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"Futur de la démocratie en Europe" : De Bruxelles à Ajaccio, la voix de Carles Puigdemont…


Rédigé par Michel Rosecchi le Mercredi 8 Mai 2019 à 07:28

C'est du futur de la démocratie en Europe que traitait la conférence organisée ce 7 mai par la présidence de l'Assemblée de Corse à Ajaccio. Invité d'honneur Carles Puigdemont, principale figure de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017, qui a quitté l'Espagne pour échapper à des poursuites judiciaires et vit actuellement en Belgique. En visioconférence depuis Bruxelles il a parlé d'Europe, d'élections, de la Catalogne et de la Corse avant de laisser la parole à Wanda Mastor, professeur de droit public à l’Université de Toulouse Capitole.




C’est  une pluie d’applaudissements qui a accueilli l’ancien président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont en visioconférence depuis Bruxelles. Cela  fait un an et demi maintenant que l’ancien président de la Generalitat a choisi l’exil en Belgique, évitant ainsi une détention préventive sans fin en Catalogne - le sort qui a été réservé à d'autres anciens leaders indépendantistes toujours en attente de procès.

L’indépendantiste a choisi Waterloo pour se mettre à l’abri de la justice espagnole, qui l’accuse de « rébellion, sédition et malversation de fonds » dans le cadre du référendum convoqué le 1er octobre 2017 par la Generalitat. Lors d'un colloque organisé ce mardi 7 mai par la présidence de l’Assemblée de Corse sur le futur de la démocratie, Puigdemont a
fait le bilan de son action pour l’indépendance de la Catalogne et il a évoqué  les prochaines élections européennes auxquelles il pourra se présenter.   C'est le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni qui a ouvert la conférence et qui laissé la parole au leader de JuntxSí (Ensemble pour le oui) élu président de la Généralité de Catalogne en 2016 avec 46% des voix, ce qui lui permit d’obtenir 62 sièges sur 135 au Parlement Catalan.    
Carles Puigdemont a expliqué son choix d'exil après le référendum pour l'indépendance de la Catalogne du 1er octobre 2017 que le gouvernement central de Madrid avait refusé de reconnaître en suspendant l’autonomie et l’indépendance de la Catalunia. Le leader indépendantiste fit donc le choix de la Belgique pour obtenir l’asile politique. La justice espagnole a donc lancé un mandat d’arrêt européen à son encontre pour « rébellion, sédition, détournement de fonds publics et désobéissance à l'autorité ».
Mais même depuis Waterloo le leader catalan continue sa lutte pour l’indépendance en cherchant des moyens autres qu’en Espagne. En effet depuis l'élection de Quim Torra, le 11 mai 2018, à la présidence de la généralité, les décisions gouvernementales sont approuvées par Puigdemont depuis Bruxelles selon un accord posé par ce dernier. 
S'il ne peut plus quitter Bruxelles, le "président" est éligible aux élections européennes du 26 mai 2019 auxquelles il se présente sous l’étiquette de son parti “Ensemble pour la Catalogne” (JxCat) avec l'objectif de faire entendre "la voix de ce pays qui veut être une république indépendante au cœur  de l'institution qui représente les citoyens européens".
Initialement interdit de se présenter à cette consultation  par la commission électorale espagnole, Carles Puigdemont avait fait appel de cette décision dénoncée par l'intéressé comme un "coup à la démocratie". Annulant une décision de la commission électorale, Madrid a décidé qu’il pouvait se présenter aux élections du 26 mai malgré les poursuites contre lui en Espagne.
Le cas de la Corse a été comparé à celui de la Catalogne pendant la séance. Bien que le nombre de rapports entre les deux régions soient peu nombreux, Jean-Guy Talamoni et Carles Puigdemont partagèrent leur cas communs de non-écoute de la part de leurs gouvernements respectifs malgré les demandes des suffrages exprimés.   
Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio, a pris la parole pour demander à l’ancien président de la communauté catalane de s'exprimer à propos du "manque de solidarité inter-régionale que souvent l’on reproche à la Catalogne".
L’ex-président lui a répondu que “le droit à l'autodétermination et à l'indépendance, tout comme les droits de l’homme, ne sont pas réservés aux régions riches” et qu'il existe  “la solidarité inter-territoriale” et que l’autodétermination de ces peules “permettrait de mieux gérer les ressources afin d’être mieux solidaire”.
L’ancien président, après de multiples acclamations, se retira de la conférence pour laisser place à Wanda Mastor, professeur agrégée de droit public à l’Université de Toulouse Capitole, qui a fait un long exposé sur la démocratie tout en vantant les mérites de la démocratie américaine, “la plus démocratique de toutes”. Elle a remis en question la démocratie représentative française qui est, selon elle, à l’origine des mouvements comme les Gilets Jaunes et a particulièrement critiqué le référendum d’initiative partagée qu’elle juge comme étant “une escroquerie démocratique”. 
Américaniste convaincue, selon elle, la démocratie française est inefficace car la souveraineté du peuple est détenue uniquement par les représentants, contrairement aux États-Unis d’Amérique, qui laissent la souveraineté au peuple en permanence. Ce qui leur permet de révoquer un élu (c’est ce qu’on appelle un Recall) dans le cas où il manquerait à son devoir ou ne tiendrait pas ses promesses de campagne, chose impensable en France et pourtant réclamée par l’opposition.  



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