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Elections territoriales : Quatre listes et un second tour dominé par les Nationalistes


Nicole Mari le Vendredi 25 Juin 2021 à 20:09

C’est un scrutin à haute tension qui se déroulera, ce dimanche, pour le second tour des élections territoriales. Quatre listes s’affronteront dont – et c’est une première ! - trois nationalistes. Le Président de l’Exécutif sortant Gilles Simeoni, arrivé largement en tête au 1er tour, vise une victoire nette. L’union in-extrémis PNC-Corsica Libera, conduite par Jean-Christophe Angelini, compte bien lui damer le pion. Core in Fronte, qui a gagné son pari du maintien, veut renforcer sa dynamique. A droite, l’union n’ayant pas fait florès, le maire d’Aiacciu, Laurent Marcangeli, espère renverser la tendance.



Les quatre candidats en lice pour le second tour : Paul-Félix Benedetti, Laurent Marcangeli, Jean-Christophe Angelini et Gilles Simeoni.
Les quatre candidats en lice pour le second tour : Paul-Félix Benedetti, Laurent Marcangeli, Jean-Christophe Angelini et Gilles Simeoni.
Le 1er tour des élections territoriales en Corse a laissé beaucoup de monde sur le carreau ! On ne peut pas dire qu’il a bouleversé la donne politique locale pour autant, c’est fait depuis décembre 2015 et cela ne fait que s’accentuer à chaque nouvelle élection, c’est plutôt qu’il a singulièrement rétréci l’échiquier autour d’un centre hégémonique : les Nationalistes. En face, la gauche en pleine débâcle est complètement hors-jeu, les Ecologistes et l’Extrême-droite sont relégués à la marge, seule subsiste une droite groggy qui ne retrouve plus les siens et dont la marge de manœuvre est assez réduite. Le seul vrai suspense de ce second tour se concentre, en fait, dans le duel entre les ex-partenaires de Pè a Corsica qui se livrent, à mots couverts ou à rancœur affichée, une guerre plutôt débridée. La fusion attendue n’a pas eu lieu là où la rumeur la prophétisait, et le coup de théâtre d’un mariage au forceps, juste avant le dépôt des listes mardi, a singulièrement ébranlé les positions acquises et les idées reçues. Dans ce contexte, même la belle qualification de Core in Fronte et son score potentiel passent au second plan.

Gilles Simeoni, dernier meeting à Bastia. Photo CNI.
Gilles Simeoni, dernier meeting à Bastia. Photo CNI.
Un leader incontestable
Une certitude : dimanche dernier, les électeurs se sont prononcés pour la continuité dans le changement. En choisissant à plus de 60%, soit presque deux électeurs sur trois, une des quatre listes autonomistes ou indépendantistes sur les dix en course, ils ont massivement redit, pour la troisième fois consécutive, leur confiance dans les Nationalistes. En plaçant le Président du Conseil exécutif sortant, Gilles Simeoni, largement en tête avec 39 246 voix, soit 29,19% des suffrages exprimés, et plus de 4 points d’avance sur son principal challenger, ils l’ont, également pour la troisième fois, désigné comme le leader incontestable de la majorité et en pôle position pour remporter le 2nd tour, laissant peu de place à l’alternative. La seule inconnue résidait dans l’union ou pas : la liste Fà Populu Inseme allait-elle ou non fusionner avec ses partenaires d’Avanzemu ou de Corsica Libera ? La réunion séparée des trois états-majors, lundi, concentrés sur leur propre troupe, n’augurait rien de bon, et l’appel lancé par Jean-Christophe Angelini pour une fusion des quatre listes semblait plutôt vain. Comment d’ailleurs effacer en quelques heures des dissensions qui se sont creusées au fil des mois et recoller un mariage de raison qui n’avait plus de raison de continuer à faire semblant ! Dès lundi soir, un communiqué a clos tout suspense : c’est Non ! Le président de l’Exécutif et leader de Femu a Corsica poursuit sur sa lancée avec un objectif en tête : atteindre la barre des 40% qui lui assurerait la majorité absolue. Un pari où il a tout à gagner puisque les Nationalistes dominent l’élection. En cas de majorité relative, l’union avortée peut toujours, en cas de nécessité, être finalisée au 3ème tour au prorata des voix de chacun. Enfin, en théorie...

