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Collège Vinciguerra : Les noms des 200 victimes de la Grande Guerre gravés dans le marbre


Rédigé par le Mercredi 14 Novembre 2018 à 15:51 | Modifié le Mercredi 14 Novembre 2018 - 21:58


Ils étaient élèves ou professeusr du Lycée de garçons de Bastia entre 1914 et 1918. Les noms de 200 d"entre eux, victimes de la Grande Guerre, sont depuis 1920 gravés dans le marbre à l'entrée de l'ancien collège des Jésuites. Depuis plusieurs années le collège Simon-Vinciguerra se souvient, avec émotion d'eux, à l'occasion d'une cérémonie qui, au lendemain de la date anniversaire de l'Armistice, réunit élèves, enseignants, anciens combattants, élus, personnalités de la société civile. Ce fut encore le cas ce mercredi matin


Situé dans le couloir d'entrée de l'ancien collège jésuite, le monument est surmonté d'un plaque sur laquelle on peut lire : "Le 25 novembre 1920, Georges Port étant proviseur, a été inauguré ce monument élevé par les soins des fonctionnaires et des élèves du Lycée de Bastia" 
Ce ne sont pas moins de deux-cents noms qui sont gravés dans le marbre. Deux cents hommes jeunes, venus de l'ensemble de l'île et tombés sur tous les fronts européens. Aviateur, télégraphiste, aspirant, brigadier, sous-lieutenant, capitaine au long cours, soldat etc,  tous sont tombés au champ d'honneur. 

Au collège Simon-Vinciguerra on a décidé de ne pas les oublier.
Mercredi matin, la cérémonie a débuté par une courte allocution de Laurent Cacciaguerra, principal du Collège puis une seconde de Marie-Pierre Marchini, professeur d'anglais, qui rythme, à chaque fois, cette belle manifestation*  au-succès de laquelle ont contribué Mmes Giamarchi et Poggi, profeseurs de LCC, Beveraggi et Bartolomei, professeurs documentaliste, Luciani, professeur d"histoire,  M. Davin, professeur de musique et, bien sûr, les élèves  des classes de 3ème 1 et 4ème 1 et les 3èmes 2 et 3.


La liste des noms de toutes les victimes, lues par les élèves, des détails judicieux sur la Grande Guerre soulignés par Alain Allegre, de l'association USS-Corsica, des chants interprétés par les élèves classes musicales du Collège -La chanson de Craonne, La Madelon, - mais aussi le "Dio" et la Marseillaise, un dépôt de gerbe, une minute de silence et le verre de l'amitié offert par le principal à l'ensemble des invités :  le collège Simon-Vinciguerra a, une fois encore; rendu à bel hommage à tous ceux dont les noms resteront à jamais gravés dans le marbre de l'établissement.

* "C'est avec plaisir et gravité que le collège Simon-Vinciguerra vous accueille dans le contexte du centenaire de l'armistice de 1918 autour de la plaque inaugurée en 1920 : 200 élèves et maîtres tués au combat, un chiffre effrayant et douloureux, mesure d'un sacrifice indicible.
Ce lieu de mémoire est aussi une archive.
Dans la perspective scolaire qui est la nôtre, certaines questions se posent. 
Comment se servir de ce document pour aider les élèves qui les côtoient quotidiennement à ne pas les banaliser?
Comment s'en servir pour les sensibiliser au fait de guerre?
Comment faire, aussi, pour qu'ils s'approprient ce patrimoine ?
Quel usage faire de cette mémoire et de cette histoire pour les temps présents?

Ce sont là les questions centrales qui convoquent les professeurs, les équipes qui animent la vie scolaire, les responsables de l'administration de l'établissement autour de ce rendez-vous du 11 Novembre.
Depuis quelques  années nous renouons avec une ancienne tradition quand cette commémoration avait lieu tous les ans.
Nous nous appuyons sur la présence de ce monument pour montrer aux élèves qu'ils participent à une mémoire collective qui fonde la culture de notre établissement.
Au cœur se trouve l'idée de la transmission, ce flambeau que l'on se passe à l'image de la flamme du Soldat Inconnu, ramenée depuis Paris par Damien Allègre, élève en classe de troisième de notre collège.
Une façon de rappeler le sacrifice mais de ne pas se réduire à la seule mémoire : admettre que les sacrifices des combattants ont fondé notre paix mais que celle-ci, fragile, se construit au quotidien."




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