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Jean-Martin Mondoloni : « Le temps est venu de proposer aux Corses un parti qui leur ressemble »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 21 Avril 2018 à 21:33 | Modifié le Samedi 21 Avril 2018 - 23:29


Samedi après-midi à Corte, les élus et les cadres du groupe de droite « Per l’avvene » à l’Assemblée de Corse, mouvement issu des dernières élections territoriales, ont jeté les bases de la création d’un nouveau parti politique dont le nom, les statuts et la stratégie seront dévoilés à l’automne. Un parti d’élection dont l’objectif premier est de mailler le territoire avec un encadrement bien réfléchi en termes, à la fois, de positionnement et d’idées. Avec en ligne de mire, une ambition : conquérir le pouvoir territorial. Explications, pour Corse Net Infos, de Jean-Martin Mondoloni, conseiller territorial et président du groupe « Per l’avvene ».


Jean-Martin Mondoloni, conseiller territorial et président du groupe « Per l’avvene » à l’Assemblée de Corse.
Jean-Martin Mondoloni, conseiller territorial et président du groupe « Per l’avvene » à l’Assemblée de Corse.
- Pourquoi créer un nouveau mouvement politique ?
- Lorsqu’on est élu à l’Assemblée de Corse ou ailleurs, la moindre des choses qu’on doit à ceux qui nous ont accompagnés et fait confiance, c’est, à un moment donné, de leur rendre des comptes. 22 000 personnes ont voté pour nous, ce n’est pas une petite affaire ! Il est normal que nous retournions vers eux, vers ceux qui le souhaitent, pour leur expliquer le travail que nous faisons à l’Assemblée. Pour rentrer dans une dimension tout à fait interactive, l’idée est, aussi, d’avoir inversement un parti politique qui alimente les élus en termes d’idées, de stratégie et, donc, d’objectifs politiques. C’est une nécessité, quand on est élu, de pouvoir prendre appui sur un parti politique.
 
- Que devient votre propre mouvement Une Nouvelle Corse ? Est-il dissous ? Intégré ?
- Il est, de fait, intégré ! En tous cas, pour l’immense majorité de ceux qui le souhaitent. Une Nouvelle Corse était un parti d’exploration du corps électoral. Il était destiné à conquérir le pouvoir territorial et à entrer à l’Assemblée. Cette première étape a été franchie. Aujourd’hui, le temps est venu de franchir un nouveau pas et d’avoir un parti d’élection, c’est-à-dire un parti qui reconnaît la dimension élective de ceux qu’il a désignés en décembre dernier. L’idée est que nous ne soyons plus dans une approche de conquête élective, mais dans une approche d’alimentation des élus. Il faut, donc, entrer dans une organisation beaucoup plus dense en termes, à la fois, de maillage territorial et de production d’idées pour nourrir l’ambition de conquérir le pouvoir territorial. Tout en restant fidèle à l’esprit d’Une Nouvelle Corse.
 
- Pourquoi abandonner cette structure ?
- Nous ne l’abandonnons pas ! La fonction élective, qui est la nôtre, conduit à une évolution naturelle. Ce n’est pas un reniement, c’est un pas supplémentaire ! Ce n’est pas un dos tourné aux fondamentaux d’Une Nouvelle Corse, bien au contraire ils restent toujours d’actualité. L’idée, à l’époque, était d’être distinct des mouvements nationaux. C’est toujours le cas. L’idée était d’incarner une droite régionaliste. En vertu de tout ce que nous avons dit pendant la campagne électorale et contrairement aux procès qui nous sont faits, c’est toujours le cas. Il faut, par contre, bien expliquer ce qu’est être régionaliste ! Si d’aucuns ont pensé qu’être régionaliste, c’était être nationaliste, ils se sont trompés ! Peut-être avons-nous souffert d’un défaut d’explication ! Il y a huit ans, le concept de droite régionaliste apparaissait comme fantaisiste. Aujourd’hui, il est tellement installé qu’on nous accuse de ne pas l’être assez !

