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Jacky Padovani : « Je vais gagner, car je me bats contre le système de l’Exécutif de Haute-Corse ! »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 28 Février 2015 à 22:27 | Modifié le Lundi 2 Mars 2015 - 10:38


Le Cap Corse sera, certainement, le canton le plus suivi lors des élections départementales des 22 et 29 mars prochain. Alors qu’il aurait du être acquis à la majorité territoriale, le duel fratricide à gauche bouleverse une donne que l’on pensait sûre. La triste bataille pour la brève présidence du Conseil général de Haute-Corse, a rendu ennemis les deux conseillers généraux sortants, Jacky Padovani, maire de San Martino di Lota, et François Orlandi, maire de Tomino, qui se retrouvent en lice dans ce nouveau canton qui englobe près de 13 000 habitants. Evincé de la présidence par, selon lui, Paul Giacobbi, Jacky Padovani, qui termine son 3ème mandat et ne comptait pas se représenter, entend bien l’emporter. C’est, explique-t-il à Corse Net Infos, une question d’honneur !


Jean Jacques Padovani, maire et conseiller général sortant de San Martino-di-Lota, candidat dans le nouveau canton du Cap Corse.
Jean Jacques Padovani, maire et conseiller général sortant de San Martino-di-Lota, candidat dans le nouveau canton du Cap Corse.
- Vous ne comptiez pas vous représenter. Est-ce le triste épisode de la présidence du Conseil général qui a motivé votre candidature ?
- La 1ère raison, qui m’a poussé à me présenter à la présidence du Conseil général et, actuellement, à l’élection départementale, c’est l’humiliation que j’ai subie et qui m’a été infligée par Paul Giacobbi devant l’ensemble de mes collègues de la majorité départementale !
 
- Pensiez-vous que cette présidence vous revenait de droit ?
- Rien ne revient de droit ! Mais, je citerai la phrase que Paul Giacobbi a dite en introduction de la réunion de l’Ostella : « Jacky, ça te revient de droit, mais j’ai choisi François Orlandi ! ». C’est une phrase que je supporte très mal parce c’est aux électeurs, et rien qu’aux électeurs, de choisir qui ils veulent mettre à telle place ! C’est ce qui a motivé ma volonté de continuer et ma candidature dans cette élection… que je vais gagner ! Je le dis peut-être, aujourd’hui, avec un peu de prétention, mais c’est une élection que je vais gagner !
 
- Qu’est-ce qui vous permet d’en être sûr ?
- Je vais gagner parce que je me bats contre le président du Conseil général de la Haute-Corse et contre le président du Conseil exécutif de l’Assemblée de Corse (CTC). Je ne me bats pas, comme dans n’importe quel canton, contre un adversaire normal. Je me bats contre le système instauré depuis un certain temps par l’Exécutif de Haute-Corse.
 
- Vous êtes, donc, très confiant…
- Oui, parce que j’ai trop confiance dans le suffrage universel ! Je disais que l’élection de la présidence du Conseil général s’est jouée avec un arbitre qui s’appelle Paul Giacobbi. Au stade, souvent, les matchs sont perdus parce que l’arbitre a mal sifflé. Et là, je pense qu’il a très mal sifflé ! Tout le monde a vu dans quelles conditions, l’élection s’est passée : des conditions de trahisons, une procuration au 3ème tour alors qu’il n’y en avait pas dans les deux premiers… Des choses innommables qui n’ont rien à voir avec la démocratie ! Ce sont des pratiques d’un autre âge, d’un autre siècle !
 
- Comment expliquez-vous que Paul Giacobbi ait fracturé sa majorité à la veille d’une élection déterminante pour les scrutins suivants ?
- C’est à lui qu’il faut poser la question ! Je ne ressens plus la majorité départementale comme une majorité de gauche. Toutes les tendances la rejoignent. Je n’ai rien contre les alliances, mais il faut donner une substance à une majorité ! Souvent, nous étions obligés d’être en désaccord parce qu’entre membres de cette majorité, nous ne voyons pas les choses de la même façon. Les réflexions de Paul Giacobbi étant inconnues, je n’arrive pas à comprendre les raisons qui l’ont amené à avoir cette politique en Haute-Corse. Je ne suis pas le premier à être sur la sellette. Avant moi, il y en a eu d’autres qui ont subi les mêmes conséquences pour avoir dit ce qu’ils pensaient. 
 
