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Camille de Rocca Serra : "Il faudra convaincre les électeurs, mais une majorité de droite peut sortir des urnes, le 18 juin"


Rédigé par H.B le Vendredi 2 Juin 2017 à 21:40 | Modifié le Vendredi 2 Juin 2017 - 23:40


Depuis 2002, Camille de Rocca Serra est le député sortant "Les Républicains" (LR) de la 2nde circonscription de Corse. Figure incontournable de la droite insulaire, son expérience politique en qualité de président de l’Assemblée de Corse (2004-2010) et de maire de Porto-Vecchio (1997-2004), ainsi que son assise électorale dans cette circonscription, font de lui le favori de cette législative. Face à lui : Paul André Colombani (Pè a Corsica), Jean-Charles Orsucci (En marche!), Nadia Soltani (Union Populaire Républicaine), Nicolas Alaris (Parti Communiste Français), Yves Daïen (Lutte Ouvrière) et Dylan Champeau (La France Insoumise).


Camille de Rocca Serra : "Il faudra convaincre les électeurs, mais une majorité de droite peut sortir des urnes, le 18 juin"
- Vous briguez un 4ème mandat de député sur la circonscription de Porto-Vecchio. Quel bilan tirez-vous de vos 14 ans au Palais Bourbon ?
- Au bénéfice de notre île, de nos entreprises, de notre agriculture, de notre fiscalité, de nos modes de transport, de notre ruralité, de notre développement, de la reconnaissance de nos spécificités et de nos savoir-faire, j’ai défendu des positions et obtenu des résultats au gré des textes législatifs par voie d’amendements. La liste est non exhaustive. La Loi adoptée à mon initiative sur la résorption du désordre foncier et l’assainissement cadastral a permis d’apporter de la sécurité juridique au processus de création de titres de propriété, d’éviter le choc fiscal de 2018 en prorogeant pour 10 ans la fiscalité dérogatoire (Arrêté Miot) sur les droits de succession en Corse, en rétablissant l’exonération des droits de partage, ainsi qu’en favorisant les donations et la sortie de l’indivision. Cette initiative, devenue une réussite collective, témoigne de la possibilité de faire entendre la Corse au sein du Parlement, du moment qu’il y a une volonté, une méthode et un engagement. D’autres réformes sont à mener.

- L'élection présidentielle et la constitution du gouvernement ont laissé un goût amer aux électeurs LR. Les résultats des candidats LR seront scrutés à la loupe afin d'envisager la reconstruction du parti. Pour vous comme pour d'autres, une part du destin national de la droite ne se joue-t-elle pas dimanche ?
- Le climat, qui a régné dans les deux mois précédant le premier tour de scrutin, est regrettable. Les affaires et leur couverture médiatique ont complètement pris le pas sur le fond et le débat d’idées. Les projets des candidats sont malheureusement passés en arrière plan. Surtout celui de François Fillon qui était particulièrement ambitieux. Aujourd'hui, notre objectif est bien de remporter la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Emmanuel Macron a été élu Président de la République. Dont acte. Cependant, nos options politiques ne sont pas les siennes. D’ailleurs, qu’elles sont véritablement les siennes ? Réunir de Robert Hue à Alain Madelin ne peut se faire qu’en l’absence de base programmatique clairement établie. Cela relève de la quadrature du cercle ! La seule alternance crédible et possible est celle que nous proposons à droite et au centre avec un projet partagé pour redresser notre pays, restaurer le pouvoir d’achat, baisser le chômage, permettre à la France de retrouver sa place dans le monde...

- Croyez-vous en une victoire de la droite dans ce 3ème tour ?
- La gauche est fracturée entre les partisans de la majorité présidentielle, le Parti Socialiste, certes en grande difficulté, mais disposant quand même d’un réseau d’élus locaux et de candidats implantés, et les Insoumis. Le Front National pourra, dans certains territoires, jouer les trouble fête, sans pour autant opposer de programme viable. Reste enfin les Républicains-UDI, avec un contrat d’alternance, une expérience et une volonté de changer les choses. C’est effectivement le 3ème tour. Je dirai même que, pour notre mouvement, c’est celui  qui compte le plus désormais puisque, depuis des mois, avec l’acharnement médiatique qu’a dû affronter François Fillon, l’échéance de juin est celle où nous pouvons décliner notre programme. Oui ! Une majorité de droite peut sortir des urnes au soir du 18 juin.

