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Hyacinthe Vanni : "Il faut régler une fois pour toutes les défaillances du réseau mobile et d'Internet"


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 20 Septembre 2018 à 20:51 | Modifié le Vendredi 21 Septembre 2018 - 10:24


Une saison estivale calamiteuse en matière de réseaux de téléphonie mobile. Des pans entiers de l’intérieur de l’île sans aucune connexion, même pas pour passer un appel de détresse. Des antennes relais saturées par l’afflux touristique et des abonnés en colère. Alors que des villes passent sur le continent en 5G, la Corse s’enfonce un peu plus chaque été dans une fracture numérique préjudiciable à son développement. Le président du groupe Femu a Corsica et vice-président de l'Assemblée de Corse, Hyacinthe Vanni, s’en est ému, jeudi matin, par le biais d’une question orale, en ouverture de la session de rentrée de l’Assemblée de Corse. Interpellé, le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, s’est engagé à intervenir auprès des opérateurs et annoncé la mise en place rapide de pylônes avec antennes-relais dans certaines zones. Explications, pour Corse Net Infos, de Hyacinthe Vanni.


Hyacinthe Vanni, président du groupe Femu a Corsica et vice-président de l'Assemblée de Corse. Crédit photo M.L.
Hyacinthe Vanni, président du groupe Femu a Corsica et vice-président de l'Assemblée de Corse. Crédit photo M.L.
- Vous vous êtes ému des carences des réseaux mobiles en zone rurale. La couverture téléphonique a-t-elle été particulièrement défaillante cet été ?
- Oui ! Elle a été très défaillante cet été, mais elle est aussi très défaillante l’hiver. Nous qui faisons de la route tous les jours, nous constatons que sur le trajet Bastia-Ajaccio, on ne peut pas téléphoner plus de cinq minutes d’affilée sans que la communication soit coupée. C’est insupportable ! Le téléphone et surtout Internet sont devenus des outils de travail incontournables. L’accès aux réseaux Edge, 3G ou 4G est un enjeu capital pour construire une société moderne, ouverte et émancipée. Or, il est impossible dans le rural et dans les villages de l’intérieur d’obtenir une connexion correcte. Cela devient très problématique !
 
- Quelles en sont les causes ? Un manque d’antennes relais en zone rurale ?
- Oui ! Si on regarde la carte de la répartition des antennes relais en Corse, on ne peut que constater de nombreuses disparités. On s’aperçoit que toutes les zones rurales ne sont pas couvertes. De nombreuses « zones grises » sont couvertes uniquement par un seul opérateur. Dans les « zones blanches », absolument aucun réseau n’est disponible, même pas un numéro de secours. C’est très dangereux pour la sécurité ! A l’heure où les grandes agglomérations continentales envisagent le passage à la 5G, comment accepter qu’un habitant de l’Alta Rocca ne puisse pas passer un appel de détresse au 112 sur la route du col de Bavella ou qu’un chef d’entreprise soit dans l’impossibilité de répondre à un mail, de joindre un employé ou un client par manque de réseau ! C’est, je le répète, inacceptable !

- Les villes sont-elles aussi impactées ?
- Oui ! L’été, le phénomène touche aussi les grandes agglomérations et enfle avec la pression touristique. Dans certains endroits, la population va jusqu’à tripler durant le pic du mois août. Certains opérateurs ne peuvent assurer qu’une cinquantaine d’appels  simultanément sur une même antenne relais. Ce qui limite donc les appels passés dans la zone de l’antenne relais, surtout dans les régions bastiaise et ajaccienne où le nombre d’appels par zone est le plus important. Cet été, la saison a été particulièrement calamiteuse avec un réseau saturé et des pannes à répétition. Cela a, à juste titre, généré des inquiétudes et parfois même la colère des Corses qui, dans ces zones, se retrouvent exclus des réseaux d’échanges modernes.

- Qu’avez-vous demandé à l’Exécutif ?
- D’intervenir auprès des opérateurs téléphoniques pour qu’ils s’engagent à pallier ces carences et à faire en sorte que le réseau mobile ne soit pas saturé lors de la prochaine saison touristique. Il faut régler ce problème une fois pour toutes parce qu’il renforce, chaque jour, un peu plus, la fracture numérique qui est une véritable source d’inégalités. Si on veut revitaliser le rural et l’intérieur et assurer le développement économique, il faut disposer au moins d’une couverture de téléphone et d’Internet digne de ce nom !

- Que vous a répondu l’Exécutif ?
- Le président de l’Exécutif a assuré qu’il allait interpeller sans délai les opérateurs et leur demander de faire un effort considérable en la matière. Il a confirmé qu’un certain nombre de mesures sont déjà actées, notamment l’installation de pylônes dans les zones blanches. Un plan est déjà validé. L’Exécutif territorial et le Comité de massif y travaillent. C’est en bonne voie. Cette réponse devrait réconforter tout le monde, à condition que tout soit fait rapidement.
 
- Cette réponse est-elle satisfaisante ?
- Oui, tout à fait. Ma question était une piqure de rappel. Je resterai néanmoins très vigilant pour que l’été 2019 ne soit pas aussi calamiteux que celui de 2018.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 



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