- Quatre listes sont en lice, mais peut-on dire que votre seul adversaire est François Orlandi, votre ancien allié ?
- François Orlandi, c’était plus que mon allié, c’était mon ami ! Je l’ai soutenu dans tous ses combats politiques parce qu’il était très proche de moi. Nous appartenions, d’ailleurs, au même groupe, le plus petit groupe du département. Nous avons toujours travaillé ensemble. Politiquement, nous étions toujours d’accord. Il n’y a jamais eu la moindre ombre entre nous. Maintenant, il s’en est dressée une entre nous qui s’appelle : Paul Giacobbi ! Aujourd’hui, ce n’est plus une ombre, c’est un orage !
 
- Si vous êtes élu, serez-vous candidat à la présidence du département ?
- Si je gagne, oui ! Je serai candidat !
 
- Qu’est-ce qui a motivé le choix de votre binôme et des suppléants ?
- J’ai fait mes choix en fonction de mes idées politiques. Je suis un progressiste identitaire. Je milite, depuis bientôt 30 ans, pour une Corse autonome.
 
- Vous êtes autonomiste ?
- Je suis autonomiste, depuis bien longtemps ! Je l’étais quand d’autres étaient CFR ! J’ai créé un groupe au Conseil général, en 1987, qui s’appelait Corse Démocratie et prônait l’autonomie. Avec François Tiberi, le pauvre Claude Olivesi, l’actuel maire de Luri, Dominique Cervoni, et Joseph Castelli, nous demandions, dès juillet 2000, la création d'une Assemblée unique avant 2004 et nous étions prêts à travailler pour la mettre en place et la rendre opérationnelle. Aussi je ne comprends pas pourquoi on montre du doigt certaines de mes positions politiques ! Personne ne m’apprend rien !
 
- Votre colistiers partagent-ils votre point de vue ?
- Oui ! Mon binôme et les suppléants sont dans le même esprit que moi. Mon binôme, Mme Danielle Vincent, qui était directrice de l’hôpital de Bastia et vient de partir à la retraite, est conseillère municipale à Luri. Mon suppléant, Ange-Pierre Vivoni, conseiller général sortant et maire de Sisco, est un socialiste progressiste et identitaire, partisan, aussi, d’une Corse autonome.
 
- Choisir Ange-Pierre Vivoni, qui a, aussi, subi le contrecoup de ses prises de positions et est en rupture de ban de la majorité départementale, n’est-il pas lourd de sens ?
- Lui aussi a subi ! En politique, on reçoit et on subit, mais il ne faut jamais être revanchard ! Je ne suis pas revanchard ! Je vais expliquer, tout au long de cette campagne, les raisons qui m’ont poussé à être candidat. Je termine mon 3ème mandat avec une particularité un peu exceptionnelle parce que j’ai fait trois mandats de 7 ans, ce qui fait 21 ans. Certains pourraient penser que je suis, peut-être, un peu âgé… C’est vrai ! J’avais prévu de me retirer, mais les circonstances ont voulu que je sois obligé, ne serait-ce que par fierté, pour défendre mon honneur, l’honneur de ma famille, de mes enfants et de mes petits-enfants, d’être candidat à cette élection !
 
- Vous êtes pour la Collectivité unique, donc pour la suppression des départements. Comment part-on en campagne pour siéger dans une institution qui va disparaître ?
- L’Assemblée unique, aujourd’hui, n’est qu’un acte politique. Il y a tout à mettre en œuvre pour la rendre opérationnelle. Il faut régler les problèmes juridiques avec l’Etat, les problèmes techniques et financiers, et la situation des personnels. Comment peut-on penser faire une Assemblée unique sans consulter 4500 salariés ! Il ne faut pas savoir ce qu’est la démocratie pour penser cela ! Comment transférer 4500 salariés à la région sans savoir exactement comment les répartir et ce qu’ils vont y faire ? Qui va payer l’ensemble des dettes de la Haute-Corse et celles de la Corse du Sud ? Comment seront répartis les emprunts toxiques du département de la Haute-Corse et de la CTC ? Qui va payer ? Chaque département va-t-il payer seul ses propres dettes ou le règlement sera-t-il globalisé, mettant tout le monde à égalité ? Il est hors de question de rééquilibrer le système en augmentant les impôts ! Nous nous y opposerons fortement !
 
