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Convention internat et post internat de médecine : L’accès aux soins dans les territoires est une priorité


Rédigé par José Fanchi le Mardi 9 Octobre 2018 à 19:08 | Modifié le Mardi 9 Octobre 2018 - 21:45


La Collectivité de Corse, les facultés de médecine de Marseille et de Nice, l’université de Corse, l’URPS des médecins libéraux et l’ARS de Corse ont décidé de s’associer à travers une convention cadre, relative à l’internat et au post-internat de médecine. L’une axée sur la formation et la recherche appliquée, l’autre sur la démographie médicale et les aides à l’installation


(Photos Michel Luccioni)
(Photos Michel Luccioni)
Il va sans dire que la convention cadre fera l’objet de deux conventions spécifiques à annexer, ce qui  permettra de préciser les engagements des signataires au regard des actions à déployer en cohérence avec les orientations stratégiques du Projet Régional de Santé. Ces missions contribueront à l’amélioration et au développement :
  • Autour de la formation, de l’accueil des internes de médecine générale
  • De l’installation des praticiens en Corse, notamment dans les zones identifiées comme fragiles
  • Des modes d’exercices coordonnés et regroupés autour du projet de santé à l’échelle territoriale
  • De la recherche appliquée en soins primaires
 
Pérenniser l’installation dans le rural…
La signature de la convention-cadre s’est déroulée mardi en début d’après-midi à l’Assemblée de Corse en présence de Gilles Simeoni, président du Conseil Exécutif, Norbert Nabet, directeur de l’ARS, les docteurs Antoine Grisoni, Jean Canarelli et Antonini, Josepha Giacometti, Conseillère exécutive en charge de la culture, du patrimoine, de l’éducation, de la formation et de l’enseignement supérieur, Bianca Fazi, Conseillère Exécutive en charge des affaires sociales. Chacun s’est exprimé sur l’importance d’une telle convention  -  revue et corrigée  - devant permettre d’améliorer l’accès aux soins sur le territoire insulaire.
Le directeur de l’agence régionale de Santé,  Norbert Nabet, a évoqué le rôle et le poids des maîtres de stage et la formation des internes qui sont des éléments déterminants :
« Il est important pour nous de faire venir des internes des facultés de Marseille et Nice pour leur permettre de prendre leurs premières marques sur le territoire. Ce travail en commun est essentiel comme il a d’ailleurs été fait. Cette convention vient concrétiser un peu tout cela. Il faut maintenir le médecin généraliste en place et au bon endroit pour la sécurité de la population. Il faut inciter la venue des internes. »
Le président du conseil de l’ordre des médecins, Jean Canarelli, s’est exprimé à son tour et a mis l’accent sur le travail de longue haleine qui a été entrepris :
« C’est un enjeu pour notre territoire qui, en termes de démographie médicale, connait des problèmes que l’on retrouve d’ailleurs partout. Notre difficulté est, comme chacun sait, liée à l’insularité. Cela dit, nous avons déjà ressenti le bénéfice de la première année de médecine à Corte et nous avons des retours qui nous permettent de commencer à espérer que l’on inverse la courbe démographique. Le problème, c’est le rural. Nous avons un véritable enjeu et s’il peut être résolu par cette convention, il ne faut surtout pas s’en priver. L’objectif que l’on s’est fixé c’est le socle d’un début de travail avec l’université, la Collectivité et les acteurs. C’est véritablement un enjeu avec toutes les universités liées pour la poursuite des études, ce qui nous permettra de revitaliser le domaine médical dans le rural. »  
Josepha Giacometti a évoqué également le désert médical et estimé que les conditions de retour doivent être créées :
« Conditions de retour et surtout conditions d’attractivité à travers un soutien financier qui va favoriser les conditions d’installation. Le deuxième axe c’est de faciliter cette installation sur des territoires déserts, ce qui favorisera un processus vertueux qui va contribuer à pérenniser cette installation et ainsi créer un écho système favorable de recherche et de formation. Cela va permettre de mieux lutter contre la désertification médicale…»
Le docteur Danielle Antonini, cardiologue, a confirmé que le retour de l’étudiant en médecine est une priorité :
« Il faut permettre à ces étudiants d’être prioritaires dans leurs choix, ce qui ne l’est pas actuellement. On voit souvent en été des jeunes qui choisissent ces postes mais beaucoup de nos jeunes ne peuvent pas rentrer. »

 
Une convention plus musclée…
 Le docteur Antoine Grisoni, membre de l’URPS est revenu sur cette nouvelle convention, plus élaborée celle-ci :
« En effet, cette convention a pris la suite de la dernière qui s’est arrêtée en juillet. Il y avait donc un vide bien que les aides étaient toujours présentes et accessibles, de manière très peu claire. La nouvelle convention-cadre apporte plus encore une aide ciblée, globale, d’aide à l’internat aux stages et à l’éventuelle installation et à la formation. C’est un ensemble coordonné pour que ces élèves viennent faire leur stage et les inciter à rester, à s’installer, toute la différence est là. »


- Il est difficile de les faire rester ?     
« Assurément, parce que dans les zones où on en a le plus besoin, les conditions d’exercice peuvent s’avérer difficiles, raison pour laquelle nous avons des déserts. C’est un rural global, que les jeunes médecins, beaucoup moins que leurs aînés, souhaitent affronter ces conditions difficiles au niveau professionnel et puis pour lesquelles les familles ne sont pas volontaires pour venir avec eux. »


- Lorsqu’on évoque le désert médical, quelle est la situation de la Corse ?
« Statistiquement, si on prend les chiffres au niveau de la région, ça n’est pas plus mal que les autres départements mais il y a des grandes disparités et c’est cela qui nous inquiète le plus, comme l’a rappelé le président du Conseil de l’Ordre. La situation n’est pas trop mauvaise sur Ajaccio, Bastia et la périphérie des ces deux villes mais ailleurs on est à la merci de basculements très rapides. Il y a des situations très préoccupantes en Balagne, dans l’Extrême Sud, alors qu’il y a un hôpital ; dans l’Alta Rocca également puisqu’il n’y a plus de médecin installé à demeure. On maintient une œuvre de médecine générale cohérente et globale mais on ne sait pas combien cela va durer. Il y a d’autres microrégions qui ne sont pas à l’abri d’un arrêt. De statistiquement pas trop mal, on peut se retrouver dans une situation compliquée… »
J. F.
 




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