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Gilles Simeoni : « Cette victoire historique montre que la Corse ne veut plus du système ancien et nous fait confiance »


Rédigé par Nicole Mari le Lundi 19 Juin 2017 à 23:00 | Modifié le Mardi 20 Juin 2017 - 00:12


Pour la première fois, trois Nationalistes corses siègeront au Palais Bourbon. Dimanche soir, Michel Castellani, Jean-Félix Acquaviva et Paul-André Colombani, candidats de Pè a Corsica, ont été élus députés dans les deux circonscriptions de Haute-Corse et dans la deuxième circonscription de Corse du Sud. C’est une nouvelle victoire historique pour le mouvement national. Pour l’Exécutif territorial, aux affaires depuis 18 mois, c’est la confirmation de la dynamique d’union et la poursuite de l’état de grâce. Son président, Gilles Simeoni, revient, pour Corse Net Infos, sur les résultats de cette élection législative et sur ses conséquences. Il estime que, les Corses ont, à travers des scores sans appel, témoigné leur rejet de l’ancien système et leur confiance dans la capacité des Nationalistes à construire un nouveau modèle de développement.


Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), devant l'ancienne mairie de Bastia après l'élection des trois députés nationalistes.
Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), devant l'ancienne mairie de Bastia après l'élection des trois députés nationalistes.
-  Trois députés nationalistes, est-ce une surprise ?
- C’est, en tous cas, un résultat exceptionnel ! On sentait, ces dernières semaines, un mouvement profond dans les trois circonscriptions dans lesquelles nous étions qualifiés pour le 2nd tour. Non ! Ce n’est pas une surprise ! C’est véritablement une victoire historique !
 
- Comment expliquez-vous le soudain basculement d’un bastion comme Porto Vecchio où votre candidat ne partait pas favori ?
- Je pense que plusieurs facteurs se combinent. Certains facteurs relèvent du temps long : c’est le combat qui a été mené depuis des décennies. Certains relèvent d’un temps plus court : c’est le travail et le cycle qui ont été initiés avec la victoire aux élections municipales à Bastia en mars 2014, avec la victoire de la liste Pè a Corsica aux élections territoriales de décembre 2015, et avec le travail que nous avons accompli depuis. Tout ceci combiné conduit, aujourd’hui, à une dynamique d’ensemble au sein de la société corse. Une majorité de Corses s’est exprimée, ce soir, pour dire, à la fois, qu’elle ne veut plus du système ancien et qu’elle nous fait confiance pour être la force motrice de la Corse nouvelle que nous devons construire tous ensemble.
 
- Est-ce véritablement, comme le dit l’un de vos députés, la fin d’un monde ?
- C’est trop tôt pour le dire ! Il faut attendre d’avoir un peu plus de recul par rapport aux évènements. Les années à-venir nous permettront de mesurer ce qui est en train de se passer depuis plusieurs mois, voire des années. Je pense, néanmoins, que la Corse est à un point de bascule. Nous sommes en train d’écrire une page nouvelle de l’histoire de ce pays.
 
- Considérez-vous cette victoire comme un satisfecit décerné à votre action à la tête de l’Exécutif territorial ?
- Des résultats aussi massifs suscitent forcément beaucoup de joie, mais créent, aussi, beaucoup de responsabilités. Dans les trois circonscriptions où nous avons gagné, des milliers de Corses, qui ne partagent pas forcément toutes nos idées, nous ont fait confiance et ont contribué à notre victoire. Cela nous impose d’être encore plus ouverts, encore plus à l’écoute du terrain, encore plus disponibles et partageurs dans notre volonté d’impliquer toutes les forces vives dans la dynamique qui est, actuellement, à l’œuvre en Corse.
 
- Le taux d’abstention, très élevé sur toute l’île, vous pose-t-il question ?
- Oui ! Mais l’importance de ce taux d’abstention est, dans le cadre de cette élection législative globale, la conséquence de facteurs qui ne sont pas propres à la Corse. Il faut rencontrer les abstentionnistes, parler avec eux, comprendre le sens de leur défiance et y répondre. En même temps, même s’il est fort, ce taux d’abstention n’est pas de nature à affaiblir ou à relativiser la portée de la victoire de dimanche. C’est une victoire historique avec des scores considérables dans toutes les communes de l’île.
 
- A six mois des élections territoriales, est-ce de bon augure pour votre réélection ?
- Oui ! C’est un signe fort qui nous est adressé ! Une majorité de Corses nous fait confiance. Ce résultat nous encourage, à l’évidence, nous renforce, mais nous devons l’appréhender avec beaucoup d’humilité. Nous devons continuer à travailler et à faire la démonstration au quotidien que nous sommes dans une logique d’ouverture, de partage, de défense de l’intérêt général… C’est à cette condition que nous pourrons aborder l’élection territoriale de décembre 2017 avec confiance.
 
- Trois députés nationalistes, est-ce, aussi, un signal fort lancé à Paris ?
- Oui ! C’est une des leçons politiques fortes à tirer du résultat de dimanche soir. C’est un message que Paris doit absolument entendre. Depuis l’élection du nouveau président de la République, on nous explique que la France doit se réformer profondément, qu’elle doit changer son rapport à ses institutions, à l’Europe, à sa mémoire coloniale, à ses territoires… L’Etat doit aussi changer son rapport à la Corse ! Il doit accepter de reconnaître clairement et explicitement que ce qui se passe ici n’est pas seulement un problème d’ordre économique et social, même si l’économie et le social sont essentiels, mais un problème fondamentalement politique qui doit être traité par une solution politique.
 
- Avez-vous déjà eu un entretien avec le président Macron ?
- Pour l’instant, non ! Je pense et j’espère que nous aurons prochainement l’occasion de discuter avec le président de la République de la situation de la Corse et, surtout, des perspectives qu’il faut ouvrir.
 
- Etes-vous confiant dans ces perspectives ?
- Emmanuel Macron a été élu sur la promesse faite aux Français de réformer profondément la France et de changer les paradigmes politiques. J’espère qu’il saura le faire, aussi, pour la Corse.
 
- Qu’attendez-vous de vos députés nationalistes ?
- Nous les connaissons et nous militons avec eux depuis des années. Nous savons qui ils sont : des hommes compétents et déterminés à défendre les intérêts de la Corse. Je sais qu’ils seront, à Paris, les représentants de la Corse et des intérêts du peuple corse. Ils auront à faire un travail technique et politique de défense de ces intérêts, chaque fois qu’il y aura des questions qui, directement ou indirectement, nous concerneront. Ils auront, également, un rôle de représentation politique, de construction, d’échanges, de partage et de dialogue avec les autres députés et forces politiques françaises. Ils participeront au renforcement du rayonnement extérieur de la Corse et de notre action en dehors de l’île.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.



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