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Gilles Simeoni : "Au Premier ministre, et à travers lui et au Gouvernement et à l’Etat, de dire ce que sont leurs intentions"


Rédigé par le Samedi 30 Juin 2018 à 23:09 | Modifié le Samedi 30 Juin 2018 - 23:32


Avant sa rencontre lundi à Matignon avec le Premier ministre Edouard Philippe, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse rappelle dans un communiqué ce qu'il dira de vive voix au chef du Gouvernement : mépris du suffrage universel, dialogue de paix porté par les deux composantes de la majorité territoriale, urgences dans les domaines économique, social, foncier, culturel, projet d'article 72-5, rapprochement des prisonniers etc. Mais pour le président de l'Exécutif c'est au" Premier ministre, et à travers lui et au Gouvernement et à l’Etat, de dire ce que sont leurs intentions" pour la Corse.


Gilles Simeoni : "Au Premier ministre, et à travers lui et au Gouvernement et à l’Etat, de dire ce que sont leurs intentions"
Le texte de son communiqué :
Je rencontrerai, lundi 2 juillet à Matignon, M. Edouard Philippe, Premier ministre.
Président du Conseil exécutif de Corse, j’ai pour mission, à travers cette fonction, la plus haute de nos institutions, de représenter la Collectivité de Corse, et tous les Corses.
Conformément au mandat qu’ils m’ont confié, j’irai dire lundi de vive voix au Premier ministre, Chef du Gouvernement, que l’Etat, en choisissant de nier la dimension politique de la question corse et de mépriser l’expression du suffrage universel, commet une faute politique grave, et que cette attitude, si elle perdure, va nous conduire les uns et les autres à l’échec et à l’impasse.


J’irai lui rappeler que les deux composantes de la majorité territoriale, l’autonomiste et l’indépendantiste, sont unies dans la même volonté de dialogue, de paix, et de mise en œuvre démocratique de la solution politique globale validée par les urnes.
Et qu’il n’y aura donc pas le moindre espace pour nous diviser, ou discuter avec les uns plutôt qu'avec les autres.


J’irai lui exposer les urgences que rencontrent la Corse et le peuple corse dans les domaines économique, social, foncier, culturel, et lui rappeler qu'aucune des solutions et propositions permettant de régler ces problèmes n'a pour l'heure été réellement prise en compte par le Gouvernement et l'Etat.


J’irai aussi souligner au Premier ministre que le projet d'article 72-5 proposé par le Gouvernement est très en deçà du statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice en faveur duquel une majorité absolue de Corses s’est prononcée lors des élections territoriales de décembre 2017. Qu’il est également très en deçà du projet d'article proposé par le Conseil exécutif de Corse et voté à l'Assemblée de Corse, non seulement par la majorité territoriale nationaliste, mais aussi par le groupe représentant la majorité présidentielle.

Et je lui dirai également qu'au-delà du désaccord persistant entre les nationalistes corses et l'Etat sur la notion même de prisonnier politique, tous les Corses s'accordent pour dire, dans la diversité de leurs opinions, que le principe du rapprochement doit s'appliquer à tous les détenus sans restriction, et celui de l'amnistie être intégré dans le champ des discussions.

 

La rencontre de lundi viendra donc clore le cycle de discussions initié au début du mois de janvier 2018.
Mais il s’agira plus encore pour les parties de dire ce que sont leurs intentions par rapport au nouveau cycle appelé à s’ouvrir.
En ce qui nous concerne, nous restons bien sûr disponibles pour le dialogue, et pour la construction partagée.
Mais nous ne renoncerons jamais à ce pour quoi des générations de femmes et d’hommes se battent et se sont battues depuis des décennies : le droit de notre peuple à la vie, à sa langue, à la démocratie, au respect de de ses droits et de ses choix, et tout simplement au bonheur.
Au Premier ministre, et à travers lui et au Gouvernement et à l’Etat, de dire ce que sont leurs intentions.
Ce sont aussi celles-ci qui conditionneront l'évolution de la situation politique des mois et des années à venir.




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