléchisse à la façon de rester dans la réglementation pour les régions qui accueillent. Ce n'est pas évident, mais nous sommes prêts à aider avec de fortes contreparties. Et les fortes contreparties ce sera évidemment le tri généralisé.

Mais que l'on ne vienne pas nous dire que l'Etat ne veut pas payer, il n'est pas de sa compétence de se substituer à qui que ce soit. Nous sommes juste des facilitateurs, je le dis une fois encore, mais aussi des partenaires parce que c'est un sujet d'intérêt général. Il faut que les choses soient clairement dites et les responsabilités clairement posées.

Une fois  ce constat posé, pas besoin de revenir sans arrêt sur l'historique, ça ne sert à rien. Il faut avancer, et avancer très vite sur les centres. Soutenir des élus qui ont fait des efforts c'est bien, mais il faut que la solidarité soit concrète. C'est comme l'amour vous savez, il faut des preuves d'amour et proposer un terrain, un site, c'est une preuve d'amour.
Je rejoins assez les élus qui prônent pour cette solution".

Et de conclure :

"J'ai beaucoup parcouru la Corse depuis mon arrivée, systématiquement on me parle de ce sujet problématique et ma responsabilité c'est aussi d'agir en terme de protection sanitaire des corses et de protection de l'environnement.
Ce qui se passe actuellement n'est pas admissible.

Je ne peux pas admettre qu'il y ait des dépôts de déchets sans autorisation, des bennes qui se promènent etc...
Ce que je demande, c'est un effort de solidarité supplémentaire des deux centres pendant cette phase intermédiaire qui ne devrait pas excéder deux ans.

Sur les procédures, nous sommes prêts à aller beaucoup plus vite, mais il est clair que pendant cette phase, je ne vois pas comment on peut arriver aux capacités nécessaires sans  ces efforts ».





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