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Brando - Le traditionnel Carnaval de Poretto-Brando ce dimanche 15 Février


Philippe Jammes le Samedi 14 Février 2026 à 13:42

Reporté du 7 février en raison des conditions météorologiques, l'Associu Carnavale di Brando organise ce dimanche 15 février au village de Poretto, dans le Cap Corse, son traditionnel carnaval à partir de 11h. Une manifestation très conviviale aussi bien pour les enfants que pour les adultes avec au programme : Jeux d'enfants, barbecue, défilé, veillée musicale…



Traditionnel Carnaval de Poretto-Brando ce samedi 7 février
Traditionnel Carnaval de Poretto-Brando ce samedi 7 février

« Notre association créée en 1999 a, dans un premier temps, fait revivre pour la première fois depuis plusieurs décennies la Sant'Andria » indique Jean-Yves Casalta, une des chevilles ouvrières de l’associu. « En 2000, on relançait le carnaval traditionnel tel qu'il était pratiqué en Corse autrefois, en le transformant un peu, un mix des anciennes traditions et du monde d’aujourd’hui. C’est partie d’une envie et surtout d’une prise de conscience que nos villages ne devaient pas vivre uniquement l'été et qu’on devait les animer sur les périodes creuses que sont les mois de janvier, février, mars ».
Un déclic aussi pour lui lors d’un séjour en Sardaigne. « J'étais étudiant et on avait fait un voyage pour justement aller visiter des carnavals traditionnels en Sardaigne. Ce qui m'avait vraiment le plus émerveillé, au-delà des costumes, des personnages, etc., c'est finalement le foisonnement, la vie qu'il y avait dans ces villages. A ce moment-là j’ai réalisé que si j'avais été en Corse à cette époque, dans un de nos villages, ce ne seraient que ruelles désertes et silencieuses ».
Et ce carnaval à « l’ancienne » a tout de suite séduit les villageois de Poretto et au-delà la population de Brando et d’ailleurs. Ce carnaval est très attendu par les enfants mais aussi par les adultes car les générations qui ont participé aux premières éditions étaient enfants et, aujourd’hui adultes, ce sont leurs enfants qui font le carnaval. « C’est quelque chose de très important car il y a un passage, une transmission de génération qui s'opère. Ça nous réjouit d’autant plus que créer une tradition, il faut du temps ».
Comme dans tous les carnavals, les participants arborent des masques. Et ceux-ci sont confectionnés à l’ancienne par Jean-Yves et ses amis. « Nous utilisons des matières brutes comme le liège ou les courges. Ce travail est réservé aux adultes car il nécessite l’emploi d’outils coupants, parfois dangereux pour un enfant ».
Ainsi lors du défilé apparaissent des personnages fantastiques, aux visages expressifs parfois inquiétants.
Les festivités de ce 15 février débuteront en fin de matinée, vers 11h avec des jeux d'enfants. Sur place il y aura possibilité de se restaurer avant les festivités de l’après-midi qui reprendront à 14h30 avec des danses. «Celles-ci sont des références à la mort, à la résurrection, à la symbolique du carnaval, puisque c'est la mort de l'hiver qui prépare la résurrection du printemps. A la base des origines du carnaval, c’étaient des rituels païens en rapport avec la fertilité de la terre et des semences ». A la cinquantaine de personnages masqués s’ajoutent une quinzaine de musiciens, des violonistes, des guitaristes qui accompagnent le cortège pour que la fête soit encore plus belle. Au gré du défilé, des personnages emblématiques : u pellicciaru, u prete vinaccia, u duttore ficcanasu, l’orchi et bien sûr Rampuffu, le roi du carnaval dont le mariage est célébré par le maire. A l’issue du défilé se déroule alors le procès du roi. Toujours condamné, à moins qu’il soit acquitté cette année, il est brulé. Les enfants lorgneront les 3 « pignates » dans lesquels se trouvent pour l’une des bonbons, pour l'autre de la cendre et de l’eau dans la dernière.  
Une manifestation d’autant plus belle qu’elle est organisée par des passionnés. «Ce qui nous lie, c'est l'amour de notre village, avant tout. C'est la volonté d'apporter une plus-value, une qualité supplémentaire au village. Et ce qu'on fait pour le village, on le fait aussi pour nos enfants car on souhaite qu’ils grandissent dans ces traditions-là, on leur donne une culture, on leur donne finalement un point commun entre eux, un narratif lié à la Corse, à ses racines. Et pour nous, ça n'a pas de prix, tout ça. » souligne encore JY Casalta. « C’est un combat au quotidien car notre crainte est que notre village devienne une cité dortoir, même si hélas ça l’est déjà en partie, ne nous voilons pas la face. On habite au village, mais on travaille en ville. Et justement, tous ces rendez-vous-là, dans l'année, permettent une cohésion, de raffermir les liens entre nous et c'est très important » conclut JY Casalta.