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EDUCFI #2 : La trésorerie, entre vie et mort d’une entreprise


Sébastien Ristori le Mardi 23 Mars 2021 à 13:42

A l’occasion de la semaine de l’éducation financière lancée par la Banque de France du 22 au 29 mars, CNI propose à ses lecteurs cinq articles autour de ce sujet. Sébastien Ristori, consultant en finance d’entreprise, enseignant et auteur aux éditions Ellipses, nous accompagnera, tout au long de la semaine, dans le but de rendre plus accessible au grand public les notions de finance.



Imaginez-vous au volant de votre voiture. Vous devez vous rendre à 200km de chez vous, et votre tableau de bord indique que vous êtes sur la réserve d’essence. Vous faites le pari que la prochaine station se trouve à près de 30km, ce qui vous laissera tout juste le temps de faire le plein afin d’atteindre votre destination. Si vous n’y arrivez pas, la voiture calera et vous devrez attendre une dépanneuse sur le bas-côté. Dans le même temps, aucun doute, vous raterez votre rendez-vous ! 
 
La pratique de la gestion financière dans une entreprise n’est pas très loin de ce scénario. La société a un objectif à atteindre, la réserve indique que vous êtes à découvert, la station essence correspond au prochain paiement à recevoir pour augmenter la trésorerie disponible et la panne intervient quand le seuil du découvert autorisé est atteint. La trésorerie d’une entreprise, c’est la différence entre sa vie et sa mort. 
 
Plusieurs cas d’entreprises dont le carnet de commande et l’activité commerciale étaient en croissance ont connu la faillite. 
 
Et il existe une multitude de facteurs :
 
  • Les délais de paiement des clients sont peut-être trop importants, et l’entreprise ne perçoit pas suffisamment d’argent assez vite pour faire face aux paiements des charges. 
  • La société peut subir des impayés suite à une mauvaise gestion du risque client. 
  • Ou encore, le stock peut être trop conséquent, ce qui entraine une mobilisation importante de la trésorerie. Ce stock est immobilisé et ne se traduit pas en vente, et donc en cash. 
  • La cause peut être commerciale :  une décroissance du chiffre d’affaires, ou une augmentation des charges et des sorties d’argent, et rapidement, c’est la déroute : L’entreprise doit faire appel à un prêt court terme de trésorerie, que l’on appelle le découvert, pour financer ses dépenses. 
 
Mais une banque ne vous prêtera qu’un certain montant sur la base d’une analyse financière de votre activité. C’est ce qu’on appelle la limite du découvert. Au-delà, elle pourrait considérer que l’activité devient risquée, et que continuer à financer une société qui a continuellement besoin d’emprunter de plus en plus d’argent pour survivre fait augmenter un risque de non remboursement.
 
Alors comment faire ? Bon nombre de solutions existent pour permettre aux entreprises de retrouver des liquidités, par la forme de prêt court terme, par la mise en place d’un dispositif d’affacturage, par la renégociation des échéanciers de remboursement d’emprunts ou encore par l’augmentation de capital… Mais en tout état de cause, si l’entreprise ne résoud pas les problèmes fondamentaux qui aggravent sa situation de trésorerie, la situation est condamnée à se répéter. 
 
Pour illustrer, on peut raconter l’histoire d’une société britannique, spécialisée dans l’édition de jeux vidéo, qui a connu la fin de sa vie au début des années 2000. Après un début prometteur dès 1984 grâce au boom de la micro-informatique et de l’essor des jeux vidéo, et grâce à un développement commercial maîtrisé et à des produits de qualité, la société s’est rapidement développée à l’international dès 1998, passant de 8 millions d’euros à près de 20 millions d’euros de ventes, et en engageant des résultats positifs. Tout pouvait aller pour le mieux ! Sauf que, parallèlement à une dégradation de sa marge, un de ces clients, un réseau de distributeurs de jeux vidéo, fait faillite, et ne paie pas son encours de près de 3 millions d’euros. L’entreprise fait apparaitre un endettement net de plus de 2 millions d’euro, et la banque refuse d’ajouter un centime : L’entreprise ne peut alors plus payer les salaires, ni ses charges, ni ses marchandises, étant à sec de trésorerie malgré les encaissements à venir à moyen terme. C’est la faillite. La société venait, par ailleurs, tout juste de connaître deux échecs commerciaux sur ces deux derniers jeux vidéo, et 3 millions d’euros de chiffre d’affaires venaient de s’envoler. L’entreprise n’avait pas le choix que d’être rachetée à la barre d’un tribunal. 
 
Cet enseignement doit tous nous conduire à raisonner en cash. En finance, il ne faut pas être atteint de myopie : L’envolée du chiffre d’affaires et les bonnes performances commerciales ne suffisent pas à statuer que la société est en bonne santé financière. Après tout, ne dit-on pas « cash is king ! » ?


















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