- Quels seront les statuts de ce nouveau parti ? Cela signifie-t-il un nouveau nom ?
- Oui ! A nouvelle donne, nouveau nom ! Des gens, qui m’ont accompagné pendant les élections, ne sont pas issus d’Une Nouvelle Corse, il faut, donc, respecter la diversité des personnes qui nous ont fait confiance et ont été élues. Ce sera un parti politique, assumé, revendiqué, avec toutes ses composantes : une association de financement, un think tank, un bureau exécutif, une section jeunes, des commissions… Tout cela sera dévoilé à l’automne à l’horizon octobre-novembre lors d’une assemblée générale. Aujourd’hui, à Corte, nous avons tenu une réunion préparatoire pour associer les futurs cadres de ce mouvement. J’ai souhaité qu’on le fasse savoir.
 
- Vous parlez de capitaliser sur les résultats des derniers scrutins. A qui vous adressez-vous ? Qui comptez-vous rassembler ?
- Avant de rassembler les autres, il faut, d’abord, se rassembler soi-même ! L’objectif premier assumé de ce nouveau parti est de rassembler ces 22 000 personnes et de créer les conditions pour donner une continuité à l’élection territoriale. Il y a deux formules : soit on se contente, une fois tous les cinq ans, d’aller vers les gens, soit on tente de retrouver ceux qui nous fait confiance, de les fédérer et de les rendre acteurs. Un élu n’est pas plus acteur qu’un militant. Je souhaite que nous rentrions dans une culture militante afin que les élus soient les relais de cette force militante et que nous arrivions à mailler le territoire, à avoir des représentants de partout. Nous allons essayer de revoir le logiciel. C’est plus difficile, donc plus exaltant !
 
- Se présenter comme la droite régionaliste, est-ce suffisant ?
- C’est le support de ce rassemblement. Je n’ai pas l’intention de renier ce que je suis ! Mais, il faudra aller au-delà. Regarder le monde politique avec les yeux d’il y a 20 ans serait, à mon avis, ne pas tenir compte de ce qui s’est passé ces dernières années dans le monde politique en France, en Corse notamment. Penser que le pouvoir régional a besoin de se distribuer, en vertu d’alternances, entre la droite, les gauches et les Nationalistes, est faire fausse route. Il y a d’autres façons d’appréhender la vie politique. Le pouvoir territorial a ses qualités, mais aussi ses limites. L’opposition a sûrement ses limites, mais aussi quelques qualités et veut exister. Le temps est venu de proposer aux Corses un parti qui leur ressemble, qui ressemble à cette nouvelle façon de faire de la politique. C’est la raison pour laquelle nombre de jeunes pousses nous accompagnent dans cet effort et en seront bientôt les fers de lance. Notre devoir, en tant que responsables politiques, est de créer des relais sans s’enfermer dans une fonction élective, d’être capables, quand on a l’ambition politique pour une société, de faire confiance aux jeunes et de rendre cet espoir fécond.

- Jean-Michel Mosconi, président de La Corse pour tous, estime que la droite n’est, ni audible, ni crédible, et lance un appel au sursaut et au rassemblement. Comment réagissez-vous ?
- On se connaît bien avec Jean-Michel ! Nous l’avons invité à nous rejoindre pour y adjoindre son ambition, son dynamisme et ses relais. Le ton, qu’il emploie, est celui de la fougue que la jeunesse impose ! L’exercice des réalités est beaucoup plus complexe. Ceci dit, on ne peut être qu’en phase avec l’idée qu’à un moment donné, il faudra bien converger. Encore une fois, avant de rassembler les autres, il faut se rassembler soi-même. Ce n’est pas une petite affaire que de commencer à rassembler dans une organisation, en tenant compte des sensibilités de chacun, les personnes qui nous ont fait confiance en décembre dernier. Le temps viendra où il faudra jeter des passerelles vers, d’abord, nos alliés naturels, mais aussi vers d’autres qui ont vocation à nous rejoindre.
 

