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Constitution : La Corse sacrifiée


Rédigé par Jacques RENUCCI le Mercredi 14 Mars 2018 à 10:49 | Modifié le Mercredi 14 Mars 2018 - 17:39


Dans la préparation de la révision constitutionnelle, le dossier corse n'est visiblement pas de ceux qui posent problème pour faire passer l'ensemble de la réforme


Constitution : La Corse sacrifiée
Il fallait s'y attendre : au fur et à mesure que le temps passe, il apparaît que la spécificité accordée à la Corse dans le remaniement constitutionnel sera toute relative. Et les raisons qui conduisent à cette avancée minimale ne sont pas toutes dues au rapport direct Etat-région, avec ses hauts et ses bas, ses humeurs et ses rancœurs.  


On peut se demander à quoi ont servi les débats territoriaux, les prises de position des uns et des autres... Pour l'opposition à l'assemblée, qui salue la fermeté gouvernementale, ce blocage pourrait déboucher sur du positif : l'annonce compensatoire, par quelques ministres en visite, de mesures favorables au développement économique. Quant à la majorité nationaliste, elle juge sévèrement cette fin de non-recevoir manifestée par l’État. Quoi qu'il en soit, consensus local ou non, le résultat aurait été le même : Paris fait ce qu'il veut, ou presque. Car le pouvoir en place a-t-il vraiment le choix, c'est à dire la liberté de prendre en compte les propositions émanant de l'île ? Il est évident que non.  


D'abord, parce que cela ne correspond pas à ses habitudes. Le formatage idéologique autour du Chef de l’État, c'est à dire la philosophie de l'entreprise, ne s'y prête pas. Le dialogue n'est pas dans sa nature, préférant l'action à ce qu'il présente comme des palabres inutiles, avec comme idéal de gestion efficace une forme de conseil d'administration. Ainsi, dans la préparation de la révision constitutionnelle où il veut aller vite, il envisage de limiter le recours aux amendements, ce qui fait déjà hurler nombre de députés.  


Mais il n'est pas seulement question de rapport à l'esprit démocratique. Le pouvoir, dans son parcours réformateur, est tributaire des procédures obligées, l'adoption d'un texte identique par les deux assemblées et une majorité des 3/5e des suffrages exprimés en congrès...
La barre est placée haut, et il faudra aller chercher les connexions positives. Gilles Simeoni l'a bien analysé : la Corse est victime du bras de fer entre la droite sénatoriale, qui refuse toute évolution pour l'île et dont le soutien sera au final nécessaire, et la majorité à l'Assemblée nationale acquise à toute proposition de l'exécutif. Il est incontestable que le dossier corse, si important soit-il pour ceux qui le portent, ne pèse pas lourd en regard des enjeux globaux. Il est d'autant plus facile à écarter que presque personne, sur l'échiquier politique national, n'a envie que l'île s'autonomise de quelque façon que ce soit, malgré le lobbying assidu et somme toute désespérant que les insulaires mettent en œuvre dans les cercles décisionnels.  


Il faut dire que le chantier entrepris par Emmanuel Macron est ambitieux – peut-être surdimensionné, comme le sous-entend Jean-Louis Debré lorsqu'il dit : « Tout le monde n'est pas De Gaulle »... Mais le président de la République, affaibli dans les sondages, désavoué dans les élections partielles, maintient pourtant le cap : les réformes prévues se feront. Mais pour cela, il faut composer, négocier, même si l'on se dit ni de droite ni de gauche. Pas en Corse, mais à l'étage au dessus, où l'on brûle de lui faire payer ses accès récurrents d'antiparlementarisme. Qu'en sera-t-il, par exemple, de l'inscription du changement climatique dans la Constitution, c'est à dire de la défense de l'environnement placée au cœur des politiques publiques, avec toutes les contraintes et les interdits écologiques qui vont s'y greffer ?

Dans ce cadre, « lever les blocages » sera difficile. Mais « surmonter les conservatismes » sera une autre affaire lorsqu'il sera question de traiter de la réduction du nombre de parlementaires, du non-cumul des mandats et d'une dose de proportionnelle aux législatives. Là, on n'est pas dans le cas de figure de la Corse, et les concessions faites risquent d'être d'une autre envergure que celles refusées aux insulaires.




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