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"J'ai fait une connerie, emmène-moi à la gendarmerie" : le procès du féminicide de Lisula s'est ouvert à Bastia


La rédaction avec l'AFP le Jeudi 10 Juin 2021 à 20:33

"Justice pour Julie": le procès de l'ex-compagnon de Julie Douib, accusé de l'avoir assassinée en 2019 -un féminicide qui avait suscité une vaste mobilisation contre les violences faites aux femmes - s'est ouvert jeudi à Bastia.



"J'ai fait une connerie, emmène-moi à la gendarmerie" : le procès du féminicide de Lisula s'est ouvert à Bastia
"Ce qu'il a fait vivre à Julie Douib, il l'avait déjà fait vivre à Saveria", assure devant la cour d'assises de la Haute-Corse, la directrice d'enquête, évoquant une précédente compagne de l'accusé, Bruno Garcia-Cruciani, 44 ans, crâne rasé, vêtu d'un jean bleu, d'un tee-shirt et d'un masque noirs.
Jugé jusqu'au 16 juin, il comparaît pour assassinat et encourt la réclusion à perpétuité pour le meurtre de Julie Douib, avec qui il avait eu deux fils, et qu'il a tuée en lui tirant dessus chez elle à L'Ile-Rousse (Haute-Corse) en mars 2019, quelques mois après leur séparation.


Plusieurs témoins manquaient à l'ouverture de son procès, dont Saveria, sa compagne avant Julie Douib, qui a transmis des certificats médicaux faisant état "d'un état psychologique fragile" et a indiqué "craindre des représailles".
A la barre, la directrice d'enquête a néanmoins relaté les violences subies par la jeune femme, "complètement terrorisée" lors de son audition en 2019 alors que leur séparation remonte à 2005.
Pour l'enquêtrice, le mobile du  meurtre de Julie Douib - qui avait déposé plusieurs plaintes et mains courantes contre son ex-compagnon, comme son père et l'accusé lui-même - "est lié à une rupture mal digérée et à une liaison secrète (de la victime) avec un prof de sport".
Trentième féminicide sur les 146 dénombrés en 2019, le crime avait suscité des questionnements et une vive émotion dans toute la France en 2019, entraînant l'organisation d'un "Grenelle" des violences faites aux femmes.
Le procès de son meurtrier, qui a reconnu en partie les faits même s'il nie toute préméditation, s'est ouvert au lendemain de l'annonce par le gouvernement de nouvelles mesures après les conclusions d'une mission d'inspection diligentée dans la foulée d'un féminicide commis à Mérignac (Gironde) début mai, et qui pointent une série de défaillances dans le suivi du conjoint violent multirécidiviste et la protection de la victime.

"Pense à tes enfants"

Evoquant ce contexte, l'avocat de l'accusé, Camille Radot a dit à l'AFP avant l'audience jeudi qu'il espérait que son client serait "jugé normalement": "On a voulu faire de ce cas un emblème, on ne voit pas pourquoi M. Garcia devrait payer ce prix-là", a-t-il insisté.
A la barre, les enquêteurs sont, eux, revenus sur les propos en garde à vue de Bruno Garcia-Cruciani.
Evoquant le fait qu'il venait de découvrir que son ex-conjointe avait un nouveau compagnon, il lance: "J'étais écoeuré le vendredi, décomposé le samedi, le dimanche, il s'est passé ce qu'il s'est passé".
Toujours en garde à vue, l'accusé a reconnu être venu au domicile de son ex-compagne, dont il était séparé depuis septembre 2018, armé, "pour lui faire peur".
Un premier coup de feu a été tiré "accidentellement" avant un second, "tiré volontairement" mais dont il ne se "souvient pas bien" du fait d'un "trou noir", tout comme un troisième tir, relate un autre enquêteur. Rentré chez lui, l'accusé dit alors à son beau-frère: "J'ai fait une connerie, emmène-moi à la gendarmerie".


Ce même beau-frère était présent la veille des faits, quand Bruno Garcia-Cruciani s'entraîne dans son jardin à tirer avec son pistolet équipé d'un silencieux devant ses enfants, selon le témoignage de ces derniers rapporté par les enquêteurs. "Ne fais pas ça, pense à tes enfants, si tu fais ça, tu vas les perdre", lance-t-il alors à l'accusé, selon la directrice d'enquête.
Lors des disputes du couple, c'est "souvent" le fils cadet du couple "qui consolait sa mère" et son aîné qui "nettoyait les dégâts", relate-t-elle encore, décrivant des enfants "très préoccupés par le devenir de leur mère". Celle-ci s'était équipée d'une "bombe lacrymogène" et d'une "lampe taser" qui étaient "toujours à portée de main" mais n'ont pu empêcher le drame.
Les deux enfants ne sont pas présents au procès de leur père.
Les parents de Julie Douib et son frère, eux, sont là. "J'attends juste qu'il nous dise la vraie vérité", dit le père Lucien Douib à la presse.
Sur les grilles du palais de justice a été fixée une large banderole portant le portrait de la jeune femme et demandant "Justice pour Julie".
mc/mdm/sr
© Agence France-Presse



















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