- Laurent Marcangeli crée aussi son propre mouvement. Quels rapports entretenez-vous ? Ne craignez-vous pas de vous faire concurrence ?
- La concurrence n’a plus de sens parce que nous sommes condamnés à nous unir ! La question n’est plus de savoir si nous le voulons, obligation est faite de nous unir. Donc, le temps venu, avec Laurent et avec d’autres, nous unirons nos efforts. Nos démarches sont évidemment – nous en avons parlé – tout à fait complémentaires. Laurent souhaite, aujourd’hui, reconquérir le terrain depuis Ajaccio. Comme élus à l’Assemblée de Corse, l’objectif, que nous fixons, est d’avoir un maillage territorial. Nous n’avons pas vocation à contrarier le destin municipal de Laurent, pas plus que Laurent a vocation à contrarier le destin territorial que nous essayons, aujourd’hui, de développer sur tout le territoire.
 
- Comptez-vous présenter des candidats aux prochaines municipales ?
- On ne peut pas me faire le procès de fuir le suffrage universel ! Je crois avoir prouvé à l’occasion des derniers scrutins que je l’affrontais avec la part de risque qui s’y attache. Je compte évidemment que mon parti aille au devant des électeurs et fasse l’expérience du suffrage universel en bonne intelligence avec ceux avec qui nous avons vocation à composer demain. Autant le dire tout de suite, cela fait partie des objectifs stratégiques que nous devons assumer. Un parti politique est fait pour faire de la politique, c’est-à-dire être sur le terrain au quotidien, mais aussi être devant les électeurs chaque fois que le suffrage universel lui en donne l’occasion. C’est sa raison d’être ! Nous présenterons des candidats tête de liste ou associés sur toutes les grandes places que compte la Corse aujourd’hui.
 
- Envisagez-vous des alliances élargies aux autres partis traditionnels, notamment de gauche ?
- Ne brûlons pas les étapes ! Mon attachement de mettre les idées avant les hommes m’a été assez reproché ! Un parti politique se distingue, d’abord, par son identité politique. Laissez-nous le temps de dévoiler cette identité politique, de fabriquer la marque de ce nouveau parti. Chacun se positionnera, le moment venu, en fonction des idées que nous porterons dans l’opinion. En fonction de ses idées et des stratégies que nous développerons, nous jetterons des passerelles vers les uns ou les autres, mais n’anticipons pas les alliances. Nous avons fait la mauvaise expérience, lors des territoriales, du dit front républicain qui n’a jamais existé ! L’essentiel des débats a tourné autour du second tour alors que le premier tour n’était pas passé ! On a vu ce que cela a donné ! Nous n’entendons pas retomber dans ce piège grossier. Nous avons deux ans pour structurer la démarche, conduire une assemblée générale et en faire la promotion sur le terrain. Lorsque les conditions stratégiques seront réunies, nous ferons,  ce moment-là, savoir avec qui il est possible de s’entendre au service des intérêts supérieurs de la Corse.
 
- L'alternative à la majorité territoriale, est-ce un objectif vraiment réalisable pour les prochaines territoriales ?
- En politique, il faut, d’abord, réunir ses propres forces. C’est ce que je m’emploie à faire avec une volonté de rentrer dans une stratégie de relais. Des jeunes pousses méritent, par leur talent et leur créativité, d’être mises en avant et de trouver leur accomplissement dans un parti neuf, moderne, revisité. Parmi les objectifs, il y a évidemment la conquête du pouvoir territorial. Nous siégeons très clairement dans l’opposition. Les dernières séquences ont fait, de nous, une opposition que certains considèrent, à tort, comme une opposition systématique. Nous aurons l’occasion de prouver que nous devons aussi être constructifs au service de la Corse. C’est, à la fois, par la vie de ce nouveau parti politique et la vie des élus à l’Assemblée de Corse que nous ferons la démonstration que nous sommes en capacité d’incarner une alternance. Mais, ne brûlons pas les étapes ! Le moment des alliances, des stratégies et de la conquête viendra naturellement.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.




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