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Jean Lassalle en Corse : "Je suis venu en homme de paix"


Julia Sereni le Lundi 28 Mars 2022 à 15:26

Candidat pour la seconde fois à l’élection présidentielle, Jean Lassalle est en déplacement en Corse pour deux jours. Le député des Pyrénées-Atlantiques, qui siège au sein du groupe Libertés et Territoires aux côtés des élus nationalistes, entend venir « en homme de paix », dans un contexte insulaire tendu.



Le candidat à l'élection présidentielle Jean Lassalle est arrivé ce 28 mars à l'aéroport d'Ajaccio. Photo : Julia Sereni
Le candidat à l'élection présidentielle Jean Lassalle est arrivé ce 28 mars à l'aéroport d'Ajaccio. Photo : Julia Sereni

Vous êtes en Corse pour deux jours, dans un contexte particulièrement délicat sur l'île, pourquoi ce déplacement ?

Je viens me ressourcer en Corse. Malheureusement, ce qui tient lieu d’élite parisienne devient totalement folle. Plus rien n’est respecté dans cette campagne, où même la Constitution est foulée au pied, les temps de parole ne correspondent plus à rien. Je viens ici car je me suis toujours senti bien en Corse. Alors, bien entendu, il ne m’a pas échappé que j’arrivais dans une Corse, hélas, à nouveau très durement secouée, profondément émue. C’est trop bête, trop terrible, car un très bon travail était en train de se faire, même si les choses n’avançaient pas aussi vite que prévu. Là, ce qui est arrivé à Yvan Colonna vient faire ressurgir tous les mauvais souvenirs, alors qu’après tant d’années de combat, les choses commençaient à prendre tournure.

Vous diriez que l’État a failli dans cette affaire ?

En tout cas, une chose est certaine : on a du mal à imaginer que l’on puisse frapper à mort un prisonnier aussi théoriquement surveillé qu’Yvan Colonna. Donc il est évident que c’est un point qu’il conviendra d’éclaircir et je demanderai une commission d’enquête parlementaire. Il faudra savoir ce qu’il s’est réellement passé car huit minutes (NDLR : la durée de l'agression subie par Yvan Colonna), c’est quand même très long. Et il y a un autre point important, qui existe au Pays Basque aussi, c’est cet entêtement de l’État à ne pas vouloir poser des gestes de paix, comme le rapprochement des prisonniers.

Le rapprochement de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi a été annoncé le 22 mars dernier. C'est insuffisant ?

Jusqu’à présent, ils n’avaient pas été rapprochés. Ce n’est pas arrivé au moment où cela aurait dû arriver. Ceci étant, ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas s’emporter et perdre raison. Tout ce qu’a fait la Corse mérite mieux que tout ce que nous entendons et vivons aujourd’hui. J’ai une pensée pour Madame Claude Érignac, dont le mari a été tué ici, et j’imagine son chagrin et celui de sa famille. Et de la même manière, j’ai une pensée pour Yvan Colonna et j’éprouve le même sentiment pour lui et sa famille.

Certains hommages rendus à Yvan Colonna tels que les drapeaux mis en berne par la Collectivité de Corse ont choqué au plus haut niveau de l’État. Votre avis ?

Ce qui est excessif est dérisoire. Lorsqu’on a la responsabilité d’un pays comme la France, qui a la chance de vivre avec la Corse depuis si longtemps, il faut faire attention à ne pas utiliser certains mots. C’est celui qui a le niveau de responsabilité le plus élevé qui doit se montrer le plus magnanime, et ce n’est pas à lui de mettre de l’huile sur le feu. Il y a eu un trop plein d’émotions qui a éclaté et c’est compréhensible, car malgré tous les progrès faits notamment grâce aux députés corses à l’Assemblée et au président de l’Exécutif Gilles Simeoni, tout reste à fleur de peau. Moi, je suis venu en homme de paix.

Le gouvernement parle d’autonomie. Le croyez-vous sincère, et pensez-vous que cela soit la bonne direction ?

Savoir si la démarche est sincère, je ne peux pas me mettre à leur place. Mais je vois tant de choses insincères que je ne sais vraiment pas qui croire. En revanche, je crois que c’est nécessaire de parler. Je remarque que des solutions ont pu être trouvées dans d’autres pays comme pour les Açores avec le Portugal. Les Açores ont un statut d’autonomie très large, avec un pouvoir régalien qui reste au Portugal. Je crois que cela pourrait convenir à la Corse. Je ne pense pas que la Corse veuille lever une armée pour avoir l’indépendance. Il faut remettre un peu d’équilibre et, surtout, apaiser les esprits.

Vous êtes arrivé en tête des parrainages des élus, comptez-vous particulièrement sur la Corse pour cette élection présidentielle ?

Oh oui. La dernière fois, elle m’avait réservé un score magnifique (NDLR : 5,6% en Corse au premier tour de la présidentielle de 2017, contre 1,2% au niveau national), parce que je crois que nous nous comprenons parfaitement. Entre une situation insulaire telle que celle de l’île et une situation de vallée de montagne profonde comme nous avons dans les Pyrénées, il y a beaucoup de points de convergence. Ce même sentiment d’abandon, que l’on ressent si souvent, qui est si dur à supporter, ce même sentiment d’être toujours montrés du doigt parce que l’on aspire à parler une langue, qui est la notre, parce que l’on aspire à la différence, qui pourtant apporte à notre pays. Que serait la France sans la Corse ?

Vous parlez de la langue, seriez-vous favorable à la coofficialité ?

Pas de problème, bien sûr ! C’est le bon sens même. Tout comme la coofficialité de la langue basque, par exemple. En politique, il faut regarder les choses telles qu’elles se présentent. Il faut apprendre les langues régionales partout où elles ont été abandonnées. Et c’est avec ceux qui ont le plus avancé sur ces questions qu’il faut faire les choses. Je pense qu’il faut s’appuyer sur la notion de province, et non de régions, car c’est ce qui a apporté à notre pays une couleur, une culture, des productions. C’est notre patrimoine commun.

En meeting à Ajaccio et Biguglia, quel message allez-vous faire passer aux Corses ?

Je vais dire que j’ai toujours été un homme de paix, ce qui ne m’a pas empêché d’être un combattant, toute ma vie durant. Il faut éviter par tous les moyens le sang qui coule, car il est toujours versé par des innocents, ou, la plupart du temps, des gens qui n’y étaient pour rien, alors que ce que nous avons à faire est tellement plus grand et plus beau pour eux.

Ce lundi 28 mars, Jean Lassalle sera en dédicace à la librairie la Marge à Ajaccio à 17 heures, puis en réunion publique au Palais des Congrès à 20 heures. Mardi 29 mars, il se rendra à Corte à 11 heures 30, puis à la librairie Papi à 17 heures, avant de terminer la journée à Biguglia, pour une réunion publique à l’espace culturel Charles Rocchi, à 20 heures.

















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