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Geyser entre Pianosa et la Corse : L'hypothèse d'un volcan de boue !


Michela Vanti le Vendredi 24 Mars 2017 à 22:17

Des pêcheurs italiens ont observé, il y a quelques jours, un violent phénomène géologique qui reste à identifier : Entre les îles de Pianosa, Monte Cristo et la Corse une colonne de boue et de débris divers de dix mètres de haut s’est, en effet, élevée du fond de la mer. Un geyser, des explosions répétées, avec des irruptions de boues et de gaz pendant 20 minutes : depuis les interrogations ne manquent pas. Prélèvements sur le fond marin avec des robots, contrôles et inspections des émissions gazeuses des avions. Plusieurs hypothèses sont encore à l'étude et le mystère le plus complet continue d'entourer ce qui est survenu ce jeudi 16 mars en dans la mer Tyrrhénienne.



Le scoglio d'Africa (Photo Ministère de la Défense Italien)
Le scoglio d'Africa (Photo Ministère de la Défense Italien)
Le quotidien régional « Il Tirreno », qui a été le premier à récolter les témoignages des pêcheurs, rapporte que l’un d’eux, Alessandro Ricci, témoin de la scène avec une douzaine de ses collègues, aurait affirmé que le geyser observé le jeudi 16 mars dernier avait une largeur de 50-60 mètres, une hauteur d’eau moins vingt mètres et une intensité effrayante.
Le journaliste Luca Centini, en charge de l’enquête pour Il Tirreno, écrit sur le page du quotidien que la possibilité qu’il s’agisse d’un petit volcan de boue sous-marin en train de se réveiller est une des hypothèses qui est à l’étude.
Cette supposition est notamment évoquée par le géologue Marco Morelli, directeur du Parc de la science et de la culture de Prato, qui surveille l'île depuis des années, après de nombreux rapports d'explosions qui ont été signalés au large de la côte ouest de l'île d’Elbe.  
D’après Il Tirreno, le géologue de Livourne Marco Morelli aurait affirmé qu’on peut exclure la possibilité d'une activité volcanique standard.
L'enquête des chercheurs de l’INGV, l'Institut National de Géophysique et Volcanologie qui emploient localement une instrumentation sous-marine sophistiquée, est toujours en cours et les hypothèses évoquées sont diverses.  


Deux équipes de chercheurs, appartenant à l'Institut national de géologie et de volcanologie de Naples et de l'université La Sapienza de Rome, coordonné par la Protezione civile, ont prélevé des échantillons d’eau et des sédiments de fond  devant le scoglio d'Africa lieu du phénomène, pour essayer de comprendre sa nature physico-chimique du phénomène. Ils recueillent une quantité importante d'informations et de données, dans l'espoir de pouvoir expliquer le plus tôt possible qui c’est passé.   
Pendant ce temps, la mairie de Portoferraio a officiellement interdit aux bateaux la navigation dans un rayon de 500 mètres autour de l'endroit où l'émission de gaz a été constatée (42 ° 23,7 Nord, 010 ° 05,6 Est). Les habitants des îles de l’archipel toscan se posent, quant à eux, beaucoup de questions, en évoquant, plus que de raison, et en dépoussiérant les peurs ataviques et même des légendes.


Mais les scientifiques  - géologues, volcanologues, sismologues italiens - prêtent, aussi, une grande attention au phénomène.
En fait la Tyrrhénienne est connue depuis longtemps pour être une mer qui cache de nombreux volcans, dont certains en activité. Un en particulier, est considéré assez dangereux: le Marsili. 
Etna, Stromboli et le Vésuve sont les volcans d'Italie et d'Europe les plus connus, mais en réalité, le Marsili est le plus grand édifice volcanique sous-marin du vieux continent et, selon certains volcanologues, il est celui qui est le plus à craindre. Parce que son activité est stable et constante mais aussi parce qu'elle est cachée par la mer et qu'il est donc difficile de prévoir les nouvelles phases éruptives de matériel magmatique et des explosions.


Le grand cratère du volcan est situé au large des côtes, dans la mer Tyrrhénienne sud-est, à environ 65-70 kilomètres au nord de l'archipel des Eoliennes, non loin de la côte Tyrrhénienne de la Calabre.
L'Institut National de Géophysique et Volcanologie confirme une situation de forte dangerosité, avec des éruptions sous-marines qui seraient pratiquement continues.
Le sismologue Enzo Boschi a plusieurs fois mis en garde contre les risques. « L'effondrement des murs du Marsili se déplacerait millions de mètres cubes de matériaux, qui pourraient générer une vague haute et puissance qui investirait les côtes de la Campanie, la Calabre et Sicile causant des catastrophes."  


D'autres pistes explorées par les autorités. 
Les vieux pêcheurs de Campo nell'Elba rappellent comment des épisodes similaires à celui du jeudi 16, avaient déjà eu lieu dans le passé dans le même secteur.
En septembre 1984, en fait, quatre députés avaient interpellé au parlement italien le  ministre de tutelle posant la question de savoir pourquoi le champ de gaz méthane, de plus de deux millions et demi de mètres cubes de gaz naturel par an (700 mètres cubes par jour), situé près du scoglio d'Africa, où a eu lieu le geyser, n’était pas exploité ?
ll suffit de lire la réponse du ministre Darida pour comprendre pourquoi, depuis des décennies, la mer en face du  scoglio était bien connue.
En 1969, en effet, Agip (Azienda Generale Italiana Petroli) avait obtenu une autorisation de recherche au sud de l'île de Pianosa et fait un premier forage, le Martina 1 à une profondeur de 80 mètres. En 1979, insatisfait des résultats du premier forage, AGIP avait obtenu l’autorisation d’en faire un second, le Mimosa 1, qui avait une profondeur de 3 827 mètres et entre 1 100 et 1 200 mètres on avait trouvé des quantités importantes de gaz, mais peu attrayantes d'un point de vue industriel.  


Aux dernières nouvelles selon l'Ansa - l'AFP italienne - l'IGNV exclut catégoriquement le fait qu'il s'agit d'un phénomène de vulcanologie ordinaire. L'hypothèse la plus crédible est celle d'un volcan de boue (vulcano di fango) comme on en déjà observé en Sicile, en Russie ou bien en Ukraine.