Dans le cadre de la 21e édition d’Histoire(s) en mai, le festival du livre d’histoire et de la fiction historique porté par l’association Arte Mare du 20 au 23 mai, une conférence de Jean-Baptiste Raffalli a été organisée ce vendredi après-midi au sein de la bibliothèque municipale de Bastia. Intitulée Le vieux Bastia, elle retrace l’histoire des « cantine » bastiaises, ces anciens lieux qui ont longtemps rythmé la vie locale. Présentes dans tous les quartiers de la ville, « il y en avait peut-être une cinquantaine » se remémore le conférencier, elles étaient « la première lumière qui s’allumait le matin et la dernière qui s’éteignait le soir ». « Il ne s’agissait pas simplement de lieux où on allait boire un coup. »
Artisans, facteurs, habitants du voisinage ou visiteurs de passage s’y retrouvaient quotidiennement. Ils y déposaient des courses, un colis ou une lettre, « pour que le facteur puisse ensuite faire son travail », tandis que les nouvelles du quartier circulaient grâce aux discussions animées. « Toute la vie du quartier s’articulait autour de ces lieux », souligne-t-il, évoquant aussi bien les moments festifs, comme la Saint-Martin après les vendanges, que les périodes plus difficiles marquées par le décès d’un habitant du quartier.
Mais ces « cantine » étaient aussi des espaces culturels populaires, et servaient de « relais aux grands airs d'opéra que certains avaient entendus au théâtre ». « Des gens faisaient le tour des cantine et relayaient les chants, certains avec de très belles voix, comme les ténors ou les cantatrices qui venaient ici au théâtre, et d’autres avec parfois un texte et des mots approximatifs. Mais toute la ville connaissait les chants, même si ces Bastiais n’avaient jamais été au théâtre », détaille Battì Raffalli. Parmi les figures évoquées, celle de Lina Cavalieri, venue chanter à Bastia un 25 décembre, date choisie en référence à son anniversaire. « Elle avait enregistré O Sole Mio, une chanson écrite en 1898 et que l'on le chante encore aujourd’hui. Il y a des chansons qui ont vraiment traversé les siècles, et à l’époque, elles étaient relayées dans les cantine, où on apprenait de grands airs d'opéra. »
La conférence s’est également attardée sur la transformation progressive de ces établissements à partir des années 1960. Avec les Trente Glorieuses, les cantines deviennent peu à peu des bars modernes. « On voit arriver les flippers, les babyfoots et les cantines se transforment en bar », raconte-t-il. Vient ensuite l’apparition de la télévision, vécue à l’époque comme « quelque chose de miraculeux ». « On voit des gens qui viennent de recevoir la télévision et qui arrivent pour parler de leur poste de télévision. Après, j’égratigne un peu le modernisme dans la mesure où, pour nous, la télé, c’était le summum, alors qu’aujourd’hui, on a l'intelligence artificielle. Et dans quelques années, peut-être qu'on va se moquer de l'intelligence artificielle. »
Mais elle nous permet aujourd’hui de remonter le temps.
L'lA s’est, en effet, même invitée « in cantina » avec cette chanson qui vante "l’arigostia di padula" qu'elle a écrite en langue corse et mise en musique… à partir de ces quelques lignes sur la cantina de la rue des Jardins
Cantina di Madama Magnavacca
Un jour par semaine il y avait la livraison dì u pane dì Muratu.
Une tomate énorme très rustique coupée en deux garnie d’un œuf dur coupé en rondelles parsemées d’anchois et de câpres du basilic coupé au ciseau ,et un petit oignon émincé sans oublier quelques lamelles de Butaraga pour terminer l’œuvre .Le tout arrosé d’ogliu d’oliva, très peu de sel puisque les anchois « l’anchjuve » et les câpres -i tappani - ont déjà relevé le goût …un peu de pane untu … et si l’on est gourmand on ne laisse pas une goutte d’huile ..on fini par u pane intinttu.
L'assiette copieuse, la couleur rouge orangé rivalisait avec un met recherché . On l’appelait la langouste des champs
"Vò Inde Magnavacca a manghjà mi un arigostia di padula"
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