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François Fillon : « Je suis favorable à ce que les territoires s'organisent en fonction de leurs spécificités »


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 1 Avril 2017 à 21:17 | Modifié le Dimanche 2 Avril 2017 - 01:29


Une visite éclair d’une journée en Corse pour François Fillon, candidat des Républicains (LR) et du Centre à l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, où il a reçu le soutien sans état d’âme des élus et des militants insulaires. Après une réunion publique à Biguglia qui a réuni près de 300 personnes, l’ancien 1er ministre a rencontré l’Associu Sulidarità sur la question des prisonniers, puis des agriculteurs et des chefs d’entreprise à San Giuliano, des socioprofessionnels à Ajaccio avant de finir par un meeting à Sarrola-Carcopino. Martelant son programme, il séduit ses divers auditoires en défendant l’autorité, la liberté d’entreprendre et la spécificité des territoires. Il promet des baisses de charges et des suppressions de normes pour les entreprises et les agriculteurs et une loi qui consacre les spécificités fiscales corses.


Le candidat LR François Fillon à Biguglia, entouré des élus LR corses.
Le candidat LR François Fillon à Biguglia, entouré des élus LR corses.
Cette escale en terre corse, dans son tour de France des régions, a été, de l’avis de son entourage, un bol d’air, un souffle apaisant dans une campagne électorale plombée par les affaires à répétition. A Biguglia, avec les élus et les militants, à San Giuliano avec les agriculteurs et les chefs d’entreprise, ou, lors de la pause déjeuner autour de produits nustrale, les démêlés judiciaires du candidat libéral à la présidentielle n’ont pas eu droit de cité. Ici, en terre sarkozyste, pas de doute : le vainqueur des Primaires de la Droite et du Centre est devenu le champion, même si l’île avait, en novembre, massivement voté pour Nicolas Sarkozy. Près de 300 militants enthousiastes l’ont ovationné à Biguglia et peu d’élus lui ont fait défaut. Autour des deux députés, Sauveur Gandolfi-Scheit et Camille de Rocca-Serra, des conseillers territoriaux ou départementaux, comme Karine Chinesi-Murati ou Jean Dominici, et nombre de maires de Haute-Corse : Stéphanie Grimaldi, maire de La Porta, Marie-Thérèse Mariotti, maire de Taglio-Isolaccio, Claudy Olmeta, maire de Saint-Florent, Jean-Pierre Leccia, Maire d'Oletta, Jean-Jean Castellani, maire de Calacuccia, François-Xavier Ceccoli, maire de San Giuliano, Simon-Pierre Riolacci, maire de Valle-di-Campoloro, Francis Guidici, maire de Ghisonaccia, Jean Toma, maire de Solenzara, Christian Orsucci, maire de Tallone, l’élu bastiais, Jean-Joseph Massoni…
 
Liberté et autorité
Le candidat à la présidentielle, qui a soigneusement évité la presse, copieusement huée par ses soutiens, a martelé un discours bien rodé, prenant pour cible « le bilan accablant » du président sortant, la « supercherie » de l’œcuménisme et du programme d’Emmanuel Macron, avatar, pour lui, de François Hollande. « Pour le faire gagner, ils ont imaginé une autre stratégie, la plus anti-démocratique qui soit : forcer le candidat de l’alternance à se retirer de l’élection. Deux mois et demi de cabale, largement relayée par notre système médiatique ». Après avoir listé tout ce que la presse lui reproche - son catholicisme, sa fierté d’être français, sa défense de l’autorité de l’Etat et des valeurs, la faillite du pays… - il présente son projet qui s’appuie sur deux idées fondamentales : la liberté et l’autorité, qu’il entend rétablir dans tous les domaines, en précisant d’emblée « deux sujets qui s’appliquent parfaitement à la Corse ». Il rebondit sur les souhaits exprimés pour l’île par le député Gandolfi-Scheit dans son discours de bienvenue. A savoir : une réelle continuité territoriale réduisant les coûts des transports, un statut fiscal dérogatoire avec l’inscription de la Corse dans la Constitution, l’adaptation de la loi littoral et de la loi montagne, la remise en cause du PADDUC, un nouveau PEI consacré aux investissements routiers, la sacralisation du 5 mai, la loi sur le rapprochement familial des détenus condamnés…

Oui aux spécificités !
François Fillon promet la prise en compte des spécificités de chaque territoire. « Oui ! Je suis favorable à ce que les territoires s'organisent en fonction de leurs traditions, de leur culture, de leurs spécificités. Oui ! Je suis favorable à ce qu’on abroge cette loi NOTRe et qu’on permette une organisation du territoire qui tienne compte des réalités, qui ne soit pas forcément la même sur tout le territoire de notre République. Pendant des années, on a voulu imposer la même organisation du territoire partout… on a généré une résistance qui a empêché la modernisation de cette organisation du territoire. Partout, les populations et les élus locaux ont résisté… Je veux qu'on change de méthode, qu'on parte du terrain, des aspirations du peuple français, des habitants, des territoires et des élus pour adapter l'organisation du territoire aux spécificités et aux aspirations de chacun. C’est, dans cet esprit que je discuterais avec l’ensemble des responsables politiques corses pour adapter l’organisation de la Corse aux désirs, aux besoins et aux aspirations qui sont les vôtres », a-t-il annoncé. Rien de bien révolutionnaire ! Des promesses très prudentes et très light qui placent la Corse au même niveau que les autres territoires. Un positionnement sans surprise et apprécié par la Droite insulaire !

