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Femu a Corsica : « L’attitude d’Edouard Philippe est une faute politique grave et ne doit plus être acceptée » 



Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 5 Décembre 2018 à 16:30 | Modifié le Mercredi 5 Décembre 2018 - 18:22


Le suspense a pris fin. Comme le laissait supposer la situation nationale, le Premier Ministre, Edouard Philippe, a annulé sa visite en Corse, prévue les 10 et 11 décembre prochains. Une première visite dans l'île qui s'annonçait mal en raison du flou de l’ordre du jour et de la réticence du locataire de Matignon à rencontrer les Nationalistes et à se rendre à l’Assemblée de Corse. Le nouveau parti, Femu a Corsica, maintient, dans un communiqué, son appel à une mobilisation générale pour le gel des prix du carburant, la mise en place d’une conférence sociale, et la mise en œuvre d’un statut fiscal et social adapté. Edouard Philippe avait, au printemps dernier, annoncé la tenue de discussions sur un statut fiscal.


Le Premier ministre, Edouard Philippe.
Le Premier ministre, Edouard Philippe.
Voici le communiqué :
« Lors de sa première Assemblée Générale Ordinaire le 02-12-18, ayant réuni plus de 1200 militantes et militants, et à l’orée de la visite du Premier Ministre en Corse, FEMU A CORSICA a pris une résolution donnant mandat à son Secrétaire National et à l’Exécutif du Parti.
Cette résolution vise la création de conditions d’une large concertation, avec au premier chef ses partenaires de PER A CORSICA, et d’autre part les Groupes politiques, et les forces économiques et sociales de l’île. Ceci afin de réaliser une mobilisation autour de :
-  La nécessité d’un gel des prix du carburant ;
- La mise en place d’une conférence sociale afin de déterminer les causes du niveau élevé de ces prix en 
Corse et les solutions les plus efficaces pour aboutir à une baisse corrélée à la fiscalité ;
- La mise en œuvre d’un statut fiscal et social adapté, pour répondre aux contraintes de l’insularité pesant 
sur les entreprises et à la précarité grandissante en Corse. 
Rappelons ici, que ces mesures essentielles pour la vie économique et sociale de notre pays, ont été largement votées par l’Assemblée de Corse. 
Depuis notre Assemblée Générale, et devant l’évidence et l’ampleur de la crise, suite aux incidents des Champs- Elysées, le Premier Ministre a annoncé un moratoire de 6 mois sur la fiscalité du carburant, ainsi que sur la hausse du prix de l’électricité. 
Il a annoncé également qu’« un grand débat sur les impôts et la dépense publique » se tiendrait dans ce laps de temps. Cette annonce ne suffit pas. Elle est nettement en dessous des enjeux du moment. 
Elle n’endiguera pas la crise nourrie de fractures sociales et territoriales profondes, accentuées par la condescendance aigüe du pouvoir central dans ses décisions budgétaires, fiscales et institutionnelles vis-à-vis des corps intermédiaires et des territoires. 
Cette annonce convient d’autant moins dans le cas de la Corse qui revendique, légitimement, et démocratiquement, des mesures fiscales et sociales adaptées à sa situation et correspondant à sa spécificité. 

De surcroît, alors que le peuple corse et ses élus attendent des réponses de la part du Gouvernement, tant au niveau de la méthode (par un vrai dialogue et une vraie co-construction avec les élus légitimes de la Corse), tant que sur le fond des sujets qui se posent entre Paris et l’île ; le Premier Ministre lors de sa venue sur deux jours dans l’île choisit de ne pas se rendre à la Collectivité de Corse, et de relativiser, voire mépriser, le Conseil Exécutif et l’Assemblée de Corse. 
Cette attitude est une faute politique grave et ne doit plus être acceptée.
Face à cet état de fait, l’heure est à la mobilisation démocratique et déterminée.
Nous allons nous y atteler, et appelons tous les corses à participer à toutes les mobilisations à venir ».
 




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