- Ces dernières années, la vie politique corse a été bousculée, les électeurs attendent plus de proximité de leurs élus locaux. Pensez-vous avoir, encore aujourd'hui, le profil pour répondre à ces attentes nouvelles ?
- On peut très bien être parlementaire et garder un lien de proximité fort avec la circonscription. Je suis dans cette logique depuis 2002. "La Corse au Cœur" n’est pas un vain mot, ni un slogan accrocheur. C’est une réalité et une formule qui traduit simplement et pleinement l’engagement qui m’anime depuis que j’ai initié mon parcours politique. Un engagement, des valeurs et une éthique en politique. Je les assume et les revendique. J’ai un bilan et une expérience parlementaires qui peuvent s’avérer utiles au bénéfice de la Corse. J’ai travaillé depuis des années et obtenu des résultats probants.

- Votre circonscription, très étendue, couvre des populations et des territoires assez différents. Qu'est-ce qui a guidé le choix de votre suppléante ?
- La circonscription est effectivement vaste et couvre des territoires différents, ruraux et urbains. Je tenais à ce que le choix du suppléant reflète la diversité de ce découpage. C’est pourquoi j’ai proposé à Valérie Bozzi d’être à mes côtés. Elle est maire de Porticcio, présidente de la communauté de communes de la Pieve d’Ornano qui rassemble 28 communes, et conseillère départementale. En plus de représenter le haut de la circonscription, c’est une élue sérieuse et accomplie à seulement 35 ans. Sa présence est un message adressé à ce territoire, mais aussi à notre jeunesse qui ne doit pas redouter l’engagement politique. Je connais les qualités et l’investissement quotidien de Valérie. C’est ce qui a guidé ma réflexion sur ce choix qui s’est vite imposé comme une évidence. Je suis heureux qu’elle ait accepté de concourir à mes côtés dans cette élection déterminante au niveau national, mais aussi pour la Corse.

- Il y a 5 ans, vous avez déjoué tous les pronostics et gagné face à Jean-Christophe Angelini. Cette année, vous affrontez Paul-André Colombani, qui bénéficie d'une bonne implantation dans la région de Porto-Vecchio et dans le Sartenais-Valinco-Taravo, et Jean-Charles Orsucci qui surfe sur la dynamique En Marche. Une hypothétique triangulaire vous serait-elle profitable ?
- Une élection n’est jamais, ni gagnée, ni perdue d’avance. Quelque soit la configuration du second tour, duel ou triangulaire, il faudra convaincre les électeurs. La concurrence électorale est saine en démocratie. Elle est la condition du débat et de la confrontation des idées, comme des projets.

- Après 17 mois de gouvernance à l'Assemblée territoriale, la dynamique semble porter les Nationalistes vers une ou plusieurs victoires. Le léger retard au démarrage de Pè a Corsica dans cette campagne et la moindre motivation de son électorat pour ce type de scrutin, pourraient-ils jouer en votre faveur ?
- Les scrutins se suivent, mais ne se ressemblent effectivement pas. Je n’ai pas à juger la campagne de mes concurrents, du moment que le débat se fait loyalement.

- Beaucoup voient ces législatives comme une répétition générale du scrutin de décembre. J.-C. Orsucci ne fait pas mystère de ses ambitions. Anticipez vous, vous aussi, l'échéance territoriale ?
- Chaque chose en son temps ! J’ai toujours eu à cœur d’œuvrer en faveur du rassemblement de ma famille politique. La Corse a besoin de notre unité pour bâtir une majorité, un projet et un avenir alternatifs. J’agirai en ce sens, que je concoure ou non à titre personnel aux prochaines territoriales. Ce n’est pas moi qui compte, mais notre réussite collective.




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