Pause déjeuner avec les chefs d'entreprise et les agriculteurs à San Giuliano.
Pause déjeuner avec les chefs d'entreprise et les agriculteurs à San Giuliano.
La suppression des normes
La liberté, c’est ce que François Fillon assure, également, aux agriculteurs, vignerons et chefs d’entreprise... qu’il rencontre, à sa demande, dans une coopérative agricole de la Plaine Orientale, Fruticor, dirigée par le maire LR de San Giuliano, François-Xavier Ceccoli. Le vigneron Yves Canarelli lui demande de se prononcer sur le maintien de dérogation de TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) sur les vins corses. « La TVA, c’est un point primordial. Si on faisait marche arrière, la viticulture en souffrirait énormément », tient-il à préciser. Le président de la SAFER, Christian Orsucci, insiste sur la problématique du PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse), du foncier et de la sacralisation des terres agricoles. François Fillon rassure et affirme son engagement auprès des agriculteurs et des territoires ruraux. « Le premier Label Rouge de viande bovine en France, c’est moi qui l’ai créé dans la Sarthe ! Je connais vos problématiques et je veux que les agriculteurs soient respectés comme des entrepreneurs modernes, pas comme des gardiens de la nature ou des traditions. Ils auront droit à toutes les baisses de charges que je mettrais en place pour les entreprises pour un montant de 40 milliards €. L’objectif est d’avoir des coûts comparables à nos voisins européens ». Il propose plus de liberté pour gérer les aléas climatiques à travers un compte bancaire dédié et « de supprimer par ordonnance, dès le début de mon quinquennat, toutes les normes françaises qui se sont rajoutées aux normes européennes ».
 
Une loi fiscale spécifique
Concernant la TVA, il promet « une loi fiscale globale qui consacre les spécificités fiscales corses pour qu’on ne revienne plus sans arrêt dessus et que ce ne soit plus un sujet de débat. La Corse a ses particularités, ses avantages et ses inconvénients géographiques, il faut en tenir compte ». Il déclare, également, vouloir supprimer le RSI, le régime social des indépendants, et le transformer dans une Caisse de gestion des indépendants pour assurer une meilleure protection. Se disant « très attaché aux entreprises familiales, éléments de stabilité de l’économie française », il s’engage à « suspendre tous les droits de transmission, le temps qu’une entreprise reste dans la famille. Les droits ne deviendraient exigibles qu’en cas de vente hors de la famille ». Et conclut : « Je suis attaché à une agriculture française performante qui doit redevenir la première en Europe et j’entends protéger et respecter les spécificités de l’agriculture corse ». Des propos qui suscitent des applaudissements nourris des acteurs insulaires présents. « Ce que nous avons entendu au niveau des transmissions, de l’optimisation de la fiscalité qui permettrait aux agriculteurs de garder leurs biens et de ne pas devoir les vendre pour assurer une transmission, ce que nous avons, aussi, entendu sur les charges sociales, sur la réglementation française qui va parfois trop loin par rapport à la réglementation européenne… tout cela est de nature à conforter la profession. Cela nous a complètement séduit ! Nous n’étions pas au courant de tous les éléments. Nous sommes d’autant plus agréablement surpris. Par exemple, cette mesure sur la fiscalité dans le cadre de la transmission de propriétés est très intéressante », commente François-Xavier Ceccoli.
La matinée s’est close autour d’un déjeuner-buffet sur place où le candidat LR, assez détendu, a tranquillement goûté aux produits locaux avant de rejoindre Ajaccio et la seconde partie de sa visite.
 
N.M.

Réactions des deux députés corses, soutiens de François Fillon
 
Sauveur Gandolfi-Scheit, député-maire de Biguglia : « François Fillon s’est engagé sur le rapprochement familial des condamnés »
« Avec le premier ministre François Fillon, le député Houillon et Camille de Rocca Serra, nous avons rencontré l’associu Sulidarità. Nous avons parlé de la fameuse loi sur le rapprochement familial des prisonniers qui a été bloquée jusqu’à présent au Sénat. Si François Fillon est élu président de la République, il fera le nécessaire pour qu’elle passe le plus tôt possible, qu’on enlève les Corses du fichier S pour qu’ils ne soient plus considérés comme des terroristes, qu’ils deviennent des détenus de droit commun comme tout le monde et que tout redevienne normal ».
 
Camille de Rocca Serra, député de Porto-Vecchio : « Je crois à la victoire ! » 
« Je me suis investi, depuis le début, aux côtés de François Fillon. J’y crois depuis le début. J’y croirai jusqu’à la fin. L’enthousiasme vient d’être déclenché en Corse. Il y aura un très large rassemblement de la Droite et du Centre sur la candidature de François Fillon qui sera qualifié au soir du 1er tour. La victoire sera belle ! La France a besoin de lui. Une France plus forte sera encore plus à l’écoute de la Corse. Le message de François Fillon est très clair : plus de liberté, cela veut dire en même temps, plus de responsabilités. On n’est pas tous pareils, mais on participe à la même République, à la même France avec un Etat qui écoute et veut donner sa chance à chaque territoire. C’est ce que j’attendais de François Fillon ! La Corse est un territoire qui a des handicaps qu’il faut surmonter et des atouts qu’il faut mettre en valeur. La Corse est une chance pour la France. La France doit avoir une ambition en Corse. C’est à nous d’être déterminant, de dire ce que nous voulons, François Fillon sera à nos côtés ».
 
 



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