Jean-Christophe Angelini et les élus de Corsica Libera, dernier meeting à Portivechju. Photo CNI.
Jean-Christophe Angelini et les élus de Corsica Libera, dernier meeting à Portivechju. Photo CNI.
Un mariage au forceps
On pensait un peu trop vite l’union enterrée, mais c’était oublié que les Nationalistes ont pris l’habitude des mariages de raison. Et, finalement, sous la pression des circonstances, la fusion qu’on n’attendait pas entre le PNC et Corsica Libera s’est conclue en quelques heures. Il est vrai qu’il en allait de la survie même du parti indépendantiste qui avait raté d’une courte tête, à peine 130 voix, la barre fatidique des 7%, indispensable pour se maintenir seul. Il lui fallait, soit fusionner, soit se résoudre à ne plus siéger. Entamées lundi soir, les tractations ont abouti à l’intégration de seulement quatre candidats Corsica Libera dans les quinze premiers rangs d’une liste rebaptisée « Avanzemu Pè a Corsica ». En laissant sur la touche, deux personnalités, et pas des moindres. Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, jugé trop clivant dans son rapport à l’Etat, s’est retiré. Le maire de Belgodère, Lionel Mortini, qui fut certainement le meilleur président que l’ODARC ait jamais eu, avait tiré sa révérence bien avant. Son option à lui, c’était d’intégrer la liste de Gilles Simeoni, et ce n’était pas négociable ! Côté PNC, le calcul a été vite fait ! Avec 13,22% des suffrages, l’écart était trop grand avec la liste Fà Populu Inseme. Pour le réduire, peu d’option, à part fusionner. Jean-Christophe Angelini s’y est attaché dès qu’il a eu la certitude que l’union sacrée ne se ferait pas.

Core in Fronte et Paul-Félix Benedetti, dernier meeting à Bastia. Photo CNI.
Core in Fronte et Paul-Félix Benedetti, dernier meeting à Bastia. Photo CNI.
Un outsider heureux
Sur le papier, la stratégie semblait bonne, surtout que le PNC, en se posant en sauveur de Corsica Libera, s’attendait à un retour sur concession. D’autant aussi que les deux partis font cause commune depuis 2019 et qu’ils sont partis ensemble aux élections municipales, avec un certain succès, notamment à Portivechju. De ce point de vue, on ne comprend pas très bien les réactions épidermiques à l’annonce de la fusion qui a causé un véritable séisme dans les rangs de Corsica Libera dont une partie est entrée en sécession. Résultat : le parti, qui a voulu sauver sa représentation élue, est au bord de l’implosion, pour ne pas dire plus. Du côté du PNC, on est loin aussi de l’euphorie ! Et l’hémorragie de voix, qui s’annonce vers les listes de Gilles Simeoni et surtout de Core in Fronte, est, pour les mariés, le pire scénario qui soit. Pour Core in Fronte, c’est du pain béni ! Quelque soit le résultat du 2nd tour, c’est, de toute façon, pour ce grand oublié de tous les accords, déjà une victoire et la certitude d’envoyer Paul-Félix Benedetti et ses premiers colistiers à l’Assemblée de Corse. Le parti indépendantiste, qui a totalisé 8,39 % des voix au 1er tour, se prend à espérer un score flirtant vers les 13% et cinq ou six élus. La tournure prise par les derniers évènements pourrait bien lui être profondément bénéfique. Et c’est plutôt sereins que ses candidats et ses militants attendront le verdict des urnes, dimanche soir.

Laurent Marcangeli, dernier meeting à Porticcio. Photo CNI.
Laurent Marcangeli, dernier meeting à Porticcio. Photo CNI.
A bout de souffle !
L’ambiance est tout autre du côté de la seule liste non nationaliste qui reste en lice. Avec 24,86 % des suffrages et aucune possibilité de fusion au 2nd tour, l’union de la droite n’a guère trouvé le souffle nouveau qu’elle espérait. Elle n’a pas fonctionné au 1er tour à la hauteur de l’espoir porté ! Sa marge de manœuvre est mince. L’addition des forces nationalistes lui est, arithmétiquement, fatale. Il lui sera, sans doute, très difficile de remonter son score malgré le dynamisme de son nouveau leader, Laurent Marcangeli !
La droite a, en effet, commencé son déclin avec la perte de la région en 2010 et ne s’en est jamais relevée depuis. Les succès à Ajaccio et dans certaines communes ont longtemps masqué ses autres déroutes électorales. Scrutin après scrutin, elle a accumulé les défaites. Et, si aux dernières municipales, elle a conservé quelques fiefs, elle a continué à en perdre et surtout n’en a gagné aucun de nouveau. L’électorat, qui avait déserté, il y a six ans, n’est pas revenu. Il a refusé d’adouber, aujourd’hui, ce qu’il avait rejeté clairement, hier. La droite paye cash son immobilisme, le non-renouvellement de ses cadres et un discours dépassé, réactionnaire et à contre-courant. En dix ans, elle a été incapable de faire son autocritique et de rajeunir ses candidats, comme ses idées. Sa seule satisfaction est d’incarner désormais la seule opposition aux Nationalistes.

L’enjeu de l’abstention
Comme au 1er tour, l’un des enjeux du 2nd est le taux de participation, bien qu’il soit le plus haut de France. Plus de 57 % des Corses se sont globalement rendus aux urnes, mais ce score cache de grandes disparités. Le rural a voté bien plus massivement que les villes. A Ajaccio et Bastia, presqu’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé. Il reste, donc, encore de la marge. Aucune des six listes écartées n’ayant donné de consignes de vote, difficile de savoir ce que feront ces électeurs-là. Les candidats, qui ont déjà ratissé large pour creuser l’écart dimanche dernier, ont besoin de mobiliser davantage et de convaincre les abstentionnistes. Le challenge pour la Corse est, peut-être, de battre son propre record !
 
N.M.
 














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