- L’enjeu de l’élection est-ce, donc, pour vous, la transition ?
- Oui ! Tout le travail sera là. Ce sera la grosse bataille des conseillers départementaux qui seront élus en mars ! C’est là que leur efficacité, leur esprit démocratique, leur capacité d’aide, la parité pourront être efficaces. Les deux ans et demi, que durera notre mandat, seront essentiellement consacrés à cet objectif. Et, je me demande si ce temps sera suffisant pour réussir la transition ! Il ne faut pas comprendre les choses publiques pour, dans cette campagne électorale, promettre de lancer de gros programmes, notamment d’équipement ! Le dire serait mentir ! Nous n’aurons même pas le temps ! Il faut une mandature de six ans pour cela.
 
- Sur quels thèmes faites-vous, alors campagne ?
- Je vais, d’abord, dire aux électeurs du cap Corse ce que je viens de vous dire. Je leur dis que les compétences du département, qui sont toujours en cours et que nous aurons à gérer durant deux ans et demi, seront au service des populations. L’aide aux communes et aux associations, ainsi que l’aide sociale seront au service du plus grand nombre.
 
- De quoi ce canton du Cap Corse a-t-il, selon vous, besoin ?
- Sa côte Est a besoin d’un projet, que j’ai déposé en 1998 avec mon ami Jean Motroni : une bretelle qui part de Sisco et qui arrive au Nord de Bastia. Nous l’avons demandé au COREPA (Comité régional de programmation des aides), l’organisme qui donne les financements du PEI (Programme exceptionnel d’investissements). Je vais vous donner des chiffres qui veulent tout dire : 16 500 véhicules passent, en moyenne, par jour, devant la mairie de Pietranera ! C’est le chemin départemental (CD) le plus fréquenté de Corse ! L’été, on atteint des pics à 27 000 véhicules/jour.
 
- Allez-vous porter ce projet si vous êtes élu ?
- Oui ! Je prédis, depuis 15 ans, que si nous ne programmons pas cette route qu’il faudra 10 ans pour réaliser, les communes semi-urbaines autour de Bastia connaîtront des problèmes d’embouteillage. Mais, pour le Cap, ce sera un gros problème économique ! Le CD 80, qui fait le tour du Cap, est déjà saturé. Il ne peut pas être élargi, il ne peut qu’être amélioré avec de l’enrobé, des petits trottoirs... Un jour, le Cap sera asphyxié, c’est son économie qui en pâtira ! Le PADDUC dit qu’il faut développer harmonieusement le Cap Corse. Mais, sans route, on ne développe rien ! On ne fait pas marcher les gens à pied ! A moins de prévoir des navettes par bateau… ou par hélicoptère !
 
- N’est-ce pas un programme à moyen terme ?
- Ce programme est prêt et déposé. Il ne reste qu’à le financer. Les 10 ans programmés d’intervention de la CTC sur la Corse en matière de voirie s’arrêtent au Sud de Bastia. Pas un centime n’est prévu dans le Cap Corse ! A part 1 million € d’enrobé après Toga ! Le reste, ce sont des travaux à la charge du Conseil général. Par comparaison, la déviation de Bocognano a coûté 250 millions € pour 2500 véhicules/jour. Le Cap Corse est vraiment une île dans l’île ! Il est oublié ! Je vais porter ce projet et j’espère que je serai entendu, ne serait-ce que par les élus du Cap Corse ! Des élus importants siègent à la CTC, comme Pierre Chaubon qui devrait jouer un rôle plus important dans le développement du canton. D’autant plus qu’il est président de la Communauté d’agglomération du Cap Corse ! Il devrait prendre en main ce dossier et essayer de le faire avancer un peu plus rapidement.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

Dans le canton du Cap Corse, quatre binômes sont en lice :
- Gauche DVG : Jean Jacques Padovani et Daniel Vincent.
- Majorité départementale de gauche : François Orlandi et Sylvie Retali-Andreani.
- Front de Gauche : Michel Stefani et Julie Boccheciampe.
- Corsica Libera : Sébastien Quenot et Paula Susini.
 



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